Alexiane

Prends ma main


Alors, cette pause dans le petit port? Ca t'a plu? Ca te va si nous nous remettons en route?
On ne va pas loin cette fois.
Une fois passé le port, tu prends la route principale qui vire légèrement sur la gauche. A peine 800 mètres plus loin, tu vois, toujours sur la gauche, une passerelle. C'est là. Arrête toi sur le bas côté.
Traverse le chemin et prends-la. Passe le portail et entre dans cet endroit magique.
Le porche est complètement recouvert de verdure, de lierre grimpant et d'arbustes divers. Quand tu passes dessous, c'est comme si tu entrais dans un "ailleurs" où le monde moderne n'a plus cours.
Malgré la proximité de la route, aucun bruit ne vient déranger la quiétude de ce lieu, si ce n'est le chant des oiseaux ou le crépitement caractéristique des criquets.
Il règne ici une paix infinie.
As-tu senti? Plus que le silence, une harmonie exceptionnelle qui te fait t'arrêter un instant pour t'en imprégner, avant même de regarder autour de toi. Respire un grand coup.
Ici, c'est l'Ermitage des monolithes ou dit Ermitage de Saint Martial et ce que tu vois est son jardin.
Complètement fermé, à part l'entrée, une grande pelouse d'un beau vert tendre est entourée d'arbres majestueux sur ses deux tiers. Une allée ondule vers la falaise tout au fond. Sur le côté de celle-ci, comme appuyée contre la paroi, une débauche de plantes et de fleurs encadrent un petit autel. Presque câché, il se dégage de lui une sorte d'humilité face à la démesure de ce qui l'entoure.
Une vieille croix est perchée dessus et la mousse qui s'y est déposée au fil des ans se marie parfaitement à la nature foisonnante tout autour.
Avance doucement sur la voie qui est ouverte devant toi.
Près de la falaise, elle tourne à angle droit et est remplacée par des escaliers.
Au départ, ceux-ci devaient être taillés à même la pierre, ou peut-être n'était-ce qu'un sentier.
Malgré l'empreinte que l'homme y a laissé, cela reste joli, comme si on avait voulu conserver le lieu le plus naturel possible.
En haut, tu arrives sur une minuscule place ombragée. A ta droite, un gros morceau de roche est posé sur l'herbe.
Deux ou trois morceaux de pierres verticales à distance égale semblent attendre qu'on y place le tablier qui en feront un siège. Un figuier tend ses branches au visiteur pour qu'il puisse profiter de ses fruits gorgés de soleil.
Au milieu, sous les arbres, un banc. Et, sur ce banc, une vieille dame est assise.
Elle est là tous les jours. C'est la gardienne, la mémoire de cet endroit.
Prends le temps de t'asseoir à ses côtés et de l'écouter. Elle connait l'histoire de France sur le bout des doigts, ce qu'il faut visiter, où il faut aller et pourquoi.
Elle a 94 ans et son visage est le témoignage de toute une vie. Les rides sillonnent chaque courbe, chaque méplat, chaque délié. Certaines sont légères, comme une caresse qui aurait laissé une simple trace; d'autres sont profondes, creusées. Jusqu'à ses oreilles, qui sont également marquées par le temps.
Elle porte un chapeau de paille, une robe, des bas et de gros godillots d'une autre époque.
Derrière ses lunettes, ses yeux pétillent d'intelligence et n'ont rien perdu d'une vivacité qu'elle doit posséder depuis des décennies.
Un gros trousseau de clefs pend mollement au bout de ses doigts et une canne est laissée contre le banc.
Si tu as la chance de parler avec elle, tu verras qu'elle ne mâche pas ses mots. Elle a une franchise comme on voit peu, elle dit ce qu'elle pense. Brut de décoffrage, je dirais.
Elle raconte l'histoire de l'Ermitage avec beaucoup de pittoresque. J'aurai bien aimé la prendre en photo mais elle a décliné, arguant que des gens malintentionnés s'étaient déjà servi de son image sans lui demander son avis.
J'ai regretté de ne pas savoir dessiner, j'aurai aimé pouvoir la croquer.
A flanc de paroi, trois petites portes sont ouvertes qui abritent l'habitat monolithe. Quand tu entres, tu sens de suite la fraîcheur. Les grottes ont été aménagées au IIéme siècle par des moines. La cheminée creusée dans le calcaire est gigantesque. Fais un tour à l'intérieur et ressors.
Demande à la gardienne si elle veut bien te montrer la chapelle.
Celle-ci est, comme l'église de Talmont, hautement énergétique. Quand j'y suis rentrée, j'ai repris mon souffle.
Ressens-tu cette profonde vibration? Je te le souhaite.
L'oratoire a une particularité. Comme le faisaient les égyptiens, on a creusé la roche de façon à ce que le rayonnement du soleil éclaire en permanence l'autel. Si tu lui tournes le dos, tu verras les quatre ouvertures juste devant la fenêtre et les différentes hauteurs qui permettent ce petit miracle de science optique.
Puis, mets toi face à l'autel et imprègne toi de l'énergie qui vient de lui.
La gardienne raconte tout ça bien mieux que moi. Elle "sent" les choses et, pendant que tu te tiens là, elle risque de passer la main dans ton dos et te dire quelques petites choses qui pourraient te surprendre. Et toujours avec cette pointe d'humour franc qui lui est personnel.
En ressortant, si tu as encore un peu de temps, demande-lui de t'expliquer ce qu'est cette roche posée là, au milieu de nulle part.
Certaines personnes viennent ici pour se ressourcer ou se "nettoyer". Ce gros morceau de pierre est là pour ça.
Mets les mains dessus, la conservatrice te dira où et ferme les yeux.
Quand tu n'en auras plus besoin, tu les enlèveras de toi-même.
Je ne peux pas t'en dire plus, je crois que certaines choses ne s'expliquent pas. On y croit ou pas.
De toutes les manières, ça ne peut pas faire de tort non?
Bon, je t'ai tout indiqué, je te laisse ici. Continue ton chemin ou reste encore un peu, à toi de voir.
Je suis contente d'avoir partagé un bout de route avec toi. Merci de m'avoir fait confiance.

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Balade champêtre


Si jamais un jour tu passais par Royan, je te conseille de pousser un tout petit peu plus loin.
Prends la départementale vers Saint George de Didonne, puis vers Meschers que tu traverses.
Après Meschers, la route longe la côte par moment et, aux détours du chemin, la mer apparait de temps en temps.
Je dis la mer parce que nous sommes dans l'estuaire, pas vraiment sur l'océan. Ca n'enlève rien à la beauté de celle-ci, que du contraire. De loin, elle semble tout aussi bleue.
Tu n'es plus sur la départementale mais sur une route de campagne. Le paysage est vallonné et elle serpente paresseusement entre les collines. De chaque côté, régulièrement, tu vas voir des champs de tournesol qui colorent de leur jaune intense le vert des arbres, de l'herbe et des marais qui bordent l'estuaire. Si tu as de la chance et qu'il fait beau, tu pourras admirer leur grande corolle tournée vers le soleil en une sorte d'adoration muette. Sinon, elles seront courbées et offriront à ton regard leur dos affaissé, ce qui leur donne un air un peu triste même si leur grâce n'en est pas altérée.
Après quelques kilomètres, sur ta droite, apparait Talmont avec ses falaises crayeuses et, sur sa pointe loin dans l'eau, ses remparts que surplombe majestueusement son église.
Si jamais tu avais le temps, arrête-toi pour la visiter. On dit qu'elle est bâtie sur des forces telluriques et qu'elle est hautement énergétique. Pour cela, tu dois laisser ta voiture sur le parking, le village est entièrement piétonnier.
C'est une bonne idée, tu ne trouves pas? Je trouve ça tellement dommage quand il y a plein de voitures qui circulent en permanence. Ici, c'est calme, presque silencieux.
Pour arriver à l'église, il faut traverser tout le village et tu peux pleinement profiter de cette paix provisoire.
Laisse tes pieds te guider dans ses petites rues étroites bordées de vieilles maisons de pierre. Ici, pas de building, rien que des petites maisons. Et des fleurs. Des fleurs partout, de toutes les couleurs. Qui éclairent le monochrome des façades. Qui le soutiennent et le relèvent. Et des volets colorés eux aussi, en bleu souvent. De ce même bleu que tu peux voir en Provence, peut-être un ton légèrement plus clair. Tu le connais ce bleu? Pour moi, il est synonyme de chaleur, de pierraille, de garrigue et de cigales.
Quand tu as traversé le village, au bout du chemin, tu tournes à gauche et tu te retrouves face à la mer, sur le rempart. Approche-toi et penche-toi sur le rebord, n'aie pas peur. Allez, encore un peu. Regarde comme elle vient s'écraser sur la pierre, là, tout en bas. On a beau ne pas être directement sur l'océan, tu vois la force qu'elle met à se jeter encore et encore à l'assaut de cette muraille comme si elle voulait la briser?
Suis le chemin, longe le rempart et, après une nouvelle courbe, l'église se dévoile enfin, superbe. Non pas qu'elle soit très grande mais, si comme moi, tu y es sensible, tu sentiras cette sourde vibration qui émane d'elle.
Sur sa gauche, le rempart la contourne; elle est entourée d'eau, comme une presqu'île. Sur la droite, un vieux cimetière où d'anciennes tombes lézardent sous les rayons du soleil.
Si tu te penches encore par-dessus le mur à l'arrière, tu peux découvrir la falaise se mêler intimement au travail de l'homme. C'est très joli ce contraste entre le blanc des falaises et le gris-brun des pierres. Quelques rares touffes d'herbe et quelques fleurs y poussent, contre toute attente, ajoutant ici et là une touche bigarrée. Tout tout en bas, à fleur de mer, quelques trous d'eau servent de repère aux crabes qui jouent à cache-cache avec les yeux des curieux.
Rentre dans l'église si tu en as envie et, comme moi, assieds-toi dans la chapelle tout au fond. Il y est mis que cet endroit est pour la prière ou le recueillement. Même si tu ne crois pas, y méditer quelques minutes te remplit d'une douce paix et d'harmonie.
Quand tu te sens prêt, je te suggère de te remettre en route. Reprends ta voiture et dirige-toi vers Mortagne sur Gironde. C'est un peu plus loin, je sais mais ça vaut le détour, fais-moi confiance.
La route fôlatre avec la côte, rentrant dans les terres un instant pour mieux y revenir l'instant d'après. Elle monte et elle descend de plus en plus au fur et à mesure que les collines se font plus hautes et les vallons plus profonds. Dans une de ses courbes, tu peux voir sur ta gauche au loin la mer enchâssée dans un écrin de champs et de petits bois. La région est belle, très verte. Il y a le vert tendre de l'herbe, le vert mousse des arbres, le vert émeraude des marais, le vert un peu jaune de certains champs, le vert profond des vignes et tous ces verts se mélangent en une palette qu'un peintre rêve sûrement de posséder. Et, de temps en temps, le blanc des falaises miroîte au soleil en une touche lumineuse tranchante.
Quand tu n'y penses plus, tout occupé à boire des yeux la campagne environnante, tu entres enfin dans Mortagne. Traverse-le vite jusqu'au petit port. Là, à toi de choisir si tu veux y faire une pause ou non. Personnellement, je préfère m'y attarder au retour, m'asseoir sur une terrasse dans les derniers rayons du soleil couchant qui vient se refléter sur les flans des bateaux amarrés.
L'endroit que je veux partager avec toi se situe un peu plus loin, 800 mètres environ.
Tu veux y flâner un peu? Pas de problèmes, je te laisse en profiter tout ton saoûl. Je reviendrais un peu plus tard te guider pour la suite du périple. Prends ton temps, je ne suis pas pressée.
A tantôt alors.

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Comment on arrive ici



Bonjour, je m'appelle Alexiane.
Comme vous le savez certainement, vu que vous êtes déjà là, je tiens un blog.
Blog que j'appelle d'une façon très originale - vous en conviendrez - blog alexiane.
Pour qu'il soit agréable à lire, et parce que c'est plus facile, je l'ai agrémenté de quelques rubriques sympas.
Pour ce faire, j'ai repris les slogans d'une émission de télé sur le cinéma qui utilisait la formule "coup de" à toutes les sauces. Un exemple? La rubrique coups de soleil.
Mais pourquoi l'avoir mis au pluriel me direz-vous? Tout simplement parce que, dans une vie, il est rare que l'on ait un seul "coup de" quelque chose. Surtout quand il s'agit de coups de soleil.
Prenez moi (toujours par exemple), je suis blonde. Et que fait une blonde quand on la met en plein cagnard? Ben elle rougit. Bon, parfois il arrive qu'elle rougisse même sans UV mais c'est une autre histoire.
En parlant de soleil, avant-hier, il a fait tellement beau que j'ai ressorti de ma garde-robe une presque mini-jupe. Je l'aime bien parce qu'elle me fait de longues jambes et affine ma silhouette qui en a bien besoin, il faut en convenir.
Ce que j'avais oublié c'est le lien inévitable qui se fait dans la tête de l'homme quand je lui passe sous le nez dans ce genre de tenue. Jupe courte et fesses claquées, en voilà un raccourci qu'il fait bien volontiers. A ma grande colère. J'ai beau lui expliquer que c'est comme fouiller dans le sac des filles, ça ne se fait pas, il ne veut rien entendre.
"Sac de filles, sac de filles" qu'il me répond alors agacé, "mais qu'est-ce que vous pouvez bien cacher là-dedans de si secret?"
Et moi d'éclater de rire devant son air outré et incompris.
Et lui de me regarder ébahi et de me rétorquer: "T'es bien une femme lunaire toi! Tu changes d'émotion en une seconde."
Je n'ai encore jamais osé le reprendre: "lunatique et non lunaire" mais bon, que voulez-vous, l'homme c'est l'homme. Faut pas me le vexer non plus sinon va falloir que je l'envoie chez Daligault Yoga pour qu'il s'en remette.
Déjà que quand il n'est pas de trop bonne humeur le soir à cause d'une de ces journées où on me l'a énervé, il faut que je me coupe en quatre pour lui redonner le sourire.
Bon, j'ai mes trucs à moi et, avec l'habitude, ça marche plutôt bien.
Comment ça, vous voulez savoir? Z'êtes bien curieux, non mais. J'en ai trop dit? Ben non, justement. Je n'ai encore rien dit.
Bon ok, vous fâchez pas, je vous raconte mais vous le gardez pour vous hein.
Alors voilà.
Quand l'homme rentre avec une tête de 4 m de long, je l'accueille gentiment, le pousse vers le canapé, lui sert un bon verre de vin et lui ordonne de ne pas bouger. Je m'en vais dans la chambre mettre ma tenue spéciale.
"Rodéo crescendo" que je l'appelle. Tout un programme.
Ca consiste en un top dos-nu ultra-moulant, un boxer sexy en dentelle et des chaps en cuir. Des vrais de vrai. Vous savez, ces trucs complètement ouverts à l'intérieur qui se ficellent sur un pantalon?
Une fois harnachée, je reviens dans le salon, baisse la lumière, met de la musique et me plante devant lui.
Je danse un moment , je me déshabille lentement et, quand je vois qu'il n'en peut plus, je le couche au sol.
Mes mains courent partout jusqu'à ce qu'il me demande d'arrêter et je lui fait un cuisses-massage de la mort qui tue.
Après çà, il est tout détendu, moi je vous l'dit.
Là, je lui murmure: "C'est fini, cowboy, fini, mais rassure-toi, il y aura d'autres rodéos."
Souvent, après, il est tranquille pour une paire d'heures.
Il allume la télé et se met à zapper. Tenez, la dernière fois, il a vu en à peine quelques minutes une liposuccion vidéo, une pub pour bruxell'air (cette prime offerte à ceux qui se débarrassent de leur voiture) et une interview sur Marianne James et Dove dans l'intimité.
Moi, pendant ce temps-là, j'en profite pour faire des choses qui me plaisent. J'allume mon pc, je surfe sur les blogs que je préfère, j'écris sur le mien, je fais des recherches sur internet comme de trouver un stage de zazen en Charente maritime.
Une de mes dernières lubies c'est d'avoir le plus de sarouels possible. Comme j'ai des amis qui vivent à Arlon et que je vais y aller un de ces quatre, j'ai donc tapé "Sarouel Arlon". Vous n'avez pas idée de ce que j'ai trouvé. Je me suis retrouvée sur un truc glauque intitulé "massage Arlon" qui vendait des massages pas très catholiques. Brrrr les photos, c'était vraiment pas cool.
Soit, tout ça pour dire que ma vie avec l'homme, ma vie tout court en fait, est vachement passionnante.
Vous ne trouvez pas? Mouais, peut-être que vous avez raison finalement.
Mais si je vous disais que, pas plus tard que tout à l'heure, j'ai ma meilleure amie qui m'a appelée pour me demander de lui donner l'interprétation du rêve "J'embrasse ma meilleure amie", vous la trouveriez plus intéressante?

PS: Chaque mot ou bout de phrase de couleur différente sont les mots ou les expressions utilisés pour trouver mon blog. J'ai déjà vu sur certains des personnes en faire des listes et les commenter de façon plus ou moins réussie. Je voulais essayer d'en faire un texte et je vous jure que c'est pas évident quand on voit par quel chemin on arrive ici.

Bonne nuit.

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Tennis et volupté


Issam a 26 ans.
Il est arrivé ici il y a peu.
Pour s'entrainer il me dit.
Ce sont ses parents qui ont choisi de l'envoyer dans notre beau pays.
Son père surtout.
Parce que, chez lui, ce sont les hommes qui prennent les décisions.
Surtout quand elles sont importantes.
Les femmes s'occupent surtout de la maison, des enfants.
Quand ils sont petits du moins.

Donc Issam est chez nous depuis quelques mois.
Et il s'entraine.
Tous les jours.
"A quoi?" je lui demande.
Il sourit et m'explique.
Il fait du tennis depuis son enfance.
Et, depuis quelques années, il fait des tournois.
Et apparemment, il gagne.
Du coup son père s'est dit qu'il pourrait devenir un tennisman renommé.
Comme il a beaucoup d'argent, il a pris la carrière de son fils en main.
Et, depuis, celui-ci s'entraine.
Ici, en Belgique.

Issam n'a pas l'air de s'en plaindre remarquez.
Etre loin de chez lui, loin de sa famille n'a pas l'air de lui peser.
Il me dit même aimer vivre ici.
Malgré la grisaille, la pluie, le vent.
Ou, mieux encore, à cause de ceux-ci.
Il m'explique que quand on vit dans un pays où il fait chaud 360 jours par an,
On apprécie un temps plus frais.
Mais ce qu'il aime par-dessus tout,
C'est la liberté.
Pas de paternel pour le remettre à sa place.
Pas de maman pour lui dire quoi faire.
Pas de famille qui ausculte le moindre de ses faits et gestes.

Issam s'est fait des amis ici.
Et il sort beaucoup.
C'est vrai que c'est facile pour lui.
Sa famille a de l'argent, beaucoup d'argent.
On peut dire que c'est un nanti.
Du genre fils à papa,
Né avec une cuillère en or dans la bouche.
Oh, il n'est pas arrogant, loin de là.
Il est très gentil, très souriant.
D'une grande douceur.
Et d'une grande beauté.
Alors il a de plus en plus d'amis.
Et il aime ça.

Parce que Issam n'est pas venu ici que pour s'entrainer.
Non, non, il est venu pour fuir aussi.
Sa maman, son papa, ses frères et ses soeurs.
Qui lui demandent constamment quand il va enfin se marier.
Ou rencontrer une gentille fille.
Et la leur présenter.
Le drame c'est que Issam, les filles c'est pas son truc.
Lui ce sont les garçons qui lui plaisent.
Et chez lui, ça ne se fait pas.
Mais alors pas du tout.
Alors il continue de s'entrainer.
Au tennis.

Pour pouvoir encore rester un moment ici.
Et jouer à d'autres jeux...

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Du côté de chez Panthère


Comme je le mets dans le titre, j'ai piqué ce questionnaire chez Panthère.

1 - Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Pas grand-chose je le crains, mes souvenirs d'enfance sont très vagues mais je n'ai plus arrêté depuis que je sais lire.
Je me suis toujours vue avec un bouquin à la main quoiqu'il arrive.
D'après ma mère, j'ai appris à lire quasi toute seule et très vite mais vous savez comment sont les mères :-)

2 - Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?

Le club des cinq d'Enid Blyton, Alice au pays des merveilles entre autres...
Et aussi les contes de Perrault ou d'Andersen
Mais ma série favorite quand j'étais môme, ça a été la Comtesse de Ségur. Je dois les avoir quasi tous lus.
Mon préféré c'était "François le Bossu", juste avant "Un bon petit diable".

3 - Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Il m'est arrivé de faire la lecture à haute voix dans des circonstances particulières, ou de lire un passage de mon bouquin au téléphone à un ami. J'aime particulièrement le fait qu'on peut mettre pas mal d'émotions dans la voix et partager avec un(e) ami(e) plus intensément ce que cette lecture nous apporte.
Je n'ai par contre encore jamais assisté à la lecture à voix haute d'un livre donc il m'est difficile de dire si j'aimerai ou pas.
 
4 - Votre conte préféré ?

La chèvre de Monsieur Seguin. d'Alphonse Daudet
J'ai un attachement particulier pour cette petite chèvre qui n'en fait qu'à sa tête et qui en finit par se faire dévorer.
Peut-être parce que le besoin de liberté est chez moi tout aussi fort.

5 - La meilleure adaptation d'un roman ou d'une pièce de théâtre

Sans hésitation, The Shawshank Redemption de Stephen King; Magistral.
Je ne suis pourtant pas fan des adaptations. J'aime me faire mes propres images quand je lis et je suis souvent déçue du
résultat télévisuel. J'ai comme ça quelques souvenirs d'adaptations complètement loupées, comme celles de certains romans
de ce dernier par exemple.
Cela dit, parfois d'autres adaptations sont plutôt réussies: Misery, toujours de King ou encore le Seigneur des Anneaux
alors que là je craignais le pire.

6 - Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?

Non pas vraiment. Mais je me rappelle souvent au moins de l'histoire des livres que j'ai lu.
Il m'est arrivé de prendre un bouquin au hasard et, dès la seconde page, de me rendre compte que je l'avais déjà lu alors que
je ne me rappelais pas du tout du titre ou du nom de l'auteur.
C'est comme une mélodie, les mots s'enchainent d'une façon unique qui me parle.

7 - Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

Non. Je prends mon bouquin avec moi et je le traine de pièce en pièce.

8 - Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

Oui. Pour l'instant, j'en ai quatre.
Anatomie pour le mouvement et Massothérapie clinique pour mes massages.
Ero dietro tu de Nicolas Fargues qui est une relecture et que j'ai lu en attendant de pouvoir me procurer le 3eme tome
de Millenium.
Millenium donc de Stieg Larsen, que j'ai dévoré en moins de deux. (et fini)
Et je viens de commencer la trilogie de Maxime Chattam avec l'âme du mal, le 1er tome.

9 - Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?

Baudelaire, les fleurs du mal..
Mais je ne suis pas trop poésie, j'ai peu de références.

10 - Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Le plus rapidement? J'hésite entre le dernier tome d'Harry Potter (moins d'un week-end) ou le premier de la trilogie Millenium (3 soirées)
Le plus lentement? Toilettes pour femmes de Marilyn French. J'ai eu un mal fou à en venir à bout. Je n'arrivais pas à rentrer
dedans mais, paradoxalement, j'avais envie de connaitre la suite... Ca m'a pris des mois.

11 - Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?

Les deux, tout dépend de ce que je veux en faire.
Pour voyager, des poches. Ca prend moins de place, c'est moins lourd et je les laisse plus volontiers derrière moi.
Je fais souvent du troc en voyage genre j'ai fini mon bouquin, on échange?
Chez moi, j'ai quelques séries en édition originale et j'en ai même quelques uns qui sont en édition limitée et/ou signée.
Mon père avait quelques livres anciens. Ils ont disparu avec lui. Dommage.
Mais j'ai gardé une édition des fleurs du mal du début du siècle passé, avec une couverture enluminée.

12 - Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?

Ceux que je suis en train de lire qui s'étalent un peu partout vu que je les trimballe avec moi.
Pour les autres, il arrive toujours un moment où je les case quelque part.
Cela dit, je commence à manquer de place alors ils s'accumulent à gauche et à droite, un peu n'importe comment.

13 - Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?

Dans n'importe quelle position, à n'importe quel moment.
Assise, debout, couchée, dans le canapé, dans mon lit, sur les toilettes (même celles du boulot c'est dire), sous une tente
minuscule avec une lampe de poche, dans la voiture, debout dans les transports en commun, en mangeant etc etc...
Le pire? En marchant en pleine ville, un oeil sur mon bouquin, un oeil sur les gens pour pas les bousculer.

14 - Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?

Alors là... je courbe déjà les épaules sous les cris de quelques personnes de ma connaissance (n'est ce pas Panthère?) mais oui, il m'arrive d'annoter certains de mes livres... comme il m'est arrivé d'en annoter un ou deux qui ne m'appartenaient pas (mais avec la permission de leur propriétaire, quand même!)
Cela dit, je n'annote pas dans n'importe quel bouquin non plus. Ce sont souvent des ouvrages de développement personnel,
avec des exercices ou des références à quelque chose qui m'est arrivé.
J'aime à les relire des années après, ça me permet de me rendre compte de comment j'ai évolué, ce que j'ai laissé derrière
moi et ce que je dois encore travailler.

15 - Offrez-vous des livres ?

Oui, assez souvent.
J'ai pas mal de lecteurs assidus dans mon entourage et c'est le cadeau parfait pour eux.
Le but du jeu est de trouver LE livre qui leur plaira, d'un auteur dont il n'ont jamais entendu parler par exemple.
Oser le plus improbable et tomber juste.

16 - La plus belle dédicace, que ce soit de l'auteur ou de la personne qui vous l'offrit ?

Celle que j'ai dans "L'Alchimiste" de Coelho.
C'est Manu qui me l'avait faite. Nous ne nous étions encore jamais rencontré mais nous nous parlions beaucoup par
internet. Nous faisions partie tous les deux d'une sorte d'atelier d'écriture et nous avions sympathisé.
Il m'a envoyé une version en édition limitée, dessinée par Moebius (que j'adore) et me l'a dédicacée.
Il vit maintenant en Australie, nous ne nous parlons plus beaucoup (une fois tous les deux ans à peu près) mais, quand je
prends ce livre en main, j'ai plein de souvenirs qui me reviennent.

17 - Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)

Les livres actuels ont un peu perdu de leur charme. Plus d'enluminures, peu ou plus de couvertures en cuir, peu ou plus de papiers spéciaux.
Mais j'aime entrer dans une librairie, sentir simplement l'odeur du papier et voir tous les livres étalés partout.
Je pourrais y rester des heures, en prendre un, le feuilleter puis le reposer pour en reprendre un autre.
J'aime regarder les couvertures, lire les résumés parfois ou encore en ouvrir un au hasard et lire quelques pages comme
ça, juste pour me faire une idée.
Le nombre de bouquins que j'ai acheté sur une première page....

18 - Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?

Je ne pense pas avoir une intégrale sauf les Harry Potter mais je dois avoir lu au moins 85% des Stephen King (peut-être un peu plus même... et Dieu sait si il y en a).
Sinon j'ai lu pas mal de Mankell, beaucoup de Loup Durand, presque tous les Levy et presque tous les Cauwelaert, beaucoup
de Nothomb...
En fait, je ne cherche pas à lire les oeuvres intégrales de quelqu'un. Je lis juste ce qui me plait. Si le même auteur continue
à me plaire, je continue à le lire. Si je n'aime plus ce qu'il fait, je passe à autre chose.
 
19 - Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?

Un peu bébête mais il m'a rire aux éclats plusieurs fois dans les transports en commun: Le journal de Bridget Jones.
Que ce soit le 1er ou le second tome... quoique le second peut-être encore plus que le premier.
Le scène où elle essaye de faire du ski est à mourir de rire.

20 - Un livre qui vous a particulièrement ému ?

Je dirai "Ero dietro tu" de Nicolas Fargues.
Le fait que ce roman montre un homme qui se met totalement à nu, qui n'a pas peur de ses faiblesses, de ses bassesses
comme de ses qualités et de ses bonnes actions m'a vraiment touchée. Puis cette façon d'écrire comme un dialogue, comme si il s'adressait directement au lecteur...

21 - Le Livre qui vous a terrifié ?

J'hésite entre "l'Exorciste" de William Peter Blatty ou "Simetierre" de Stephen King.
Je les ai lus à quelques années d'intervalle, l'un à l'adolescence, l'autre quelques années plus tard.
Je me rappelle qu'ils m'ont tous les deux terrifiée et que j'ai regardé sous mon lit pendant longtemps avant de m'endormir.

22 - Le livre qui vous a fait pleurer ?

"Où es-tu?" de Marc Levy.
Malgré certaines faiblesses, ce livre m'a bouleversée.
Je l'ai d'ailleurs prêté à ma soeur juste après et elle a été tout autant touchée que moi.

23 - L'avertissement / l'introduction qui vous a le plus marqué ?

J'ai beau réfléchir, je n'en trouve pas pour le moment.
Je les lis toutes pourtant et il y en a certainement une qui a dû au minimum me troubler mais là, je ne vois pas.

24 - Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux?

"Truisme" de Marie Darrieussecq
Autant le titre que le contenu m'est apparu décalé... tellement qu'encore à l'heure actuelle, je ne suis pas certaine d'avoir
bien tout saisi.

25 - Décrivez votre bibliothèque.

Je n'ai pas vraiment de bibliothèque mais j'ai quelques armoires qui me servent de bibliothèques.
Dans le salon - salle à manger, j'ai une haute étagère en bois clair remplie à ras bord. A côté, dans le coin, un meuble fermé
dessus et dessous avec un espace ouvert au milieu où trônent une bonne partie de mes BD et quelques bouquins. Dans le coin opposé un meuble étagère rempli de livres rangés avec, devant, toute une série empilés n'importe comment. Entre
deux meubles, par terre, encore des BD. Sur un autre meuble, coincé entre un bouddha et un chat égyptien, encore des BD. Sous ma table basse, dans un espace que je suppose prévu pour des magazines sont coincés quelques livres et BD.
Dans un meuble, j'ai stocké tous mes tutoriels de massages et mes livres d'anatomie et de massothérapie.
Dans ma chambre enfin, ma table de nuit est une étagère où j'ai stocké les livres de développement personnel
(aromathérapie, yoga, méditation, Cyrulnik, etc etc) ainsi que ceux que je n'expose pas à la vue de tous.

26 - Le(s) livre(s) dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

Je me suis malheureusement débarassée de pas mal de livres au cours de ma vie.
Que ce soit en voyage sous forme de troc ou à l'occasion de déménagements. Mais j'essaie toujours alors soit de les
échanger, soit de les proposer à des associations, soit encore de les revendre à des boutiques de seconde main.
Ce que j'ai préféré faire, c'est en abandonner un dans un aéroport, sur une chaise puis de rêver que quelqu'un l'avait pris
et emmené avec lui vers une destination inconnue.
Je ne les jette pas, je ne peux pas.
Je manque de place pour les garder tous mais croyez-moi je préférerai.

27 - L'endroit le plus insolite où vous lisez ?

En marchant, même en pleine ville, même aux heures de pointe... ou dans les toilettes de mon boulot.
N'importe où et n'importe quand en fait...

28 - Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

Ma soeur m'a parlé des "Chroniques de San Francisco" que je n'ai pas encore lues et qui, il parait, valent le détour.
Six tomes en trois jours, pas sûre que j'y arrive mais bon....

29 - Votre livre d'art préféré ?

Je ne suis pas férue d'art mais si je devais en choisir un, je prendrai un livre de photos parce que certaines photos me donnent énormément d'émotions ou un livre sur Dali.
Je suis allée voir une des ses expositions et j'ai été scotchée par certaines de ses oeuvres.

30 - La bibliothèque idéale ?

Une pièce entière remplie de livres partout, du sol au plafond. et qui ferait tout le tour de la pièce.
Si j'ai bonne mémoire, comme celle qui est chez Sir Leigh dans le "Da Vinci code" non?

31 - L'incipit qui vous a le plus marqué ?

"Il était une fois"
On a beau faire ou beau dire, nous les petites filles restont marquées par les contes de fées même si on a beau s'en
défendre.

32 - La clausule qui vous a le plus marqué ?

Par contre, je ne dirai pas ici "Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants" malgré que, même remarque qu'au dessus, l'inconscient collectif joue un grand rôle dans tout ça.
Je dirai que chaque fin de livre me marque d'une façon ou d'une autre... donc toutes :-)

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Sous l'orage


Vendredi soir.
Je suis dans un bar et la musique me met en transe.
C'est d'ailleurs le thème de cette soirée: Trance music.
Les basses m'entrainent malgré moi.
Comme à chaque fois, je ne peux pas juste écouter.
Mes pieds sont mûs par leur volonté propre.
Je suis au centre de la piste, les yeux mi-clos et je me laisse aller.
Mon corps bouge lentement, voluptueusement, presque lascivement.
Les percussions me prennent aux tripes et j'en ressens chaque vibration.
Tout à coup, quelqu'un m'attrape par la taille et me colle contre lui.
Surprise, j'ouvre les yeux et rencontre une poitrine large et musclée.
Je lève le regard et suis transpercée par deux iris verts.
Il me sourit et, sans me laisser l'ombre d'une initiative, commence à se balancer en rythme.
Il m'entraine avec lui.
Je renonce à me battre contre lui et me laisse aller.
La musique est plus lente qu'avant, à la limite d'un slow.
Il pose son front contre le mien.
Ses mains glissent le long de mes bras, effleurent ma peau.
Puis elles viennent se poser au creux de mes reins
J'en ai la chair de poule.
Je peux en sentir la chaleur.
Nos deux corps s'emboitent parfaitement, forment un tout.
Nous sommes en parfaite harmonie.
Comme un chat, je bouge ma tête et vient me blottir dans son cou.
Mes lèvres sont à quelques millimètres de sa peau.
Il peut sentir mon souffle.
Il me serre encore plus fort.
Il me murmure à l'oreille: "Viens!" en me prenant par la main.
Il m'entraine dehors.
Il fait nuit, je n'y vois pas grand-chose pendant que je le suis.
Nous montons des escaliers, nous engouffrons dans des buissons.
Et la vue se dégage.
Nous sommes sur une colline et nous surplombons tous les alentours.
Il me dit de l'attendre là, il revient de suite.
Je m'assieds tout au bord et regarde les lumières en-dessous.
Le temps s'est rafraichi et le vent souffle d'une façon soutenue.
Malgré cela je n'ai pas froid.
Je regarde autour de moi, l'endroit est magnifique.
Il revient avec une sorte de matelas et une couverture.
Il pose le tout juste à côté de moi.
Nous nous asseyons sans un mot, les yeux dans les yeux.
Il me propose une cigarette.
Nous fumons sans dire un mot.
Je suis bien, merveilleusement bien.
J'aime cette intimité silencieuse qui nous unit.
Nos cigarettes terminées, il m'attire à lui.
Il m'embrasse doucement.
Enfin.
Ses lèvres jouent avec les miennes.
Jeu délicat et subtil où il m'embrase lentement mais sûrement.
Du bout de la langue, il redessine le contour de ma bouche.
Quand j'essaie de le happer, il se recule.
J'ai envie d'un baiser profond, que nos langues dansent ensemble.
Mais il se dérobe à chaque fois.
Je gémis et le regarde intensément.
Il accroche mon cou d'une main et m'approche de lui.
J'ouvre légèrement la bouche, ma respiration se fait plus courte.
Je ne suis qu'attente quand finalement, il prend possession de mes lèvres.
Son baiser me fait fondre instantanément.
Et je me déchaîne.
Mes mains courent sur son t-shirt.
Je le caresse partout où je peux.
Son dos, sa poitrine, ses jambes.
J'alterne douceur et sauvagerie.
J'effleure, je pétris, je griffe, j'embrasse, je mordille chaque centimètre carré de sa peau.
Je lui enlève son t-shirt, déboutonne son pantalon.
Comme si la nature se mettait au diapason, le vent a forci.
Il nous entoure tous les deux, fait voler mes cheveux, soulève ma robe.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je l'ai mis nu.
Et je m'arrête un instant pour le regarder.
Il me défie du regard en souriant.
Debout devant lui, je ne cille pas.
Je me déshabille lentement sans le quitter des yeux.
Le vent qui tourne autour de moi chante en passant dans l'herbe et les quelques rares buissons alentours.
Un premier éclair m'illumine alors que j'enlève mon dernier vêtement.
Il retient son souffle.
Je me mets à genoux, me penche sur lui et lui prend violemment la bouche.
Je l'embrasse comme je n'ai jamais embrassé personne avant lui.
Je le possède entièrement avec mon baiser.
Autour de nous, la nature se déchaine également.
Les éclairs se succèdent alors que nos deux corps se collent l'un à l'autre.
La pluie se met à tomber doucement puis plus fort.
Elle est à peine tiède mais je n'ai toujours pas froid.
Je fais la connaissance de son corps du bout des doigts, du bout des lèvres.
Je le caresse de mes cheveux.
Les rôles se sont inversés.
Il essaie bien de m'attraper mais je l'esquive.
J'entends le tonnerre d'une façon lointaine.
Chaque éclair nous illumine comme en plein jour.
Tandis que le ciel se déchire de plus en plus vite, je le chevauche.
Je me sens comme une amazone.
Mes hanches roulent et tanguent, comme des vagues sur un océan déchaîné.
Je ne suis plus que désir pur, trainée de lave brûlante sous ma peau. 
J'ai du feu dans les veines tellement je le veux.
Je ne maitrise plus rien.
Je ne suis plus que sensations.
Je le sens vibrer sous mes doigts, je l'entends gémir sous mes lèvres.
Je sens cette formidable tension dans son corps que le plaisir amène.
Il tremble entre mes cuisses et se met à dire des mots sans suite.
Il m'attrape par les cheveux et m'embrasse à pleine bouche.
Il me fait presque mal mais je suis également emportée.
Nous ne faisons plus qu'un.
La jouissance déferle soudain.
Je me redresse, me cambre, la tête en arrière.
Je hurle mon plaisir à la tempête qui fait rage.
Et je l'emmène avec moi dans cet apogée sauvage.

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Du côté du boudoir


Depuis une semaine, je retrouve le plaisir de discuter sans fin de tout et de rien avec quelqu'un.
Je dis "Retrouve" parce que ce quelqu'un est un homme.
Or, depuis un moment maintenant, mes discussions homme-femme s'étaient beaucoup réduites.
Mis à part quelques copains plus ou moins proches, je n'ai plus eu de vraie intimité avec un mec.
Et voilà que ce monsieur débarque!
Ca fait un bien fou, je vous dis pas.
Nous parlons de nous bien sûr, de nos passés, de nos expériences - enfin soyons honnête, c'est surtout moi qui parle - mais aussi de comment nous voyons la vie, notre futur, nos projets.
Nous abordons aussi nos croyances et convictions profondes, comment on voit les relations en général, celles avec un partenaire en particulier.
Tout ça sans se prendre la tête, juste pour le plaisir de partager nos impressions, notre ressenti, nos émotions.
Nous ne sommes pas ensemble mais ce n'est pas non plus un copain.
Il y a comme un parfum de séduction tout en sachant que c'est gratuit, que c'est pour du beurre (ah les douces expressions de mon enfance... ).
C'est plaisant comme relation. Si si, je vous assure.
Je me sens belle à nouveau et je n'ai aucun besoin de donner une réalité à cette relation, de "conclure" comme diraient certains.
Le plaisir est dans la relation elle-même, dans l'échange que nous avons, dans la complicité qui se tisse doucement.
Je lui disais avant-hier que, parfois, j'étais devant mon écran et que je ne savais pas de quoi parler sur mon blog. Je n'ai pas toujours plein de choses à raconter. Il ne se passe pas tant de choses que ça dans ma vie.
Et j'ai fini par lui faire la réflexion que je pourrais bien écrire ce que je lui disais.
Puis je me suis dit que peut-être pas.
Ce qui est difficile à raconter c'est que souvent dans un dialogue, les questions de l'autre sont en soi le moteur de la discussion. Et celle-ci nous entraine à notre insu dans des tours et des détours que nous n'avions pas prévu.
Par exemple, j'ai essayé de lui expliquer le pourquoi de mon célibat actuel, ce que j'y trouvais de bien.
Je lui ai donné la preuve par neuf que je n'avais besoin de personne, et surtout pas la place ni l'envie de faire de la place à qui que ce soit. Et c'est en répondant à ses questions que je me suis rendue compte que j'étais devenue bien exigeante sur ce que je désirais comme relation et comme partenaire.
Or, quand je suis devant mon écran, je suis face à mes propres pensées, avec leur limite. Je n'ai personne en face pour me pousser un peu dans mes retranchements ou m'obliger à argumenter certaines de mes affirmations.
Ce qui fait que j'ai plus facile de raconter le quotidien sous forme d'histoires ou de contes plutôt que de parler de mon moi véritable, de mon intimité ou des mes aspirations les plus profondes.
Je lis pas mal de blogs et je suis souvent admirative de ceux qui peuvent comme ça dire ce qu'ils vivent dans ce qu'il y a de plus personnel, de plus secret ou de plus douloureux.
Moi je ne peux pas.
Mon blog est plus une espèce d'atelier d'écriture où j'essaie de dépeindre ce que je vois, ce que je vis le mieux possible avec le plus de couleurs possibles.
J'aime aussi à partager ce que je vis de chouette, les moments forts et ceux qui me laissent comme une empreinte indélébile. Mais je me réfugie souvent derrière une plus ou moins pseudo-fiction (clin d'oeil à Lolo qui se demandait) pour ce faire. Et je me dis que ce n'est pas plus mal.
J'espère au moins que mes textes vous plaisent, à vous qui me lisez.
Sur ce, je vous laisse, j'ai une conversation qui m'attend dans mon boudoir.

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Echange


Ils se sont rencontrés pendant leurs vacances.
Elle venait de loin, de beaucoup plus loin que lui qui était originaire de la région.
Elle était en train de faire un massage à quelqu'un près de la piscine quand elle l'a vu pour la première fois.
Il est venu s'asseoir près d'elle pour regarder ce qu'elle faisait..
C'est son regard qu'elle a senti sur elle en premier, avant même de prendre conscience de sa présence.
Quasi immobile, il était là.
Il avait des lunettes de soleil mais ses yeux la brûlaient.
Ils ne se sont pas adressé la parole une seule fois pendant qu'elle massait.
De temps en temps, elle a levé la tête et, à chaque fois, a eu l'impression de sombrer devant l'intensité de son regard que pourtant elle ne pouvait que deviner à travers les verres fumés
Elle en était troublée.
A la fin du massage, ils ont échangés quelques mots.
Il lui a dit qu'il partait le soir même mais qu'il allait peut-être revenir à la fin de la semaine.
Elle lui a répondu que c'était dommage mais que c'était la vie.
Ils se sont salués et elle l'a regardé partir.
Toute la semaine, aux moments les plus inattendus, elle s'est rappelé cet homme bizarre qui était resté un long moment sans bouger à la regarder.
C'était d'autant plus étrange qu'ils n'avaient pas échangé plus de trois phrases.
Le mercredi, elle s'est même secouée en se disant que c'était bon comme ça, que ce n'était pas la première fois que ça arrivait et qu'il fallait penser à autre chose.
Elle avait tant de choses à faire, à voir.
Le jeudi après-midi, elle est arrivée un peu tard pour manger.
Elle avait bossé sa technique avec son prof après le cours si bien qu'il n'y avait plus personne à la cafetéria.
Elle s'est dit qu'elle allait pouvoir lire un peu et a choisi une table sous le préau, un peu à l'écart.
Elle venait à peine de s'installer que quelqu'un est arrivé et lui a demandé si elle pouvait se joindre à elle.
C'était la particularité de cet endroit, que tout le monde se parle.
Elle lui a montré la chaise et l'a invitée à s'asseoir.
A peine une demi-heure plus tard, elle l'a vu arriver.
Il s'est approché, l'a interrogée du regard, elle a fait oui de la tête.
Il a pris une chaise et, sans un mot, s'est assis.
L'autre personne était toujours occupée à lui parler et, à nouveau, elle a ressenti cette même étrangeté.
Il était là mais ne disait rien.
Il se contentait de la regarder et d'écouter la conversation sans intervenir.
Il n'avait plus ses lunettes et elle s'est pris de plein fouet son regard vert.
Toujours cette intensité dans les yeux.
Elle avait soudainement beaucoup de mal à suivre ce que l'autre femme lui disait.
Elle avait une conscience aigüe de sa présence à lui, comme si leurs corps se parlaient au-delà des mots.
Après un long moment, la femme sest levée et s'en est allée, leur souhaitant une bonne journée.
Ils se sont regardés.
Il ne disait toujours rien.
Elle a retenu son souffle.
Sa perception de lui s'est encore aiguisée.
Enfin, il s'est mis à parler.
Sa voix était douce, il parlait bas, avec un timbre un peu rauque.
Ils ont discuté une petite heure puis il lui a dit qu'il devait s'en aller.
Il lui a proposé de la retrouver le lendemain pour un échange de massage.
Elle a souri, lui a dit qu'elle était libre l'après-midi.
Ils se sont donné rendez-vous pour 14h30.
Il s'est levé, elle l'a suivi des yeux, certaine qu'il pouvait le sentir.
Le lendemain, elle s'est réveillée tôt, en pleine forme et un sourire flottait sur ses lèvres.
La matinée a passé à une vitesse folle, elle était impatiente de le retrouver.
Il lui a dit qu'il l'attendrait sur la colline qui surplombe tout les alentours.
A deux heures et demi pile, elle s'est glissée entre les bambous avec son matelas.
Il était là, assis et regardait au loin.
C'était la première fois qu'elle venait à cet endroit et a ressenti instantanément l'énergie qui y circulait.
Il s'est retourné, l'a regardée et a souri.
Il lui a dit de s'allonger, c'est lui qui commençait.
Elle a hésité un peu, elle avait plus l'habitude de donner des massages que d'en recevoir.
Puis, comme il attendait, elle s'est allongée et a décidé d'en profiter, de se laisser faire.
Une heure durant, il a laissé courir ses mains sur elle, alternant les pressions, les étirements et les glissements plus doux.
Si il a hésité parfois sur un mouvement, ses mains étaient sûres.
Ses gestes étaient lents, ses pressions profondes.
Elle a senti son corps se détendre petit à petit.
Ses yeux se sont fermés, sa respiration s'est faite plus lente.
Leurs corps à nouveau se parlaient sans un mot, sans une phrase.
Après, ça a été à son tour de le masser.
Elle s'est relevée, a plongé ses yeux dans les siens, l'a remercié et l'a invité à prendre sa place.
Agenouillée entre ses pieds, elle a pris une minute pour se concentrer.
Elle a fermé les yeux et, doucement, a laissé aller ses mains.
Comme à chaque fois qu'elle faisait un massage, elle a cessé de réfléchir.
Elle ne pensait plus à rien.
Mais, cette fois-ci, elle a senti une nette différence.
Ce n'étaient pas seulement les tensions qu'elle pouvait pointer.
Elle avait conscience de chaque centimètre carré de sa peau sous ses doigts..
Comme si elle était en transe.
Elle se sentait connectée à la nature qui l'entourait, à l'énergie qui circulait en lui, à la sienne propre.
Elle ressentait cette énergie qui vibrait entre eux.
Ses mains ont dansé sur lui, entre douceur et fermeté, cherchant la bonne pression, l'endroit juste.
Elle écrivait sur son corps une carte de bien-être, de relâchement.
Le temps a passé et, à son tour, elle a terminé.
Elle s'est secouée pour revenir à la réalité, a ouvert les yeux et l'a vu assis qui la regardait.
Les yeux dans les yeux, ils sont restés là un bon moment.
Ils étaient conscients de la magie de l'instant et voulaient en profiter.
Puis ils se sont levés, se sont dit qu'ils se reverraient dans la soirée et se sont quittés.
Elle se sentait bien, pleine de lui, de ce merveilleux échange.
Elle savait qu'elle le retrouverait plus tard.

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Féerie d'un instant

 

Un mercredi soir, quelque part en France.
Elle marche lentement entre les arbres en savourant le léger vent qui l'entoure.
Il s'engouffre sous sa jupe, la faisant voler contre ses jambes en une douce caresse.
Il soulève ses cheveux, tourne autour d'elle, joue avec elle.
Elle sourit.
Elle aime le sentir.
La nuit est tombée depuis un moment déjà et elle se dirige vers la prairie, là en bas.
Tout en marchant, elle se remémore cette soirée particulière.
Elle avait décidé pour la grande soirée "Massages" de se joindre à son mentor.
Le principe était que les gens soient divisés en groupes et qu'ils se déplacent au sein de l'espace d'atelier en atelier pour pouvoir tester au moins 4 ou 5 massages différents.
Elle s'était donc retrouvée au bord de la piscine parmi des tapis éparpillés dans l'herbe.
Il faisait déjà noir quand les premiers étaient arrivés, beaucoup plus nombreux que ce qu'ils s'attendaient à avoir.
Elle se mit à rire doucement.
Ils devaient avoir l'air comique avec leur lampe frontale tous les deux au milieu de tous ces gens à donner leurs directives.
Pas à dire, ça avait été grandiose.
Les groupes avaient défilé et ils avaient recommencé encore et encore leur démonstration avec une visibilité quasi nulle.
Elle était contente malgré tout. C'était une très belle expérience pour elle qui aspirait à donner des cours un jour.
Puis, le dernier groupe passé, ils avaient rangé un minimum.
Et quelqu'un était venu qui leur avait dit de se dépêcher si ils voulaient profiter du Mandala installé dans la prairie.

Et maintenant, elle était là, seule, qui se dirigeait vers ce fameux Mandala.
Quiconque l'aurait croisée aurait cru qu'elle dansait.
Ses hanches bougeaient au rythme de ses pas, ses épaules rejetées en arrière, la tête haute.
Comme si elle entendait une musique intérieure.
A un des détours du sentier, elle vit les lumières tout en bas.
Elle s'arrêta net et regarda les minuscules bougies virevolter dans leur prison de verre.
Du promontoire où elle se trouvait, la vue était magnifique.
Elle prit d'un coup la mesure de la beauté du Mandala vers lequel elle se dirigeait.
Après quelques minutes dans un silence recueilli, elle s'engouffra entre deux buissons et commença à descendre les escaliers.
Arrivée dans la prairie, elle vit des personnes marcher dans le Mandala.
D'autres étaient assis et semblaient prier ou méditer.
D'autres encore étaient simplement arrêtés et regardaient dans le vide.
Elle arrêta quelqu'un et lui demanda ce qu'elle devait faire.

"Il y a 4 portes dans le Mandala. Tu dois en choisir une à l'entrée et une autre à la sortie. Tu réfléchis à une prière et, quand tu sais ce que tu veux demander, tu commences à marcher dans le sens des aiguilles d'une montre.
Il y a 4 cercles à l'intérieur. Tu vas passer de l'un à l'autre jusqu'au centre. Mais tu te laisses porter par ton instinct, tu ne penses pas. A certains cercles, tu vas faire plusieurs passages, à d'autres peut-être que tu ne vas que traverser. Arrivée au centre, tu poses ton offrande et tu restes ou pas selon ce que tu ressens.
Quand tu ressortiras, tu me diras quelles portes tu as prises et je te donnerai leur signification.
Va maintenant."

Elle le remercia, alla chercher une offrande et recula dans l'ombre du grand chêne le temps de réfléchir.
Les yeux dans le vague, tournée vers toutes ces lumières, elle resta là un bon moment.
Elle était fascinée et se sentait appelée.
Pourtant elle ne s'était jamais sentie mystique auparavant.
Mais là, elle était comme envoûtée.
Elle commença à marcher lentement autour du Mandala en pensant à sa prière, fit un tour, puis deux pour enfin entrer par la porte rouge. Celle-ci était sa couleur, celle qu'elle adorait. Chaude, si chaude à ses yeux.
Elle tourna et tourna encore. Elle n'arrive plus à se rappeler combien de temps elle était restée à l'intérieur de ces cercles de feu. Elle se revoit vaguement agenouillée devant l'autel improvisé que bien d'autres personnes avant elle avaient alimenté mais elle ne peut pas dire si cela a duré des minutes ou des heures.
A la fin, elle s'était relevée et s'était remise en marche. Il lui semble que la sortie s'était faite plus vite.
Et que c'était la porte verte qu'elle avait passé pour sortir.
Elle chercha des yeux le mec qui l'avait guidée au départ pour lui demander la signification des portes qu'elle avait choisies.
Il était juste derrière elle et la regardait.
Sans même lui laisser le temps de poser sa question, il lui dit:

"La porte rouge c'est la transformation, la verte l'intégration.
Cela répond-il à ta question?"

Elle le regarda, les yeux clairs à nouveau. Un sourire s'étendit sur son visage et elle opina de la tête.
Elle lui dit merci d'une voix douce, fit demi-tour et disparut dans la nuit.
Elle remonta jusqu'au promontoire et, seule à nouveau, admira le Mandala et s'imprégna de son énergie jusqu'à ce que, lentement, on l'éteigne là, en bas, dans la prairie.

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Là où tout est possible

 

Me voilà revenue de vacances.
Neuf jours passés en Charente Maritime dans un endroit "presque" imaginaire.
L'espace des possibles ça s'appelle.
Une révélation pour moi.
Un espace où, véritablement, tout ou presque est possible.

Arrivée le samedi, nous passons à l'accueil pour l'enregistrement.
Une femme s'approche, nous demande nos noms et des photos s'identité pour les badges.
Première surprise, tout le monde se tutoie ici, pas de formalités.
Sur la table dehors, un broc d'eau, des sirops, des biscuits.
Des chaises autour, un banc.
Alain est déjà venu, il connait ainsi que ses enfants.
Moi je regarde partout en sirotant mon verre de citronade.
Une fois passés à l'enregistrement, nous allons à la "Montagne" voir si il y a de la place.
Pas de chance, la terrasse qu'Alain convoitait est déjà prise.
Pas grave, après quelques hésitations, nous trouvons notre bonheur.
Installation des trois tentes, déballage de nos affaires.
Nous sommes à peine là que notre voisin nous salue.
La discussion commence.
Je vais vite me rendre compte que c'est tout le temps comme cela.
Les gens ici sont ouverts et parlent facilement.
Une fois installés, Alain me fait faire le tour de l'endroit en me montrant où tout se trouve.
Les noms mêmes y sont chouettes.
Nous sommes à la "Montagne", près de la "Guêpière", à côté de la piscine.
Pour aller manger, nous descendons, passons par la "Prairie"
Il y a également le "Miel", les "Acacias" et j'en passe.
Le soir tombe, nous mangeons et il m'explique comment va se passer la journée du dimanche.

Dimanche matin, c'est l'ouverture des activités.
Le principe de cet endroit est de proposer diverses occupations de tous types et de tous genres.
Le tout dans un libre échange.
Il y a donc des proposants qui mettent leurs compétences à disposition et organisent des ateliers
Puis des participants qui, comme moi, participent à ces derniers.
Et, ce matin, chacun présente son atelier et nous pouvons nous y inscrire.
Certains sont ouverts à tous, d'autres sont fermés.
Tout dépend de la continuité de ceux-ci.
Toute forme d'art y est présente; le chant, la peinture, la sculpture, la danse.
Le développement personnel sous toute ses formes.
Le bien être avec le yoga, le zazen, la méditation
Et j'en passe....
Le thème cette semaine est le massage.
Autant dire que je suis comme un poisson dans l'eau.
Je voudrais pouvoir tout faire, aller dans tous les ateliers.
Déception légère.
Je me rends très vite compte que je vais devoir faire des choix.
Beaucoup sont à la même heure dans des endroits différents ou se chevauchent.
Qu'à cela ne tienne, je vais prendre mes premiers choix, je verrais bien.
Cela fait, le reste de la journée je me balade, fais connaissance avec l'endroit.
Je ne suis pas habituée à cette ouverture, je me tiens un peu en retrait.
Mais je suis bien.

Lundi, mardi, mercredi se suivent et se ressemblent.
Debout très tôt, douche, petit déjeûner.
Premier atelier à 9h.
Et le suivant s'enchaîne au premier.
Ca m'occupe jusque 13h30.
Dîner, micro sieste ou repos.
Deux autres ateliers l'après midi.
Je termine à 18h.
Ca m'en fait de longues journées.
J'ai aussi réussi à porter Alain sur la plage une après-midi.
Mon premier aéro yoga sur un homme.
Et j'ai encore dépassé ma limite quand au poids maximum.
Petit à petit, je m'ouvre aux autres, me sens plus à l'aise.
Je croise les gens, leur sourit et leur dit bonjour.
Parfois, je m'arrête et discute un peu avec eux.
Je ne suis plus dans l'attente que les autres viennent à moi.
Je suis capable d'aller vers eux également.
Une victoire, petite certes, mais qui compte pour moi.
Mes ateliers sont sympas, je m'y plais bien.
J'ai fait la connaissance de certain(e)s d'entre eux.
Je partage un apéro avec deux, un repas avec trois, un moment avec un.
Je suis très peu seule.
Ca me change.

Jeudi, changement de rythme.
Je suis crevée et je ne peux pas me lever le jeudi.
J'ai loupé mon atelier du matin.
Tant pis.
A 10h30, nous partons Alain et moi faire du surf.
Enfin, lui surtout.
Nous remontons jusqu'à la côte sauvage.
Il me dit d'enfiler une combinaison qui fait à peu près la moitié de ma taille.
A peine arrivée à mi-cuisse, ça coince.
Morte de rire, je regarde Alain qui vient m'aider.
L'horreur! C'est comme un drainage lymphatique ce truc.
Ca monte mais ça me prend toute la peau avec.
Cela dit, une fois mise, je vous dis pas la silhouette.
J'ai l'impression d'avoir eu une liposuccion.
J'ai une taille fine, des cuisses de rêve, un cul galbé.
Waouhhhh! Je peux la garder dis?
On va jusqu'à la plage chargés comme des baudets.
Entre le sac avec les palmes et les cordes, les planches et nos affaires,
Ca fait lourd tout ça.
Une montée jusqu'en haut de la dune, une descente, nous y voilà.
Il a pris la petite planche pour moi.
Il m'explique ce que je dois faire et reste un peu près de moi.
Je lui dis d'y aller, je vais me débrouiller.
Une heure durant, je vais essayer de passer la crête des vagues.
A plat ventre sur la planche, je pédale encore et encore.
Et me prend des vagues et des vagues.
J'ai les cheveux devant les yeux,
Je me bois la tasse, un goût de sel sur les lèvres,
Et je bats des pieds, encore.
Mais malgré tout cela, je reste en deça de cette foutue crête.
Les vagues me laissent progresser de 20m pour me ramener inexorablement à mon point de départ.
Je n'arrête pas de rire.
Je pourrais dire que j'ai fait du "surf"
Nous rentrons crevés, j'ai mal partout.
 
J'ai un grand sourire, je suis heureuse.

Vendredi, c'est mon dernier jour.
Je vais à mon premier atelier pour la clôture.
Et dire au revoir au groupe qui m'aura accompagnée tout au long de la semaine.
On en aura fait du chemin ensemble.
Pour l'atelier suivant, je zappe.
Je reverrais le prof, on s'est promis de se revoir.
Je fais à manger le midi.
J'aime cuisiner et en profite un max.
L'après-midi, j'enchaîne les massages.
Un thai et trois aéro yoga.
J'ai porté Alain à nouveau, puis sa fille.
Juste à côté de la piscine.
Une des amies d'Alain nous a vu et me demande.
Je la porte en lui expliquant ce que je fais.
Puis elle essaye sur moi.
Je m'écroule en riant.
Le soir, apéro, douche puis Synergie.
La synergie, c'est un spectacle monté par les personnes ayant assisté aux ateliers.
Ils veulent partager leurs connaissances avec tout le monde.
Je suis scotchée, bluffée par le résultat.
Et ce qu'ont fait les ados est superbe.
Je suis comme une enfant, une fois de plus.
J'applaudis, je siffle, je fais des "waouh" et des "bravos"
Je termine la soirée au bar de nuit.
Je rentre demain et j'ai envie de danser avec mes nouveaux amis.
Puis leur dire au revoir aussi.
La soirée atteint son apogée avec un slow...
Ou deux, ou trois, je ne sais plus.
La tête me tourne.
Puis, doucement, lentement, je remonte jusque ma tente.
Rêver encore à tous ces moments si forts en émotion.


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