Lundi 11 Aout 2008
Du côté du boudoir
Par Alexiane, Lundi 11 Aout 2008 à 16:57 GMT+2 dans Coup de vent
Depuis une semaine, je retrouve le plaisir de discuter sans fin de tout et de rien avec quelqu'un.
Je dis "Retrouve" parce que ce quelqu'un est un homme.
Or, depuis un moment maintenant, mes discussions homme-femme s'étaient beaucoup réduites.
Mis à part quelques copains plus ou moins proches, je n'ai plus eu de vraie intimité avec un mec.
Et voilà que ce monsieur débarque!
Ca fait un bien fou, je vous dis pas.
Nous parlons de nous bien sûr, de nos passés, de nos expériences - enfin soyons honnête, c'est surtout moi qui parle - mais aussi de comment nous voyons la vie, notre futur, nos projets.
Nous abordons aussi nos croyances et convictions profondes, comment on voit les relations en général, celles avec un partenaire en particulier.
Tout ça sans se prendre la tête, juste pour le plaisir de partager nos impressions, notre ressenti, nos émotions.
Nous ne sommes pas ensemble mais ce n'est pas non plus un copain.
Il y a comme un parfum de séduction tout en sachant que c'est gratuit, que c'est pour du beurre (ah les douces expressions de mon enfance... ).
C'est plaisant comme relation. Si si, je vous assure.
Je me sens belle à nouveau et je n'ai aucun besoin de donner une réalité à cette relation, de "conclure" comme diraient certains.
Le plaisir est dans la relation elle-même, dans l'échange que nous avons, dans la complicité qui se tisse doucement.
Je lui disais avant-hier que, parfois, j'étais devant mon écran et que je ne savais pas de quoi parler sur mon blog. Je n'ai pas toujours plein de choses à raconter. Il ne se passe pas tant de choses que ça dans ma vie.
Et j'ai fini par lui faire la réflexion que je pourrais bien écrire ce que je lui disais.
Puis je me suis dit que peut-être pas.
Ce qui est difficile à raconter c'est que souvent dans un dialogue, les questions de l'autre sont en soi le moteur de la discussion. Et celle-ci nous entraine à notre insu dans des tours et des détours que nous n'avions pas prévu.
Par exemple, j'ai essayé de lui expliquer le pourquoi de mon célibat actuel, ce que j'y trouvais de bien.
Je lui ai donné la preuve par neuf que je n'avais besoin de personne, et surtout pas la place ni l'envie de faire de la place à qui que ce soit. Et c'est en répondant à ses questions que je me suis rendue compte que j'étais devenue bien exigeante sur ce que je désirais comme relation et comme partenaire.
Or, quand je suis devant mon écran, je suis face à mes propres pensées, avec leur limite. Je n'ai personne en face pour me pousser un peu dans mes retranchements ou m'obliger à argumenter certaines de mes affirmations.
Ce qui fait que j'ai plus facile de raconter le quotidien sous forme d'histoires ou de contes plutôt que de parler de mon moi véritable, de mon intimité ou des mes aspirations les plus profondes.
Je lis pas mal de blogs et je suis souvent admirative de ceux qui peuvent comme ça dire ce qu'ils vivent dans ce qu'il y a de plus personnel, de plus secret ou de plus douloureux.
Moi je ne peux pas.
Mon blog est plus une espèce d'atelier d'écriture où j'essaie de dépeindre ce que je vois, ce que je vis le mieux possible avec le plus de couleurs possibles.
J'aime aussi à partager ce que je vis de chouette, les moments forts et ceux qui me laissent comme une empreinte indélébile. Mais je me réfugie souvent derrière une plus ou moins pseudo-fiction (clin d'oeil à Lolo qui se demandait) pour ce faire. Et je me dis que ce n'est pas plus mal.
J'espère au moins que mes textes vous plaisent, à vous qui me lisez.
Sur ce, je vous laisse, j'ai une conversation qui m'attend dans mon boudoir.







