Alexiane

Portrait


Il est vieux, très vieux
Depuis des années
Dans la gare
Il erre.
Il transporte en permanence
Avec lui
Un petit sac à dos rouge
Un sac en plastique
Avec la marque d'une grande surface connue dessus
Et un gros blouson de flanelle
A carreaux
Doublée de faux mouton

Il est vieux, très vieux
Les rides sur son visage sont légion
Et lui dessinent comme une carte
Une carte de sa vie
Sans cesse, il tourne
Dans cette gare
En trainant les pieds
Et ses chaussures
Sur le sol
Font ce chuintement
Qui leur est propre
Chhhh.... Chhhh
Chantent-elles
A son passage

Il est vieux, très vieux
Depuis longtemps maintenant
Il marche
A petits pas
Encore et encore
Dans les couloirs de la gare
Son regard souvent se pose
Sur les personnes qu'il croise
En espérant un signe
Et, peut-être, un sourire
Mais leurs regards se détournent
Fuient son appel muet
Trop occupés ou trop gênés
Alors il baisse les yeux
Et passe au suivant

Il est vieux, très vieux
Cela fait des décennies
Qu'il traine son ennui
Dans les allées bondées
De cette gare
Au milieu de l'indifférence générale
Chhh, chhh font ses souliers
Parce qu'il est trop fatigué
Pour lever les pieds
Il est le témoin anonyme et invisible
De tous ces passants
Qui s'en vont et viennent
Quasi tout le temps
Il aimerait lui aussi
Pouvoir s'asseoir ici
Prendre un café
Ou encore une glace

Mais il a peur
Peur que, si il s'arrête un moment
Il ne se relève plus.

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Réalité

 

Je suis allée faire radier ma plaque d'immatriculation aujourd'hui.
En revenant pour prendre le tram, je suis passée par une entrée que je ne connaissais pas. Pourtant cela fait dix ans maintenant que j'utilise les transports en commun de Bruxelles. Mais cette entrée m'était inconnue.
Je m'engouffre. Premier escalator. Il plonge moins profond que celui de l'autre côté.
Un couloir, long d'un vingtaine de mètres en bas. Un coude.
Je suis encore sur l'escalator que je les vois.
Ils sont groupés par deux ou trois de chaque côté du couloir.
L'un d'entre eux est plongé dans un livre.

Je descends encore un peu et j'en vois un, non deux autres. Seuls. Couchés. Allongés sur le sol.
Le corps cassé par le mur contre lequel ils sont affalés.
Je les regarde et mon coeur se serre.
Une mauvaise toux se fait entendre.
Je voudrais pouvoir faire quelque chose mais je ne sais pas quoi.
De voir ces hommes abandonnés à la rue me fend le coeur.
L'impuissance me ronge.
Je passe devant eux et leur souris. Je refuse de faire celle qui est pressée et ne vois rien.
Un coude, un autre couloir, un autre escalator.
Tout en bas, à ma droite, dans cet espace improbable, une chapelle.
Deux ou trois personnes y prient. Pour le salut de ces pauvres hommes quelques mètres plus loin?
Un autre coude et j'entre dans un autre univers. Celui du clinquant, de l'inutile, du superflu.
Celui de la surconsommation.
Je suis dans une galerie commerçante.
Le constraste me frappe plus violemment qu'une gifle. Et mon humeur en prend un coup.

Autre station, autre couloir.
Déjà, à l'aller, je l'avais vue en sa compagnie.
Lui dort dans ce couloir très régulièrement. Je passe souvent par ici et je le vois presque tous les jours.
Elle avait attiré mon regard, assise à ses côtés. Elle ne semble pas dormir dans les stations, que du contraire.
Ils discutaient en fumant une cigarette, assis par terre, indifférents l'un comme l'autre au regard des gens qui passent.
Au retour, elle est toujours là. Il a enlevé ses chaussures, ses chaussettes et a ses jambes posées en travers de ses jambes à elle. Elle regarde ses blessures. Ses pieds et ses jambes sont remplies de crevasses. Elle le soigne tout en continuant à lui parler.
Ils se sourient. Se regardent.
Et c'est une autre gifle que je prends.

Je ne sais pas quoi faire? Voilà ce que je pourrais faire.
M'asseoir à côté d'eux, leur parler, les aider, les soigner.
Mais je ne sais pas comment m'y prendre.
Comme beaucoup de gens interpellés par ce genre de choses, je voudrais mais je ne peux pas.
Je n'ai pas ce feu sacré et je le regrette.
Je suis admirative de cette femme, de sa simplicité, de son humilité qui lui permet de s'asseoir et de partager un moment avec ces personnes en rupture, ces parias de notre sacro-sainte société.
Respect.

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Un petit tour dans l'arène...

 

Hier soir. Dans les environs de 20h. Le téléphone sonne. C'est ma soeur. Cela faisait un moment qu'on ne s'était plus entendues toutes les deux.
Nous discutons de tout, de rien, je lui raconte ma semaine passée, mon week-end. Je lui parle de mes cours, de mes projets.
Puis, sans trop savoir comment je reviens à mon vendredi.
Vendredi soir, c'était la fancy fair de Papitchou, le nain d'une de mes meilleures amies, mon filleul de coeur.
Pas triste du tout cette fancy fair.
Déjà, une demi-heure avant que je parte, il se met à tomber des cordes. Nany m'appelle et me dit que je peux prendre le bus, elle me donne son numéro et le nom de l'arrêt. Pas de bol, il ne passe pas près de chez moi. Pour l'attraper, je dois d'abord prendre un autre bus ou un métro. Comme l'école n'est qu'à un gros quart d'heure, malgré la drache, je décide d'y aller à pied. Un bon parapluie, des bottes et je me lance.
Pour aller jusque chez elle, je dois prendre un petit chemin près de la vieille église qui monte, tout en pavés. Je longe le bois, les pavés sont glissants. La pluie les rend brillants, presque des miroirs. Bien que je n'aime pas être mouillée, j'aime l'odeur de l'herbe et des sous-bois. Player mp3 sur les oreilles, je marche et je hume l'air ambiant.
Sortie de ce chemin, je retrouve les rues et ses voitures. Arrivée à un carrefour, j'attends près du passage pour piétons de pouvoir traverser. Il pleut de plus belle. Une, deux, trois voitures passent sans même ralentir. Une quatrième arrive à fond de balle et, roulant dans le creux juste face à moi, m'éclabousse jusqu'à la taille. Le conducteur n'a pas freiné. Rien à foutre, il est bien au chaud et à couvert lui. Bel esprit non? Soit, je suis de bonne humeur et j'ai beau être trempée, je garde le sourire. Ah, d'ailleurs, il y a un arrêt de bus juste en face et c'est la bonne ligne. Je termine mon chemin au sec.
J'arrive à l'école et rejoins Nany, son mari et sa soeur qui nous demande de nous dépêcher pour avoir une place.
On entre dans la salle. Elle est déjà bien remplie. Il y a du monde. Toutes les familles sont présentes pour applaudir leur petit ange. D'un seul coup d'oeil, je vois que ça va coincer. Nous sommes dans la salle de gym et il n'y a pas d'estrade ni de podium. Les gamins sont au niveau du sol, tout comme les chaises des spectateurs. Je sais d'instinct que ça va faire des problèmes. Comme de fait. A peine les touts petits entrent-ils que tout le monde se rue vers l'avant, se presse dans l'allée centrale, grimpe sur les chaises, mets les mômes sur les épaules. Nous, derrière, nous ne voyons plus rien du tout. A part cette masse compacte là devant.
La directrice de l'école a beau demander aux gens de s'asseoir, ça ne change pas grand-chose. Ils s'asseyent entre deux shows pour recommencer de plus belle à la prestation suivante.
Je suis appuyée contre le mur du fond et j'observe tous ces gens. Je suis atterrée. Les gamins chantent une vie meilleure, de la tolérance et du respect et leurs parents se "battent" pour celui qui sera le mieux placé. Hallucinant.
Je suis spectatrice et je regrette de ne pas avoir pris mon appareil photo. Je souris devant cette scène mais mon sourire est triste et désabusé.

Ma soeur me raconte alors être allée à une soirée "Ladies at the movies" et me dit, avec le ton sarcastique qui la caractérise, à quel point c'était de la même veine. Les nanas sont de vraies harpies apparemment. Elles se battent pour une place. En font garder 10 pour leurs copines qui iront, finalement, s'asseoir ailleurs. Demandent à leur voisine - qu'elles ne connaissent pas - de garder leur sac pour ne pas en être encombrées. Ont droit à un cocktail mais reviennent avec 3 ou 4 après avoir rendu fou le pauvre serveur qui n'arrive pas à suivre face à de telles furies. Et j'en passe. Le sommet est atteint avec les cadeaux, qu'ils soient offerts à toutes ou tirés au sort. La ruée vers l'or. Surtout si l'or en question n'est que publicités diverses et surprises en toc.
D'ailleurs, elle raconte ça beaucoup mieux que moi. Elle y était.

Belles démonstrations de sens civique et de respect non?
Une soirée dans l'arène aux lion(ne)s...
Du pain et des jeux.
Qui a dit que le temps des gladiateurs était mort?

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Ce qui est passé....

 

En règle générale, je ne suis pas amie avec mes ex. Parce que ce sont des ex, justement.
D'ailleurs, rien que le mot ex veut tout dire.
D'après le dictionnaire, Ex est un suffixe désignant ancien, précédent. Dans le langage familier, il désigne un ancien conjoint.
C'est ce que je disais. Le mot parle de lui-même.
Il dit que c'est fini. Que ça fait partie d'un passé. Révolu.
Quand on essaie de vivre au maximum l'instant présent, l'ex ne devrait plus exister une fois qu'il l'est devenu non?
Et puis, c'est sa condition même à l'ex. Il est souvenir. Et, suivant la finalité de la relation, de celui dans lequel on plonge avec douceur et mélancolie, voire nostalgie.. ou encore de celui qui réveille une vieille rage, une grosse douleur, une belle colère.
Finalement, la seule chose que vous ayez en commun avec votre ex, c'est le couple qu'un moment vous avez formé. Que vous ne formez plus. Et, maintenant qu'il est votre ex, qu'avez-vous encore à faire ensemble? Que pouvez-vous partager? Votre nouveau couple? Le sien? Ou votre célibat? Le sien? Vous vous voyez vous enthousiasmer pour son nouveau coup de coeur? Ou lui  pour le vôtre? Vous avez envie de le féliciter pour son mariage ou son petit dernier?
Non décidément, je ne suis pas amie avec mes ex.
Pas que je sois jalouse ou que j'ai des regrets. Juste parce que la vie continue et que si elle nous a séparés, c'est qu'il y avait une raison. Et puis, les rares fois où j'ai essayé de garder un contact avec l'un d'entre eux, ça n'a pas été une réussite.
Parfois, c'est moi qui n'avait pas vraiment tourné la page et, de ce fait, il m'était difficile de simplement le regarder et le traiter comme un pote. Parfois, c'est lui qui n'avait pas avalé la rupture et j'ai eu le droit à des scènes. Exceptionnellement, j'ai cru qu'il était possible de rester en contact, de continuer à discuter, de garder un lien étroit mais, finalement, c'était un leurre.
La vie continue et nous entraine chacun de notre côté, petit à petit, souvent à notre insu. Pour conserver une relation, ça demande du temps, de l'énergie, du bon vouloir... Et, honnêtement, vous feriez autant d'efforts pour un ex vous?
Pas moi.
Il faut laisser le passé où il est et regarder devant soi. C'est ce que je crois. Et c'est ce que je fais.
Je ne suis pas amie avec mes ex... parce que ce sont mes ex justement.


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Que faire?

 

J'en ai un peu marre ces derniers temps.
Cela fait des mois que je me bats contre une déficience hormonale et là j'en ai ras-lebol.
Le traitement de substitution qu'on m'a donné, si il pallie à pas mal d'effets désagréables, a d'un autre côté pas mal d'effets secondaires encore plus chiants.
J'ai pris du poids et je continue à en prendre, je suis à cran la plupart du temps et je fonds en larmes pour un oui ou pour un non sans raison valable.
Je crois d'ailleurs que c'est ça le pire. Ne plus être maitre de mes émotions.
Je regarde la télé, n'importe quoi à la télé et je chiale. Une amie me parle d'un truc et je monte sur mes grands chevaux d'un coup, comme ça. Même si je ne me sens pas énervée ni agacée d'ailleurs...
Mon corps m'échappe. Mon esprit m'échappe. Tout m'échappe et me trahit. Je ne me reconnais plus. Je reconnais encore moins ce corps qui n'est plus vraiment le mien.
Je pense qu'on ne se rend pas vraiment compte de l'importance qu'ont les hormones dans notre équilibre général. Et ce n'est que quand déséquilibre il y a qu'on en prend toute la mesure.

Quand j'ai créé ce blog, je m'étais dit que j'éviterai de parler d'une façon trop personnelle à la première personne du moins. J'y ai mis des choses intimes sous forme d'histoires, de poèmes au début mais, au fur et à mesure des semaines, je suis sortie de ça pour préférer raconter les choses avec du recul et cette ironie qui me caractérise si bien. Le tout avec un peu d'auto-dérision. Mais là, je ne sais pas de quoi parler d'autre. Ca finit par prendre tout la place.
Que je m'habille le matin ou me déshabille le soir, que je doive aller à une soirée ou tout simplement travailler, je n'arrive plus à faire abstraction de ce corps qui me pèse... au propre et au figuré.
J'ai beau faire attention à ce que mange, j'ai beau avoir supprimé tout ce qui est sucres et graisses, je me vois gonfler de semaines en semaines.
J'ai essayé ce week-end tous mes pantalons d'été et, d'un coup, ça m'a sauté au visage: Ca m'est déjà arrivé!
J'ai déjà eu une fois un poids comme celui-ci. C'est la seconde fois que je me vois comme ceci.
La première, c'était quand j'ai également eu un traitement hormonal, mais de stimulation celui-là. J'avais aussi ressenti cette panoplie d'émotions diverses et contradictoires en permanence, cette sensation d'être à fleur de peau tout le temps.
D'une certaine façon, c'est rassurant.

La conclusion de tout cela est simple. Ou je continue le traitement parce que je n'ai pas vraiment le choix et j'essaie d'accepter les choses en me disant qu'il y a pire et en priant pour ne pas continuer à grossir et à être aussi ingérable émotionnellement. Ou je l'arrête et essaie de faire avec les autres soucis - qui ne sont pas moins désagréables, juste différents - que cela va entrainer . Ou encore, j'essaie de trouver une solution alternative qui ne sera certainement pas parfaite mais peut-être plus en accord avec moi-même.
D'une certaine façon, ça ne serait pas plus mal. Cela fait des années que j'essaie d'éviter de prendre des médicaments, persuadée que l'allopathie ne me convient plus vraiment.

Oh que tout ceci m'énerve.... même prendre une décision ferme m'est pénible.

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Blind date, blind tout court...

 

Aaaah les mecs!
Y a pas à dire, j'ai un mauvais karma, j'vous jure. J'ai beau faire ce que je veux, y a rien qui change. On en met un mauvais dans tout un tas de bons et je me le choppe. C'est comme si je les attirais, ou qu'on m'avait abonnée dès ma naissance. Si un fée s'est penchée sur mon berceau pour me filer un truc, c'est pas le succès avec les hommes moi je vous l'dis.
Allez, je vous raconte ma dernière mésaventure.

Il y a un bon moment, quand j'avais encore mon autre blog, j'ai posté un ou deux textes un peu "chauds". Je me rappelle avoir trouvé ça marrant sur le coup mais, le lendemain (quelle coincidence quand même!) j'ai reçu quelques messages de messieurs dans ma boite. Tous m'assurant qu'il n'y avait pas de lien de cause à effet bien entendu.
J'ai très vite répondu à ces derniers de façon à les décourager mais, chose étonnante, l'un d'entre eux a insisté. Nous avons alors échangé quelques mails puis nos numéros de téléphone et avons discuté. Il avait une belle voix, parlait bien, semblait correct. Nous décidons de nous rencontrer mais le timing n'est pas idéal. Apparemment il est libre au moment où je me couche, ça va pas le faire ça. Soit, de reports en reports, je suis partie en vacances sans l'avoir vu.
Six semaines d'absence, je me suis dit qu'il allait oublier jusqu'à mon existence. Bon, pas plus perturbée que ça la fille, je dois le reconnaitre. Je pars donc, je reviens, et je reprends ma petite vie tranquille.
A peu près un mois après mon retour, je reçois un mail du monsieur m'invitant à me joindre à son "network", invitation que j'ai purement ignorée. Je suis un peu contre tous ces trucs genre facebook, linkedin ou autre.
Et, plus rien....
Jusqu'à mardi passé.
Je reçois un sms, puis un autre qui me demande en substance "Quand est-ce qu'on se voit?"
Moi, méfiante, je rétorque aussi sec que ça fait un bail que j'ai pas eu de news, que j'ai rien contre une rencontre comme je l'ai déjà dit mais que si c'est pour tirer un petit coup au passage, il peut passer son chemin.
Et lui de me répondre qu'il est pas désespéré, qu'il veut juste me voir après tout ce temps, blablabla et blablabla...
Puisque les choses sont claires, je ne vois plus d'inconvénients. Rendez-vous pris pour vendredi, sans précision d'heure, on se rappelle. Et c'est là que ça tourne au n'importe quoi.

Vendredi 14h30, téléphone: "Tufais quoi?"
-   Maintenant?
-   Ben oui, maintenant.
-   Rien pourquoi?
-   On se voit?
-   Là tout de suite?
-   Oui, je t'attends sur la place X. Enfin, le temps d'y aller quoi. On dit 15h?
Un peu prise au dépourvu, je balbutie: "Euh.... ok, je me mets en route."
Je l'ai jamais vu et l'inverse est aussi vrai. La place en question va être bondée, ça va être coton pour se retrouver mais bon, j'y vais. Comme de fait, c'est blindé de monde. Il fait beau, les terrasses sont pleines.
Après quelques coups de fil à quelques minutes d'intervalle, ce qui m'agace déjà un peu, je finis par le trouver.
Il est assis dans sa bagnole et fume. Aie, si il avait une belle voix grave et chaude, son visage ne me plait pas. Pas qu'il soit laid, il y a quelque chose qui me dérange c'est tout. Comme je refuse de m'arrêter à des préjugés, même les miens, je m'approche.
"Monte!" qu'il me dit. Cavalier le gars.

Là vous me direz que j'aurai dû le voir venir.... et je dois reconnaitre que vous avez raison. Mais, que voulez-vous, j'ai voulu lui laisser une chance. Soit....

Je monte dans la bagnole et il se met à tourner. Je lui demande où on va et il me dit qu'il ne sait pas. "Chez toi?".
Je commence à être plus qu'agacée. Je lui dis que je ne vais pas laisser ma voiture sur un parking payant pour aller chez moi (d'où je viens soit-dit en passant) et repasser la chercher après. Il me propose alors de me suivre. J'ai pas du tout envie qu'il vienne chez moi mais je ne sais pas pourquoi, je ne dis pas un mot. Je descends de sa caisse et monte dans la mienne. Et c'est là que je reprends mes esprits. Arrivée dans mon quartier, je lui dis qu'on va boire un verre quelque part.
Il me dit alors qu'il a pas le temps, à peine une heure (suffisant pour se prendre une bière en terrasse non?); qu'il avait espéré être en tête à tête avec moi, avoir plus d'intimité; qu'il voulait faire ma connaissance et qu'on ne fait vraiment connaissance que dans le cadre de l'autre; que c'est à moi de savoir si j'ai envie de le connaitre ou pas, et toute une série d'autres conneries du même genre essayant de me démontrer par a+b que je dois lui ouvrir ma porte.
C'est même plus cavalier mais carrément gonflé qu'il est.
Là, il m'énerve franchement et je n'ai plus du tout envie d'être sympa. Néanmoins, c'est calmement que j'essaie de discuter un peu en lui expliquant que, pour moi, l'intimité n'a rien à voir avec le lieu, que connaitre quelqu'un ça prend du temps et que je ne vois pas le rapport entre le fait d'être dans mon appart et le fait de discuter.
Il me rit au nez en me disant que j'ai choisi, c'est bon. Mes limites étant atteintes, je me lève et, avec un grand sourire lui dit alors que je ne vais ni lui ni me (surtout me) faire perdre plus de temps, merci et au revoir.
J'ai tourné les talons et suis rentrée chez moi.

J'aurai perdu une bonne heure finalement et je me demande encore pourquoi je m'obstine. Quand mon instinct me dit de laisser tomber, faut que je laisse tomber... Non mais!

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Un dimanche soir pas banal

 

Pour ne pas rester sur le texte précédent :-)

Ce week-end, pas celui qui va arriver mais celui qui est passé (oui je pourrais aussi écrire le week-end passé. Compliquée je suis, compliquée je reste), je suis allée chez ma soeurette adorée.
Comme à chaque fois que je vais chez elle, je pars de chez moi le samedi pour ne rentrer que le dimanche. C'est qu'on n'habite pas à côté l'une de l'autre.
En hiver, il fait froid, il fait noir tôt, il pleut souvent, quand il n'y a pas du vent en plus. Bref, tout ça pour dire que je n'aime pas trop trop rouler de nuit, surtout quand il ne fait pas beau (en gros, 300 jours par an quoi).
Donc, je prévois toujours de repartir relativement tôt le dimanche soir. Mais il est rare que je parte réellement à l'heure prévue dans ma tête.

Ce dimanche, mon neveu avait une fête d'anniversaire. Nous allons le conduire et soeurette me propose une partie de squach pendant ce temps-là. Ca tombe bien, j'aime ça. La partie finie, on prend un verre, une douchette et on va rechercher mon neveu à sa petite sauterie (ben quoi? Y a bien des châteaux gonflables non?) pour 17h30.
Vu qu'on est un peu tôt, on s'assied, on prend un verre avec d'autres parents, ça traine un peu, on part qu'il est bien 18h30. Dans la voiture, ma soeur me dit: "Ca te tente un grand M?" (ça c'est le code pour MacDonald, si jamais je dis non, le grand bout'chou n'en fera pas un fromage). Ben, tant qu'à faire, pourquoi pas?
Manger, retour à la maison, etc... Finalement, au moment de me mettre en route, je vois 20h30. Et zut, je vais rentrer tard et je vais louper les Experts.

Une petite heure de route plus tard, j'arrive chez moi et me dis que je n'ai raté que le premier des épisodes qu'ils diffusent, tout n'est pas perdu. Je défais mon sac, lance une machine, donne à manger au chat et m'affale dans le divan juste à temps pour le 2eme épisode. Dix minutes plus tard, à peine bien installée, "Drrrinngggg" mon téléphone sonne ("dring" n'est pas correct ma sonnerie étant une chanson de Ghinzu mais c'est intraduisible donc...). Je lis sur le cadran que ça vient de mon boulot...
J'hésite un peu, il est 21h30 un dimanche quand même, mais je finis par décrocher.

- "Alexiane? Désolée de t'appeler si tard mais apparemment il y a eu un cambriolage au boulot et on a forcé la porte de ton bureau. Je ne sais pas ce qui a disparu mais....."

- "Ok, j'arrive"

Et me voilà en route pour mon bureau pour constater les dégâts.Je vous dis pas ma tête quand je suis entrée dans mon bureau. Les portes étaient arrachées, tout était étalé partout. Mine de rien, ça fait un choc. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'on cambriole mais c'est la première qu'on force ma porte. Il faut ensuite faire la liste de ce qui a disparu. Après ça, attendre que la police ait fait le tour du bâtiment avec les chiens et faire une déposition. Je suis enfin rentrée à presque une heure du matin.

Il était décidément écrit que je ne verrai pas les Experts ce soir-là......

 

 

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A l'encontre de mes convictions

 

Décidément, moi et la religion...
Ou, du moins, la façon dont certains l'interprètent.
Je n'ai rien contre le fait que des gens croient en quelque chose non, je crois que, fondamentalement, l'être humain a besoin de croire en quelque chose. Ce qui me gène c'est l'aspect dogmatique posé par les institutions. Et, dans certaines plus que d'autres, les "ce qu'on peut faire" et surtout les "ce qu'on ne peut pas faire".
La semaine dernière m'a encore montré un visage pas très catholique... de cette religion justement.
Je sais que ces quelques mots ne plairont pas à tout le monde et que ce post pourrait être mal interprété, mal vu.
On va encore dire que j'aime les sujets brûlants, que je n'ai pas peur des conflits....
Comprenez-moi bien, loin de moi l'idée de juger. Je ne fais qu'écouter, regarder et analyser des faits.
Ce que je vais écrire ici ne traduit que ce que j'ai vu à la télévision.

Début de semaine, un documentaire sur la pédophilie et comment le Vatican étouffe les abus sur mineurs faits par les prêtres.
La première partie du documentaire traitait de la difficulté qu'a la société face aux prédateurs sexuels de tout poil, particulièrement les pédophiles. Cela parlait des personnes en prison, des camisoles chimiques, des vraies castrations. On interviewait également les prédateurs en question. Si je peux comprendre l'impuissance du système judiciaire, des services sociaux, des malades eux-mêmes, j'ai du mal à accepter qu'on étouffe volontairement des actes pédophiles, particulièrement dans une institution religieuse.
Comment peut-on vendre de l'amour et de la foi d'un côté et fermer les yeux sur ce genre d'actes de l'autre?

Deux jours plus tard, un documentaire sur l'art érotique dans les musées et comment le Vatican a détruit des dizaines de sexes d'hommes sur les statues pour les remplacer par des feuilles de vignes.
L'ironie est que, conscients de ce qu'ils font, ils les conservent dans des tiroirs. J'ai vu des centaines de sexes alignés les uns à côté des autres et précieusement enfermés à l'abri des regards. Partout au Vatican, l'érotisme est présent mais ça ne peut surtout pas se voir.

Ce qui me choque le plus est l'hypocrisie. Parce que j'ai vu les deux documentaires à deux jours d'intervalle, je suis d'autant plus touchée. Comment peut-on dissimuler des caractères sexuels sur une statue d'un côté et accepter que l'un des vôtres fasse subir des attouchements sur des enfants d'un autre?
Si quelqu'un a la réponse....

 

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Y a des jours comme ça...

 

Où tout va mal... enfin non, pas exactement.
C'est plutôt que rien ne va bien je dirais.
C'est comme une succession d'agaceries, de menus énervements, de chicanements, de contre-temps...
Et je finis par grogner, ronchonner, râler, m'énerver sans trop bien savoir pourquoi.

Déjà ce matin, la journée promettait d'être belle (c'est de l'ironie bien sûr). Trop contente du temps de ces derniers jours, je me suis habillée plus léger. J'anticipe le soleil et le ciel bleu, je choisis des petites chaussures, je sors de chez moi, dévale les escaliers, ouvre la porte d'entrée pour tomber sur quoi? Cette saleté de brouillard qui me coupe mon élan..
Et zut, il fait gris, il fait froid - Brrrr, on a perdu au moins 10° -, mes petons se recroquevillent dans mes escarpins, je ferai bien demi-tour sur le champs.
Soit, pas le choix, allons-y gaiement.
Tram hyper bondé, ainsi que les deux métros suivants, je déteste ça. Je me retrouve toujours avec un grand devant moi qui, peu à peu, recule jusqu'à me coller. J'essaie de lire mais c'est peine perdue. Essayez un peu de déchiffrer avec la page sur le nez.
Enfin j'arrive à mon boulot, je suis en retard (pas trop, juste un peu) et je suis, malgré moi, déjà avec les nerfs à vif.
A peine arrivée, café et on se met en route. J'ai deux installs de prévues depuis une semaine, plus une autre qui s'est intercalée en urgence, ça me fait du taf jusqu'à 3h de l'après-midi au bas mot.
Ma petite stagiaire arrive et la pauvre a à peine le temps de s'asseoir que je la mets au turbin.
Et, d'un coup, ça se calme... Tout tourne comme sur des roulettes, le boulot avance, les gens sont contents, tout va mieux.
Je respire un grand coup et me dit que ça va pas être si grave.
Midi, le téléphone sonne. C'est une amie.

- "Salut, ça va?"
- "Ben, justement, faut que tu viennes me chercher. Je me suis cassé le pied et je ne sais pas rentrer chez moi."
- "Ok, dis moi où tu es, j'arrive."
- "Ca serait bien si tu pouvais venir à 13h30."
- "Comment ça? Je ne comprends pas."
- "Ben, je suis chez la manucure là, je viens d'arriver."

Alors là, j'hallucine! Faut aller la chercher parce qu'elle a le pied cassé mais elle est chez la manucure et, tant qu'à faire, elle va se faire faire les ongles. J'adore mes amies mais, parfois elles me dépassent un chouïa.

Soit, je lui dis ok et je raccroche. Dix minutes plus tard, après réflexion (blonde inside), je la rappelle.
- "Dis c'est ok pour passer te chercher et te reconduire, mais je fais comment moi après, pour revenir ici?"
Je lui propose de laisser sa voiture ici et de la reconduire avec la mienne vu que, pour une fois, elle est dans le parking ici.
Je vais me prendre un sandwich que je mange quelque chose avant de partir. Dans le couloir, je croise quelqu'un, me retourne pour dire bonjour. Dans le mouvement, le contenu de mon assiette glisse et je vois mon déjeûner atterrir sur le tapis. Décidément....

13h15, je vais la chercher. Elle est là qui m'attend. Je prends les clefs, le ticket de parking, l'anti alarme, la carte de crédit et je pars à la recherche de sa voiture... que je finis par trouver. Je m'assieds dedans, crotte, comment on fait pour reculer le siège? Premier coup de fil. Ah, tout est électrique dans cette caisse, faut juste savoir où sont les boutons et mettre le contact bien évidemment. Eéééééhhhh, comment on coupe le chauffage? Elle est folle, on dirait un sauna. Je tripote tous les boutons, 16°, c'est mieux. Et la marche arrière, on appuie, on tire? Aaaah, vers l'avant, à gauche, en poussant un max. J'enclenche la vitesse, je débraie en donnant des gaz et rien. La voiture ne bouge pas d'un centimètre. Nada. Perplexe, j'enlève et remets la marche arrière, toujours rien. Je mets la première et, très doucement (elle s'est garée très près du mur), j'essaie, encore rien. Je sais plus conduire ou quoi? Ni passer une vitesse? Second coup de fil. Ca commence doucement à m'agacer cette histoire.
Bon, pas d'avance, j'y arrive pas, faut aller la chercher, elle clopinera jusqu'ici. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Elle s'assied dans la voiture, débraie, enclenche la vitesse et.... recule sans problème. C'est que l'embrayage est loin m ais loin... tellement loin qu'on se demande si elle en a un.
Donc, je la ramène à mon boulot, parque sa bagnole là, prends la mienne (re-clopinage de l'une à l'autre) et la reconduis chez elle.

16h, de retour au bureau. J'ai planté là ma stagiaire avec des trucs à faire, j'espère qu'elle s'en est bien sortie.
Je suis un peu à fleur de peau, faut que je reste calme, elle en peut rien. Et ça va, mieux que ce que je craignais. Je dois juste corriger un petit truc mais ça va. Cool, je respire.
Je me rappelle qu'on m'a demandé des étiquettes le matin, j'ai encore le temps, allons-y. Et la série noire continue.... Pas moyen de les faire nom did'jiou. Le merge ne marche pas, mon document est corrompu, des champs disparaissent... Aaaarrggghh, après quelques manipulations, enfin ça a l'air de le faire. Contente de moi, je m'apprête à l'imprimer quand je me rends compte qu'avec tout ce que j'ai modifié, la mise en page n'est plus juste. Je m'arrache les cheveux là, j'en ai marre.

17h15, un utilisateur vient chercher son pc et je dois graver un cd avant qu'il parte. Et voilà que ça recommence. Le graveur ne fonctionne pas, pas moyen de l'ouvrir, le cd se bloque dedans, mon train est dans 20 min, le type est pressé.... Ggggrrrrrrrr, ça m'énerve. Quand rien ne va, y a vraiment rien à faire.

Et... pour bien terminer la journée, je loupe mon train.
Je ferme les yeux, crie intérieurement à en démonter les murs, respire un grand coup et me décide à appeller Nono. J'ai quand même une heure devant moi maintenant, jusqu'au prochain train.
Y a des jours comme ça, soyons philosophe.....

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Au détour d'une page....

 

Ebahie, elle referma doucement le clapet de son ordinateur.
Elle avait beau secouer la tête, elle n'en revenait pas. Ca lui apprendra à jouer à la voyeuse.

C'est un de ses amis qui lui avait donné l'adresse de ce blog. Il connaissait ses goûts pour les histoires de sexe un peu osées, pour les gens avec de l'imagination qui n'hésitaient pas à se raconter et qui pouvaient le faire avec poésie et brio.
Elle-même s'y était laissé prendre un moment et en avait tenu un pendant un peu plus d'un an. Elle l'avait fermé parce qu'elle finissait par ne plus trop savoir où étaient les limites entre écriture et exhibitionnisme. Elle savait qu'elle écrivait bien, au vu des réactions postées et des rencontres que ça avait provoqué mais elle avait fini par ne plus vraiment maitriser les choses. Curieuse, aimant les expériences diverses, elle s'était vite retrouvée embarquée dans des histoires où la frontière entre cul et amour s'était révélée plus que floue. C'est à ce moment-là qu'elle avait décidé de prendre du recul avec tout ça et qu'elle avait fermé son blog.
Malgré le fait qu'elle avait arrêté d'écrire, elle aimait toujours autant lire les contes érotiques et recherchait souvent de nouveaux blogs.
Elle en suivait quelques uns régulèrement, il lui arrivait même de laisser de temps en temps un commentaire sur certains.
Une semaine plus tôt, un de ses amis lui avait filé cette adresse en lui disant d'aller voir. D'après ses dires, le couple était plus qu'intéressant et valait le détour.

Et c'est comme ça que, maintenant, elle se retrouvait assise dans son canapé, totalement abasourdie par ce qu'elle venait de voir et de lire. Elle venait de faire un bond violent dans le passé. Elle savait qu'elle aurait dû fermer la page de suite mais ça avait été plus fort qu'elle. Elle avait tout regardé, tout lu, tout écouté. Et de voir cet homme qu'elle avait si bien connu et tant aimé s'exhiber avec une telle impudeur l'avait secouée.
O, bien sûr, cela faisait des années qu'ils s'étaient quittés, elle avait refait sa vie depuis et se doutait bien qu'il en avait fait de même mais elle n'était pas préparée à cela.
Elle se rappelait chacun de ses mots, chacun de ses gestes, chacun de ses regards et se prendre la vidéo de leurs ébats en pleine face avait été comme une claque. Il n'avait pas changé d'un poil et savoir qu'il usait des mêmes termes avec une autre avait été comme une blessure. Visiblement sa compagne actuelle aimait tout autant qu'elle sa façon de faire l'amour, avec une bestialité bien contrôlée. Elle était choquée mais aussi remuée et excitée. Les yeux dans le vague, elle se souvint des sensations qu'il lui avait fait découvrir, des chemins qu'il lui avait ouverts, de ce qu'ils avaient partagés. Leur histoire avait été si intense.
Elle s'était souvent demandé ce qui se serait passé si ils étaient restés en contact. Seraient-ils devenus amis? Se seraient-ils revus? Auraient-ils encore fait l'amour ensemble? Mais la vie était ce qu'elle était et, après leur rupture, elle avait choisi le silence et la coupure définitive. Et le voilà qui faisait à  nouveau irruption dans sa vie, sans le savoir, par hasard.

Elle ne savait plus combien de temps elle resta assise là, à voir et revoir les images qu'elle venait de visionner, à repenser aux textes postés sur ces pages pas si anonymes que cela finalement, à se demander quoi faire.
Elle pensa à sa vie actuelle, à  l'homme qui partageait ses journées et ses nuits et qui, sans avoir l'animalité de son ancien amant, avait cette tendresse et cette douceur qui la faisait fondre; à l'enfant qu'ils avaient eu ensemble.

Après un bon moment, son ventre encore noué de désir, elle se leva et tourna résolument le dos à ce passé pour aller rejoindre son présent. 

 

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