Où tout va mal... enfin non, pas exactement.
C'est plutôt que rien ne va bien je dirais.
C'est comme une succession d'agaceries, de menus énervements, de chicanements, de contre-temps...
Et je finis par grogner, ronchonner, râler, m'énerver sans trop bien savoir pourquoi.
Déjà ce matin, la journée promettait d'être belle (c'est de l'ironie bien sûr). Trop contente du temps de ces derniers jours, je me suis habillée plus léger. J'anticipe le soleil et le ciel bleu, je choisis des petites chaussures, je sors de chez moi, dévale les escaliers, ouvre la porte d'entrée pour tomber sur quoi? Cette saleté de brouillard qui me coupe mon élan..
Et zut, il fait gris, il fait froid - Brrrr, on a perdu au moins 10° -, mes petons se recroquevillent dans mes escarpins, je ferai bien demi-tour sur le champs.
Soit, pas le choix, allons-y gaiement.
Tram hyper bondé, ainsi que les deux métros suivants, je déteste ça. Je me retrouve toujours avec un grand devant moi qui, peu à peu, recule jusqu'à me coller. J'essaie de lire mais c'est peine perdue. Essayez un peu de déchiffrer avec la page sur le nez.
Enfin j'arrive à mon boulot, je suis en retard (pas trop, juste un peu) et je suis, malgré moi, déjà avec les nerfs à vif.
A peine arrivée, café et on se met en route. J'ai deux installs de prévues depuis une semaine, plus une autre qui s'est intercalée en urgence, ça me fait du taf jusqu'à 3h de l'après-midi au bas mot.
Ma petite stagiaire arrive et la pauvre a à peine le temps de s'asseoir que je la mets au turbin.
Et, d'un coup, ça se calme... Tout tourne comme sur des roulettes, le boulot avance, les gens sont contents, tout va mieux.
Je respire un grand coup et me dit que ça va pas être si grave.
Midi, le téléphone sonne. C'est une amie.
- "Salut, ça va?"
- "Ben, justement, faut que tu viennes me chercher. Je me suis cassé le pied et je ne sais pas rentrer chez moi."
- "Ok, dis moi où tu es, j'arrive."
- "Ca serait bien si tu pouvais venir à 13h30."
- "Comment ça? Je ne comprends pas."
- "Ben, je suis chez la manucure là, je viens d'arriver."
Alors là, j'hallucine! Faut aller la chercher parce qu'elle a le pied cassé mais elle est chez la manucure et, tant qu'à faire, elle va se faire faire les ongles. J'adore mes amies mais, parfois elles me dépassent un chouïa.
Soit, je lui dis ok et je raccroche. Dix minutes plus tard, après réflexion (blonde inside), je la rappelle.
- "Dis c'est ok pour passer te chercher et te reconduire, mais je fais comment moi après, pour revenir ici?"
Je lui propose de laisser sa voiture ici et de la reconduire avec la mienne vu que, pour une fois, elle est dans le parking ici.
Je vais me prendre un sandwich que je mange quelque chose avant de partir. Dans le couloir, je croise quelqu'un, me retourne pour dire bonjour. Dans le mouvement, le contenu de mon assiette glisse et je vois mon déjeûner atterrir sur le tapis. Décidément....
13h15, je vais la chercher. Elle est là qui m'attend. Je prends les clefs, le ticket de parking, l'anti alarme, la carte de crédit et je pars à la recherche de sa voiture... que je finis par trouver. Je m'assieds dedans, crotte, comment on fait pour reculer le siège? Premier coup de fil. Ah, tout est électrique dans cette caisse, faut juste savoir où sont les boutons et mettre le contact bien évidemment. Eéééééhhhh, comment on coupe le chauffage? Elle est folle, on dirait un sauna. Je tripote tous les boutons, 16°, c'est mieux. Et la marche arrière, on appuie, on tire? Aaaah, vers l'avant, à gauche, en poussant un max. J'enclenche la vitesse, je débraie en donnant des gaz et rien. La voiture ne bouge pas d'un centimètre. Nada. Perplexe, j'enlève et remets la marche arrière, toujours rien. Je mets la première et, très doucement (elle s'est garée très près du mur), j'essaie, encore rien. Je sais plus conduire ou quoi? Ni passer une vitesse? Second coup de fil. Ca commence doucement à m'agacer cette histoire.
Bon, pas d'avance, j'y arrive pas, faut aller la chercher, elle clopinera jusqu'ici. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Elle s'assied dans la voiture, débraie, enclenche la vitesse et.... recule sans problème. C'est que l'embrayage est loin m ais loin... tellement loin qu'on se demande si elle en a un.
Donc, je la ramène à mon boulot, parque sa bagnole là, prends la mienne (re-clopinage de l'une à l'autre) et la reconduis chez elle.
16h, de retour au bureau. J'ai planté là ma stagiaire avec des trucs à faire, j'espère qu'elle s'en est bien sortie.
Je suis un peu à fleur de peau, faut que je reste calme, elle en peut rien. Et ça va, mieux que ce que je craignais. Je dois juste corriger un petit truc mais ça va. Cool, je respire.
Je me rappelle qu'on m'a demandé des étiquettes le matin, j'ai encore le temps, allons-y. Et la série noire continue.... Pas moyen de les faire nom did'jiou. Le merge ne marche pas, mon document est corrompu, des champs disparaissent... Aaaarrggghh, après quelques manipulations, enfin ça a l'air de le faire. Contente de moi, je m'apprête à l'imprimer quand je me rends compte qu'avec tout ce que j'ai modifié, la mise en page n'est plus juste. Je m'arrache les cheveux là, j'en ai marre.
17h15, un utilisateur vient chercher son pc et je dois graver un cd avant qu'il parte. Et voilà que ça recommence. Le graveur ne fonctionne pas, pas moyen de l'ouvrir, le cd se bloque dedans, mon train est dans 20 min, le type est pressé.... Ggggrrrrrrrr, ça m'énerve. Quand rien ne va, y a vraiment rien à faire.
Et... pour bien terminer la journée, je loupe mon train.
Je ferme les yeux, crie intérieurement à en démonter les murs, respire un grand coup et me décide à appeller Nono. J'ai quand même une heure devant moi maintenant, jusqu'au prochain train.
Y a des jours comme ça, soyons philosophe.....