Alexiane

Echange


Ils se sont rencontrés pendant leurs vacances.
Elle venait de loin, de beaucoup plus loin que lui qui était originaire de la région.
Elle était en train de faire un massage à quelqu'un près de la piscine quand elle l'a vu pour la première fois.
Il est venu s'asseoir près d'elle pour regarder ce qu'elle faisait..
C'est son regard qu'elle a senti sur elle en premier, avant même de prendre conscience de sa présence.
Quasi immobile, il était là.
Il avait des lunettes de soleil mais ses yeux la brûlaient.
Ils ne se sont pas adressé la parole une seule fois pendant qu'elle massait.
De temps en temps, elle a levé la tête et, à chaque fois, a eu l'impression de sombrer devant l'intensité de son regard que pourtant elle ne pouvait que deviner à travers les verres fumés
Elle en était troublée.
A la fin du massage, ils ont échangés quelques mots.
Il lui a dit qu'il partait le soir même mais qu'il allait peut-être revenir à la fin de la semaine.
Elle lui a répondu que c'était dommage mais que c'était la vie.
Ils se sont salués et elle l'a regardé partir.
Toute la semaine, aux moments les plus inattendus, elle s'est rappelé cet homme bizarre qui était resté un long moment sans bouger à la regarder.
C'était d'autant plus étrange qu'ils n'avaient pas échangé plus de trois phrases.
Le mercredi, elle s'est même secouée en se disant que c'était bon comme ça, que ce n'était pas la première fois que ça arrivait et qu'il fallait penser à autre chose.
Elle avait tant de choses à faire, à voir.
Le jeudi après-midi, elle est arrivée un peu tard pour manger.
Elle avait bossé sa technique avec son prof après le cours si bien qu'il n'y avait plus personne à la cafetéria.
Elle s'est dit qu'elle allait pouvoir lire un peu et a choisi une table sous le préau, un peu à l'écart.
Elle venait à peine de s'installer que quelqu'un est arrivé et lui a demandé si elle pouvait se joindre à elle.
C'était la particularité de cet endroit, que tout le monde se parle.
Elle lui a montré la chaise et l'a invitée à s'asseoir.
A peine une demi-heure plus tard, elle l'a vu arriver.
Il s'est approché, l'a interrogée du regard, elle a fait oui de la tête.
Il a pris une chaise et, sans un mot, s'est assis.
L'autre personne était toujours occupée à lui parler et, à nouveau, elle a ressenti cette même étrangeté.
Il était là mais ne disait rien.
Il se contentait de la regarder et d'écouter la conversation sans intervenir.
Il n'avait plus ses lunettes et elle s'est pris de plein fouet son regard vert.
Toujours cette intensité dans les yeux.
Elle avait soudainement beaucoup de mal à suivre ce que l'autre femme lui disait.
Elle avait une conscience aigüe de sa présence à lui, comme si leurs corps se parlaient au-delà des mots.
Après un long moment, la femme sest levée et s'en est allée, leur souhaitant une bonne journée.
Ils se sont regardés.
Il ne disait toujours rien.
Elle a retenu son souffle.
Sa perception de lui s'est encore aiguisée.
Enfin, il s'est mis à parler.
Sa voix était douce, il parlait bas, avec un timbre un peu rauque.
Ils ont discuté une petite heure puis il lui a dit qu'il devait s'en aller.
Il lui a proposé de la retrouver le lendemain pour un échange de massage.
Elle a souri, lui a dit qu'elle était libre l'après-midi.
Ils se sont donné rendez-vous pour 14h30.
Il s'est levé, elle l'a suivi des yeux, certaine qu'il pouvait le sentir.
Le lendemain, elle s'est réveillée tôt, en pleine forme et un sourire flottait sur ses lèvres.
La matinée a passé à une vitesse folle, elle était impatiente de le retrouver.
Il lui a dit qu'il l'attendrait sur la colline qui surplombe tout les alentours.
A deux heures et demi pile, elle s'est glissée entre les bambous avec son matelas.
Il était là, assis et regardait au loin.
C'était la première fois qu'elle venait à cet endroit et a ressenti instantanément l'énergie qui y circulait.
Il s'est retourné, l'a regardée et a souri.
Il lui a dit de s'allonger, c'est lui qui commençait.
Elle a hésité un peu, elle avait plus l'habitude de donner des massages que d'en recevoir.
Puis, comme il attendait, elle s'est allongée et a décidé d'en profiter, de se laisser faire.
Une heure durant, il a laissé courir ses mains sur elle, alternant les pressions, les étirements et les glissements plus doux.
Si il a hésité parfois sur un mouvement, ses mains étaient sûres.
Ses gestes étaient lents, ses pressions profondes.
Elle a senti son corps se détendre petit à petit.
Ses yeux se sont fermés, sa respiration s'est faite plus lente.
Leurs corps à nouveau se parlaient sans un mot, sans une phrase.
Après, ça a été à son tour de le masser.
Elle s'est relevée, a plongé ses yeux dans les siens, l'a remercié et l'a invité à prendre sa place.
Agenouillée entre ses pieds, elle a pris une minute pour se concentrer.
Elle a fermé les yeux et, doucement, a laissé aller ses mains.
Comme à chaque fois qu'elle faisait un massage, elle a cessé de réfléchir.
Elle ne pensait plus à rien.
Mais, cette fois-ci, elle a senti une nette différence.
Ce n'étaient pas seulement les tensions qu'elle pouvait pointer.
Elle avait conscience de chaque centimètre carré de sa peau sous ses doigts..
Comme si elle était en transe.
Elle se sentait connectée à la nature qui l'entourait, à l'énergie qui circulait en lui, à la sienne propre.
Elle ressentait cette énergie qui vibrait entre eux.
Ses mains ont dansé sur lui, entre douceur et fermeté, cherchant la bonne pression, l'endroit juste.
Elle écrivait sur son corps une carte de bien-être, de relâchement.
Le temps a passé et, à son tour, elle a terminé.
Elle s'est secouée pour revenir à la réalité, a ouvert les yeux et l'a vu assis qui la regardait.
Les yeux dans les yeux, ils sont restés là un bon moment.
Ils étaient conscients de la magie de l'instant et voulaient en profiter.
Puis ils se sont levés, se sont dit qu'ils se reverraient dans la soirée et se sont quittés.
Elle se sentait bien, pleine de lui, de ce merveilleux échange.
Elle savait qu'elle le retrouverait plus tard.

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Promenons-nous dans les bois

 

Il est de ces week-end où la grâce est présente du début jusque la fin.
Ca a été le cas.
Difficile alors de décrire ces deux jours, ces moments particuliers où tout semble être à sa place.
La saveur parfaite d'une entente instantanée, d'une complicité profonde alors que nous ne nous connaissions pas - ou peu - quelques heures auparavant.
Ce week-end était de ceux-là.

Je suis descendue dans les Ardennes samedi.
Avec Alain. Chez Will et Nat.
Alain, c'est mon prof de massage qui, petit à petit, devient un ami.
Et un ami très cher. De ceux que l'on sait qu'on va garder.
Will est un de ses étudiants. Qui, de par le fait que j'aide Alain, est aussi un des premiers à avoir assisté à mes débuts en tant que prof. Mon tout premier assistanat pour dire vrai.
Alain ne m'avait pas vraiment prévenue ce jour-là. Et m'avait filé les rênes en me prenant plus qu'un peu au dépourvu.
Puis, nous avions suivi le second module ensemble, Will et moi.
Il y avait d'autres élèves bien sûr. Mais, je ne sais pas pourquoi, je l'ai trouvé de suite très chouette.
Lui en particulier.
Ca ne s'explique pas, c'est comme ça.
En plus, à chaque fois que nous avons parlé de massage, il a toujours eu un regard positif sur mon travail.
Et je dois reconnaitre que je trouve son travail très intéressant aussi.
Il est doué. Très doué.
Je lui ai très vite proposé qu'on s'organise pour descendre le voir.
Parce que venir du fond de la Belgique pour suivre des cours, ça fait une trotte.
Et parce que je trouve que, si il peut venir jusqu'ici, nous pouvons aussi bien aller jusque là.
Donc, nous en avons parlé et nous avons décidé de nous regrouper pour migrer le temps d'un week-end dans sa belle région. Et, finalement, samedi, nous sommes allés nous perdre dans les vallons verdoyants du sud de notre pays.

Will nous avait parlé de sa compagne. Plusieurs fois. Beaucoup de fois en fait.
Mais je ne l'avais pas encore vue.
Et, de son côté, elle avait aussi beaucoup entendu parler d'Alain et de moi, mais ne pouvait mettre un visage sur nos noms.
Samedi matin, 10h45, Alain passe me prendre et nous voilà en route pour deux heures.
Arrivés à Arlon, Will vient nous chercher et nous conduit jusqu'à chez lui.
Nous sommes à peine descendus de voiture que la porte s'ouvre sur Nat qui vient nous saluer.
Un grand sourire, des yeux clairs qui vous regardent bien droit, une chaleur et une simplicité qui me sont allés droit au coeur. J'ai compris de suite pourquoi c'est elle qu'il a pour compagne.
Les discussions, les échanges se sont faits tout seuls. Instantanément. Comme si on se connaissait déjà.
Des rencontres comme celles-là sont rares, très rares.

Au programme, marche en forêt le samedi après-midi, démo de massage le dimanche matin (ma première en solo sur le fly), promenade en rollers en début d'après-midi (moi qui avait dit plus jamais...), le tout entrecoupé de bonne bouffe, de discussions super intéressantes, de bons repas, d'autres conversations...  et j'allais oublier, d'un tour à la kermesse du coin où nous sommes tous retombés en enfance dans la chenille. Et le rock endiablé avec Alain devant la roulotte du trampoline. La tête des gens autour! A mourir de rire!
Parfois, nous discutions tous les quatre. Parfois, les deux hommes sont partis de leur côté et nous sommes restées entre nanas. A d'autres moments, je me suis retrouvée avec Will et Alain avec Nat. Et tout cela, avec un grand naturel. Sans jamais devoir en discuter, ni se concerter.
Un bel ensemble, comme un ballet.
Des discussions sur les massages bien sûr, sur nos projets à tous les quatre. Des moments forts en émotion parce que les sujets abordés étaient sensibles. D'autres où la conversation s'est faite légère, comme dans la cuisine, devant ce plateau de fromage à donner le péché de gourmandise à n'importe qui (et surtout à nous!)
Des fous-rires aussi, comme quand j'ai essayé de me rappeler mes cours de karaté - qui, il faut bien l'avouer, remontent à Mathusalem - pour tenter de renverser Alain dans le jardin. Oui, bon, plus trop au point la fille. C'est moi qui me suis mangé l'herbe.
Et de terminer le week-end dehors, dans le jardin, devant une tajine de poulet mémorable. Parce qu'elle cuisine vachement bien en plus Nat.
Nous avons eu l'impression d'être en vacances tous les quatre. Comme si nous étions là depuis des jours et des jours et pas seulement un tout petit week-end.
Je l'ai déjà dit mais leur générosité, leur simplicité, leur chaleur m'a touchée.
Même le temps s'est mis de la partie le dimanche. Pas une goutte de pluie. Un soleil un peu timide mais une température des plus clémente.

Ils ont aussi deux adorables gamins. Mignons comme tout.
C'était impressionnant de voir ces deux bouts de chou nous accompagner partout en vélo, que ce soit pendant les 7 km du samedi ou les quelques 10 ou 12 km le dimanche. Ils nous ont suivi partout.
Le plus grand a adoré être au centre de l'attention pendant ma démo de Fly du dimanche. C'était mon cobaye. Et un super s'il vous plait. Il a réussi à canaliser son énergie débordante pour être au top. Centré, sérieux, calme, il m'a écoutée et a suivi toutes mes instructions comme un pro. Nous avons pu offrir un bel échange aux gens qui étaient là.
Et, comme j'ai rigolé à les voir s'attaquer à Alain avec moi (ou sans moi) pour essayer de le faire tomber.

Inutile de dire qu'il nous a été difficile de partir. D'ailleurs, nous avons prévu de nous retrouver dans deux petites semaines dans le sud ouest de la France. Parce que, le hasard fait bien les choses, ils vont dans le même coin qu'Alain.
Du coup, à leur demande, j'ai pris congé et je vais me joindre à eux une semaine. C'est pas cool ça?

Je suis rentrée vivifiée, en pleine forme et un sourire ne cesse de flotter sur mes lèvres aujourd'hui.
Merci à vous trois pour ce superbe week-end. Et aux deux mômes aussi bien sûr.

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Training days

 

Je prépare un atelier pour samedi prochain....   
Si il y a assez de personnes du  moins.
Atelier de Fly, ou d'aéro yoga.
Du massage acrobatique quoi.
Pour être au top, je cherche des cobayes et je pratique, je pratique.
Encore et encore.
Et, comme dirait l'autre, je cours toute la journée.
Jamais je ne me serais dit que ça pourrait m'épuiser.
Du massage, ça fait trois ans que je rêve d'en faire.
Et là, d'un coup, j'en ai une tripotée.
Entre mon boulot la journée et les séances en soirée...
Je me rendais pas du tout compte de ce que ça demandait.
Comme énergie.
Comme capacité.
Comme pugnacité.
Je ne fais plus de thai pour le coup.
J'ai plus le temps.

Cela dit, j'ai appris quelque chose.
Plusieurs choses en fait.
Que je peux porter plus lourd que ce que je pensais.
Que je ne suis pas trop nulle dans celui-là non plus.
Que ça peut être vachement amusant.
Que les gens aiment regarder.
Et que je commence tout doucement à maitriser.

Bonjour M, prête pour t'envoler?
Mets-toi debout, là. Relaxe toi.
Je vais masser un peu tes épaules et ton dos.
Je me suis assise derrière toi.
Rapproche tes pieds de mes fesses.
Attrape mes mains, puis mes chevilles.
Assieds-toi sur mes pieds et laisse toi basculer en arrière.
Ferme les yeux, respire lentement, tranquillement.
Laisse-toi aller. Lâche tes pieds, tes jambes, tes bras, ton ventre.
Tu te sens comment, là-haut en équilibre sur mes pieds? Bien?
Tu vois, je joue avec ton poids, je le bouge un peu à gauche, un peu à droite.
Je te balance, te secoue, laisse courir des vibrations.
Une petite torsion à droite, et une à gauche.
Tu es toujours bien?
Attrape mes poignets alors.
Tends tes jambes et écarte les le plus possible.
Monte les vers le plafond. Encore, encore, un peu plus vite.... Voilà.
Je mets mes mains derrière ton dos et te monte vers tes pieds.
Attrape tes chevilles s'il te plait.
Mets tes pieds l'un contre l'autre, en pliant les genoux.
Tu pends comme une chauve-souris.
En parfait équilibre sur mes pieds.
Tu peux te détendre, le plus dur est fait.

J'adore ça, le Fly.
Même si je suis consciente que ça ne peut pas toucher tout le monde.
Et que je ne pourrais jamais le donner à tout le monde non plus.
Mais cette sensation d'être en appesanteur totale.
De flotter.
De perdre la notion du haut ou du bas; de la gauche ou de la droite.
D'être totalement entre les mains de quelqu'un... ou sur ses pieds plus exactement.
Et j'aime autant le donner que le recevoir.
Pour le défi, le challenge d'aller toujours plus loin.
De prendre toujours plus, et plus longtemps.
Pour la perfection des mouvements.
La fluidité, la lenteur, la beauté des gestes.
Pourl 'équilibre.
Ce point charnière.
Ce tout petit moment où on ne fait plus qu'un.

Allez, je suis fatiguée mais je m'y remets.
J'en ai encore 4 cette semaine.

 

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La vita è bella

 

Jeudi c'est son anniversaire.
C'est aussi celui de Nootje qui, lui, est resté en Belgique.
Dès le réveil, je l'attrape dans mes bras.
La soulève, la fait tourner.
Un gros bisou bien claquant.
Un sourire.
Bon anniversaire Manuela.
On se regarde.
C'est simple le bonheur parfois.

Nous attrapons le téléphone.
Et nous appelons notre Nono.
Partager encore et toujours.
Il y a de la joie dans nos voix.
Ca tinte à mes oreilles.
Inutile de dire que je savoure chaque moment.

Après-midi à la plage.
C'est la première fois que nous ne sommes que deux.
On arrive, dépose nos affaires.
Direction la mer.
On barbote un peu.
Soudain, un mec et son chien.
Dans les escaliers qui descendent de la rue.
Le mec, grand, mince, nerveux, élancé.
Le chien, un berger allemand à poils longs.
Superbe, magnifique.
Manu rigole: "Tu parles de qui? Du chien?"
Ils arrivent sur la plage.
Ca ne fait pas un pli, le chien a une frousse bleue de l'eau.
Pendant une heure, je vais les regarder.
Lui, avec une patience infinie, va le porter dans la mer.
Dans ses bras, comme un bébé.
Et la pauvre bête, tremblante, va essayer d'en ressortir au plus vite.
Elle peine à nager, elle est pétrifiée.
Il la reprend et la ramène encore.
Et encore et encore.
Son dos n'est que marques de griffes.
Sans compter qu'il doit peser lourd l'animal.
Forte de la conviction qu'il ne me comprend pas, je dis:
"Me laisserai bien porter aussi dans ses beaux bras musclés."
Deux folles, deux gamines qui se pâment.
Le mec nous voit et se la pète un peu.
Deux nanas le zieutent, autant en profiter.
Il reste devant nous plutôt que de se promener sur la plage.
Et, sans se la jouer Aldo, ne se sent plus quand même.
Ca nous amuse.
On mate avec un plaisir certain.
Soudain, une voix.
D'en haut, on l'appelle.
Il sort de l'eau, rattache son chien et disparait dans l'escalier.

Autre décor, autre instant.
Le soir. Un resto japonais.
Manu aime ça et moi aussi.
On se fait une overdose de sushis, sashimis, makis.
Plus quelques autres gâteries.
Un tempura de légumes et de gambas.
Du riz farci.
Des raviolis.
Et un superbe vin blanc, fruité à souhait.
Un server m'a entendue parler français.
Il ne sait dire que "Bonjour!" et "C'est bon!"
Il va nous le répéter toute la soirée.
Ca me fait rire.
A un moment, Manu dit qu'elle voit les parents de Clo et son frère.
Je crois qu'elle rigole.
Je paie, on se prépare à partir.
Le server nous demande d'attendre.
La lumière s'éteint, j'entends les premières notes
Et je comprends.
Clo lui a fait une surprise.
Le gâteau en premier, alourdi de toutes ses bougies.
La famille est vraiment là.
Elle suit, tout sourire.
Une surprise.
Après le gâteau, une promenade, un café en terrasse.
Rideau.

Vendredi, journée calme.
Centre commercial le matin.
Elle m'anène où elle travaille.
Essayages, robes, chaussures....
Je me bats avec elle pour ne pas qu'elle m'offre quoi que ce soit.
Je perds, elle paye.
Du coup, je lui offre une tortue.
Pour remplacer celles qu'elle a perdu peu de temps auparavant.
Retour à la maison.
On est claquées toutes les deux.
En attendant d'aller à la plage, elle s'endort dans le divan et moi dans le hamac.
Trop tard finalement, on décide de continuer le shopping.
Sarouel et caches-coeur pour moi.
Rien pour elle.                                 

Le soir, on va manger chez les parents de Clo.
Je crois que nous ne serons que nous.
Finalement, nous sommes dix.
Huit qui ne parlent que l'italien, tenant plus du dialecte qu'autre chose.
Elle qui parle les deux.
Et moi, pauvre petite belge qui baraguine trois mots d'italien et rien d'autre.
La première heure, c'est amusant.
J'essaie de comprendre.
Après trois heures, je m'ennuie ferme.
"Je peux aller voir mes mails?"
Elle décide de venir avec moi.
Et nous nous esclaffons ensemble devant les imbécilités distrayantes qu'on m'a envoyées cette semaine.
Moment d'émotion aussi quand elle rempli les blancs d'un "Me connais-tu vraiment?"
Oh ça oui, elle me connait.
Larmes aux yeux. Mon coeur déborde.

Samedi, plage le matin.
J'aurai pas dû.
Coup de soleil, insolation, urticaire violent.
A la maison, je n'en peux plus.
Ca me brûle, me démange.
Je me plonge dans un bain froid pendant une heure.
Et, dans la foulée, vais me coucher, épuisée.
Je me réveille à 19h.
Je pars demain mais je suis sans force.
Manuela ira seule avec Clo boire un verre.
Je reste à la maison, fais mon sac et me prive de ma dernière soirée en sa compagnie.
Elle rentre quand je dors déjà.

Dimanche matin, levée 6h30.
L'avion est à 10h et il y a 50 min de route.
6h50, je les réveille.
7h30, on démarre.
Dans la voiture, je regarde par la fenêtre.
Je n'ai pas dit un mot.
Une vraie huitre.
Je ne veux pas partir. Je suis triste.
A l'aéroport, je dis au revoir à son papa.  
Nous passons au check-in.
Je lui achète un porte-clefs Tristy.
C'est comme cela que je me sens.
Je les ramène à la voiture.
Dis au revoir à Clo, au papa.
Merci pour tout, pour votre gentillesse, votre générosité.
Je me retourne sur elle, la serre très fort dans mes bras.
"Je t'aime ma belle"
Et je la pousse vers la voiture.
"Vas-y, reste pas là."
Elle me regarde..... et comprend.
Elle monte, la voiture démarre et ils s'en vont.
Je fais un geste de la main.....

Il me faudra attendre septembre maintenant.....

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Découverte

 

Comme je l'ai dit il y a quelques semaines, je regarde la nouvelle star. Et j'ai beau ne pas toujours être d'accord sur le choix des candidats, ceux qui partent, ceux qui restent, ou sur le choix des chansons et du jury, je regarde encore. J'ai bien eu une petite baisse de vigilance à un moment mais c'est presque fini et je voulais voir la fin.
Et savoir qui va gagner surtout.
Ce que je trouve comique dans cette émission, c'est qu'elle a beau être à la limite du ridicule parfois - comme toute émission de télé-réalité - il y a d'autres moments que j'oserai qualifier de "rares" (cela étant à prendre avec des pincettes bien évidemment).
La semaine dernière, c'était "Beat it", complètement revisité façon jazzy par Benjamin. Un seul mot: Classe!
Les poils qui se hérissent, un sourire sur les lèvres. J'ai adoré.
Dans la demi-finale de ce mercredi, deux de ces moments m'ont touchés. Le premier a été le duo d'Amandine et de Benjamin sur la chanson de Jean-Louis Aubert "Voilà, c'est fini". Chanson que je ne connaissais pas du tout. Chanson qui parle d'une rupture avec tellement d'amour.
D'ailleurs, honnêtement, c'est ce que je préfère dans la Nouvelle Star, qu'elle me permette d'entendre, de réentendre, de découvrir des morceaux.
Le second moment, c'est le "Rodéo" de Zazie façon Amandine.
Amandine qui, contrairement au début, ne me faisait plus autant vibrer. Mais là, dans ce crescendo très lent au départ, puis de plus en plus puissant, elle m'a collé des frissons. Jamais les paroles de ce morceau ne m'avaient autant frappée auparavant.
Du coup, j'avais envie de me faire plaisir... en voici donc les paroles.

Voilà c'est fini
J-L Aubert

Voilà, c'est fini
On a tant ressassé les mêmes théories
On a tellement tiré chacun de notre côté
Que voilà, c'est fini
Trouve un autre rocher petite huître perlée
Ne laisse pas trop couler de temps sous ton p'tit nez
Car c'est fini...hum, c'est fini

Voilà, c'est fini
On va pas s'dire au revoir comme sur le quai d'une gare
J'te dis seulement bonjour et fais gaffe à l'amour
Voilà, c'est fini
Aujourd'hui ou demain c'est l'moment ou jamais
Peut-être après-demain je te retrouverai
Car c'est fini...hum, c'est fini

J'ai fini par me dire qu'on éviterait le pire
Qu'il fallait mieux couper plutôt que déchirer
J'ai fini par me dire que p't'être on va guérir
Et que même si c'est non, et que même si c'est con
Tous les deux nous savons que de toute façon

Voilà, c'est fini
Ne sois jamais amère, reste toujours sincère
T'as eu c'que t'as voulu, même si t'as pas voulu c'que t'as eu
Voilà, c'est fini
Nos deux mains se desserrent de s'être trop serrées
La foule nous emporte chacun de nôtre côté
C'est fini...hum, c'est fini

Voilà, c'est fini
Je ne vois plus au loin que ta chevelure nuit
Même si je m'aperçois que c'est encore moi qui te suis
C'est fini...hum, c'est fini, c'est fini, c'est fini

 

Rodéo
Zazie

Rodéo, c'est la vie, pas le paradis
Rodéo, c'est la vie, pas le paradis

T'es tombé dans l'piège, cowboy, par le siège,
T'as misé sur le mauvais cheval ;
C'est ton premier cri et tout le monde applaudit,
Ça fait plaisir, mais ça fait mal…

Tu tombes sur maman, tu te dis finalement
Que t'aurais pu tomber plus mal ;
Et jusque-là, ça va, mais, cowboy, n'oublie pas
Qu'il est à bascule, ton cheval…

C'est du rodéo, c'est la vie, pas le paradis
Rodéo, c'est la vie, pas le paradis…

D'abord à quatre pattes, tu tombes, tu t'rattrapes
Et puis l'école, on peut pas dire qu'ça t'emballe,
Du coup, tu traînes dehors, cowboy, t'es le plus fort
Pour la défonce et la cavale…

Tu laisses ta famille et tu tombes les filles,
Qu'elles pleurent, tu t'en fiches pas mal
Une nuit, une heure, une seconde de bonheur,
Comme toutes ces pilules que t'avales…

Comme au rodéo, c'est la vie, pas le paradis
Rodéo, c'est la vie, pas le paradis…

T'es tombé dans le piège, le nez dans la neige,
En route vers le paradis,
Tu parles d'un héros, fauché en plein galop,
Et dire que tout le monde applaudit !

Tu tombes, tu te relèves, jusqu'au jour où tu crèves,
Tout ça pour tomber dans l'oubli ;
C'est fini, cowboy, fini, mais rassure-toi,
On peut pas tomber plus bas…

Rodéo… rodéo…

Rodéo, c'est la vie, pas le paradis
Rodéo, c'est la vie, pas le paradis…

On peut pas tomber plus bas, c'est la vie, pas le paradis,
On peut pas tomber plus bas, c'est la vie, pas le paradis

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Goodbye my lover

 

Did I disappoint you or let you down?
Should I be feeling guilty or let the judges frown?
'Cause I saw the end before we'd begun
Yes I saw you were blinded and I knew I had won
So I took what's mine by eternal right
Took your soul out into the night
It may be over but it won't stop there
I am here for you if you'd only care
You touched my heart, you touched my soul
You changed my life and all my goals
And love is blind and that I knew when
My heart was blinded by you
I've kissed your lips and held your hand
Shared your dreams and shared your bed
I know you well, I know your smell
I've been addicted to you

[x2]
Goodbye my lover
Goodbye my friend
You have been the one
You have been the one for me

I am a dreamer and when I wake
You can't break my spirit - it's my dreams you take
And as you move on, remember me
Remember us and all we used to be
I've seen you cry, I've seen you smile
I've watched you sleeping for a while
I'd be the father of your child
I'd spend a lifetime with you
I know your fears and you know mine
We've had our doubts but now we're fine
And I love you, I swear that's true
I cannot live without you

[x2]
Goodbye my lover
Goodbye my friend
You have been the one
You have been the one for me

And I still hold your hand in mine
In mine when I'm asleep
And I will bare my soul in time
When I'm kneeling at your feet

[x2]
Goodbye my lover
Goodbye my friend
You have been the one
You have been the one for me

I'm so hollow, baby, I'm so hollow
I'm so, I'm so, I'm so hollow
I'm so hollow, baby, I'm so hollow
I'm so, I'm so, I'm so hollow

 

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En direction du nord...

 

... ou la suite de mes aventures en Thailande :-)

J'en étais donc à mon varan sur les bords de l'étang à Ayuthaya.
Retour à la guest house. J'ai envie de remercier Toy et Mum pour leur accueil. Je me mets donc en quête de fleurs. Je fais tout le marché dans les deux sens et j'ai beau regarder partout, seul un vieux monsieur en vend. Je m'arrête donc chez lui et lui achète un bouquet. Rien qu'à voir sa tête, je me dis qu'il y a un problème mais bon. En retournant vers la guest house, je vois un français que je connais et, par acquis de conscience, je lui pose la question. A sa réponse, je comprends d'un coup la tête du monsieur qui me les a vendues.
Malheureuse, les fleurs sont pour Buddha et pour Buddha uniquement!!
Il me conseille un panier de fruits.
Bon ok, mais j'en fais quoi moi de mes fleurs?
Je finis par trouver quelqu'un qui veut bien les prendre pour les offrir à Buddha (les thaïs ont tous un autel à domicile) à ma place vu que je ne suis pas boudhiste. Back sur le marché, à la recherche d'un panier de fruits cette fois. Je m'arrête devant un étal superbe et je commence à essayer d'expliquer aux petites madames ce que je veux. Elles ne parlent pas un mot d'anglais, moi pas un mot de thaï, je vous dis pas.... J'suis pas là d'avoir mon panier, je vous le dis moi.
Les petites madames me regardent les yeux écarquillés, très attentives et tous sourires dehors mais ça fait pas avancer le bazar. Finalement, une jeune femme s'arrête à côté de moi et me demande dans un anglais incertain ce que je veux. Je lui explique et, YESSS, apparemment elle me comprend. Elle me dit de la suivre et m'emmène dans un dédale de rues minuscules jusqu'à un étal où il y a des fruits ET des paniers. Enfin, je repars avec ce que je cherchais.
Je rentre à la guest house, offre mon panier à Mum pour tout le monde et il est temps de partir.

Je prends mon sac et me dirige vers la gare. Comme l'année dernière, j'ai choisi de voyager en train de nuit jusque Chiang Mai.
Départ du train sur mon ticket: 20h19.
J'arrive à la gare, cool ici il n'y a que 4 quais. Vu que la majorité des annonces se font en thaï, ça va grandement me faciliter la tâche. Je vois un petit monsieur en uniforme, je lui demande donc sur quel quai je dois attendre. Il me prend mon ticket et me dit: "Pas de train à 20h19. Le train est à 20h45."
Ca commence bien, mon billet ne correspond pas à la réalité. Comme ce n'est pas ma première fois, je ne panique pas et m'assied tranquillement pour attendre. Il n'est que 20h, j'ai le temps.
20h15, 20h30, 20h45... et toujours pas de train... Enfin, si, des tonnes, mais pas le mien.
Aaaahhh, l'heure thaïlandaise n'est pas toujours ce qu'elle semble être.
Finalement, à presque 21h, mon train arrive enfin.
Le train de nuit est le moyen le plus confortable de faire des centaines de kilomètres en Thaïlande et permet d'aller du nord au sud en deux étapes. Chiang Mai-Bangkok et Bangkok-Hat Yaï.
Il a ceci de particulier que ses banquettes se transforment en couchettes la nuit, avec une banquette très confortable en-dessous et une espèce de couchette suspendue au-dessus qui se déplie. L'allée se trouve elle au milieu.
Ce ne sont pas, comme en Europe, des cabines fermées.
On y dort vraiment bien. Pour moi qui ne suis pas trop grande, même au-dessus ça reste confortable. Et, sans conteste, le mouvement du train berce.

Arrivée à Chiang Mai le lendemain vers 9h, je descends du train et, comme une claque, les souvenirs affluent. J'avais oublié à quoi ressemblait la gare mais là, d'un coup, je me rappelle mon arrivée l'année dernière. C'était la première fois que je voyageais dans ces conditions et, là, j'ai l'impression qu'il y a un siècle et des dizaines de voyages de ça. Je me sens beaucoup plus sûre de moi.
Sans hésitation, je traverse la gare et me dirige vers la sortie. Il y règne une grosse agitation, comme à chaque arrivée de train. Des dizaines de chauffeurs de tuk-tuk et de songteaw attendent le client. Ca se bouscule gentiment, chacun voudrait, avant les autres, avoir quelqu'un à transporter. Ajoutez les personnes qui sont là pour vanter les mérites de tel hôtel plutôt que tel autre, ça fait pas mal de monde devant l'entrée et, par conséquent, pas mal de bruit. Délibérément, je me mets à l'écart et je m'allume une cigarette, ignorant en bloc les uns et les autres. Ca ne loupe pas, après une ou deux minutes, y en a un qui s'amène. Il est sympa, a une bonne bouille et me demande un prix plus que raisonnable... c'est donc avec lui que je pars vers le centre-ville.

Et je m'arrête là pour aujourd'hui, suite au prochain épisode.....

 

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