Alexiane

Balade champêtre


Si jamais un jour tu passais par Royan, je te conseille de pousser un tout petit peu plus loin.
Prends la départementale vers Saint George de Didonne, puis vers Meschers que tu traverses.
Après Meschers, la route longe la côte par moment et, aux détours du chemin, la mer apparait de temps en temps.
Je dis la mer parce que nous sommes dans l'estuaire, pas vraiment sur l'océan. Ca n'enlève rien à la beauté de celle-ci, que du contraire. De loin, elle semble tout aussi bleue.
Tu n'es plus sur la départementale mais sur une route de campagne. Le paysage est vallonné et elle serpente paresseusement entre les collines. De chaque côté, régulièrement, tu vas voir des champs de tournesol qui colorent de leur jaune intense le vert des arbres, de l'herbe et des marais qui bordent l'estuaire. Si tu as de la chance et qu'il fait beau, tu pourras admirer leur grande corolle tournée vers le soleil en une sorte d'adoration muette. Sinon, elles seront courbées et offriront à ton regard leur dos affaissé, ce qui leur donne un air un peu triste même si leur grâce n'en est pas altérée.
Après quelques kilomètres, sur ta droite, apparait Talmont avec ses falaises crayeuses et, sur sa pointe loin dans l'eau, ses remparts que surplombe majestueusement son église.
Si jamais tu avais le temps, arrête-toi pour la visiter. On dit qu'elle est bâtie sur des forces telluriques et qu'elle est hautement énergétique. Pour cela, tu dois laisser ta voiture sur le parking, le village est entièrement piétonnier.
C'est une bonne idée, tu ne trouves pas? Je trouve ça tellement dommage quand il y a plein de voitures qui circulent en permanence. Ici, c'est calme, presque silencieux.
Pour arriver à l'église, il faut traverser tout le village et tu peux pleinement profiter de cette paix provisoire.
Laisse tes pieds te guider dans ses petites rues étroites bordées de vieilles maisons de pierre. Ici, pas de building, rien que des petites maisons. Et des fleurs. Des fleurs partout, de toutes les couleurs. Qui éclairent le monochrome des façades. Qui le soutiennent et le relèvent. Et des volets colorés eux aussi, en bleu souvent. De ce même bleu que tu peux voir en Provence, peut-être un ton légèrement plus clair. Tu le connais ce bleu? Pour moi, il est synonyme de chaleur, de pierraille, de garrigue et de cigales.
Quand tu as traversé le village, au bout du chemin, tu tournes à gauche et tu te retrouves face à la mer, sur le rempart. Approche-toi et penche-toi sur le rebord, n'aie pas peur. Allez, encore un peu. Regarde comme elle vient s'écraser sur la pierre, là, tout en bas. On a beau ne pas être directement sur l'océan, tu vois la force qu'elle met à se jeter encore et encore à l'assaut de cette muraille comme si elle voulait la briser?
Suis le chemin, longe le rempart et, après une nouvelle courbe, l'église se dévoile enfin, superbe. Non pas qu'elle soit très grande mais, si comme moi, tu y es sensible, tu sentiras cette sourde vibration qui émane d'elle.
Sur sa gauche, le rempart la contourne; elle est entourée d'eau, comme une presqu'île. Sur la droite, un vieux cimetière où d'anciennes tombes lézardent sous les rayons du soleil.
Si tu te penches encore par-dessus le mur à l'arrière, tu peux découvrir la falaise se mêler intimement au travail de l'homme. C'est très joli ce contraste entre le blanc des falaises et le gris-brun des pierres. Quelques rares touffes d'herbe et quelques fleurs y poussent, contre toute attente, ajoutant ici et là une touche bigarrée. Tout tout en bas, à fleur de mer, quelques trous d'eau servent de repère aux crabes qui jouent à cache-cache avec les yeux des curieux.
Rentre dans l'église si tu en as envie et, comme moi, assieds-toi dans la chapelle tout au fond. Il y est mis que cet endroit est pour la prière ou le recueillement. Même si tu ne crois pas, y méditer quelques minutes te remplit d'une douce paix et d'harmonie.
Quand tu te sens prêt, je te suggère de te remettre en route. Reprends ta voiture et dirige-toi vers Mortagne sur Gironde. C'est un peu plus loin, je sais mais ça vaut le détour, fais-moi confiance.
La route fôlatre avec la côte, rentrant dans les terres un instant pour mieux y revenir l'instant d'après. Elle monte et elle descend de plus en plus au fur et à mesure que les collines se font plus hautes et les vallons plus profonds. Dans une de ses courbes, tu peux voir sur ta gauche au loin la mer enchâssée dans un écrin de champs et de petits bois. La région est belle, très verte. Il y a le vert tendre de l'herbe, le vert mousse des arbres, le vert émeraude des marais, le vert un peu jaune de certains champs, le vert profond des vignes et tous ces verts se mélangent en une palette qu'un peintre rêve sûrement de posséder. Et, de temps en temps, le blanc des falaises miroîte au soleil en une touche lumineuse tranchante.
Quand tu n'y penses plus, tout occupé à boire des yeux la campagne environnante, tu entres enfin dans Mortagne. Traverse-le vite jusqu'au petit port. Là, à toi de choisir si tu veux y faire une pause ou non. Personnellement, je préfère m'y attarder au retour, m'asseoir sur une terrasse dans les derniers rayons du soleil couchant qui vient se refléter sur les flans des bateaux amarrés.
L'endroit que je veux partager avec toi se situe un peu plus loin, 800 mètres environ.
Tu veux y flâner un peu? Pas de problèmes, je te laisse en profiter tout ton saoûl. Je reviendrais un peu plus tard te guider pour la suite du périple. Prends ton temps, je ne suis pas pressée.
A tantôt alors.

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Là où tout est possible

 

Me voilà revenue de vacances.
Neuf jours passés en Charente Maritime dans un endroit "presque" imaginaire.
L'espace des possibles ça s'appelle.
Une révélation pour moi.
Un espace où, véritablement, tout ou presque est possible.

Arrivée le samedi, nous passons à l'accueil pour l'enregistrement.
Une femme s'approche, nous demande nos noms et des photos s'identité pour les badges.
Première surprise, tout le monde se tutoie ici, pas de formalités.
Sur la table dehors, un broc d'eau, des sirops, des biscuits.
Des chaises autour, un banc.
Alain est déjà venu, il connait ainsi que ses enfants.
Moi je regarde partout en sirotant mon verre de citronade.
Une fois passés à l'enregistrement, nous allons à la "Montagne" voir si il y a de la place.
Pas de chance, la terrasse qu'Alain convoitait est déjà prise.
Pas grave, après quelques hésitations, nous trouvons notre bonheur.
Installation des trois tentes, déballage de nos affaires.
Nous sommes à peine là que notre voisin nous salue.
La discussion commence.
Je vais vite me rendre compte que c'est tout le temps comme cela.
Les gens ici sont ouverts et parlent facilement.
Une fois installés, Alain me fait faire le tour de l'endroit en me montrant où tout se trouve.
Les noms mêmes y sont chouettes.
Nous sommes à la "Montagne", près de la "Guêpière", à côté de la piscine.
Pour aller manger, nous descendons, passons par la "Prairie"
Il y a également le "Miel", les "Acacias" et j'en passe.
Le soir tombe, nous mangeons et il m'explique comment va se passer la journée du dimanche.

Dimanche matin, c'est l'ouverture des activités.
Le principe de cet endroit est de proposer diverses occupations de tous types et de tous genres.
Le tout dans un libre échange.
Il y a donc des proposants qui mettent leurs compétences à disposition et organisent des ateliers
Puis des participants qui, comme moi, participent à ces derniers.
Et, ce matin, chacun présente son atelier et nous pouvons nous y inscrire.
Certains sont ouverts à tous, d'autres sont fermés.
Tout dépend de la continuité de ceux-ci.
Toute forme d'art y est présente; le chant, la peinture, la sculpture, la danse.
Le développement personnel sous toute ses formes.
Le bien être avec le yoga, le zazen, la méditation
Et j'en passe....
Le thème cette semaine est le massage.
Autant dire que je suis comme un poisson dans l'eau.
Je voudrais pouvoir tout faire, aller dans tous les ateliers.
Déception légère.
Je me rends très vite compte que je vais devoir faire des choix.
Beaucoup sont à la même heure dans des endroits différents ou se chevauchent.
Qu'à cela ne tienne, je vais prendre mes premiers choix, je verrais bien.
Cela fait, le reste de la journée je me balade, fais connaissance avec l'endroit.
Je ne suis pas habituée à cette ouverture, je me tiens un peu en retrait.
Mais je suis bien.

Lundi, mardi, mercredi se suivent et se ressemblent.
Debout très tôt, douche, petit déjeûner.
Premier atelier à 9h.
Et le suivant s'enchaîne au premier.
Ca m'occupe jusque 13h30.
Dîner, micro sieste ou repos.
Deux autres ateliers l'après midi.
Je termine à 18h.
Ca m'en fait de longues journées.
J'ai aussi réussi à porter Alain sur la plage une après-midi.
Mon premier aéro yoga sur un homme.
Et j'ai encore dépassé ma limite quand au poids maximum.
Petit à petit, je m'ouvre aux autres, me sens plus à l'aise.
Je croise les gens, leur sourit et leur dit bonjour.
Parfois, je m'arrête et discute un peu avec eux.
Je ne suis plus dans l'attente que les autres viennent à moi.
Je suis capable d'aller vers eux également.
Une victoire, petite certes, mais qui compte pour moi.
Mes ateliers sont sympas, je m'y plais bien.
J'ai fait la connaissance de certain(e)s d'entre eux.
Je partage un apéro avec deux, un repas avec trois, un moment avec un.
Je suis très peu seule.
Ca me change.

Jeudi, changement de rythme.
Je suis crevée et je ne peux pas me lever le jeudi.
J'ai loupé mon atelier du matin.
Tant pis.
A 10h30, nous partons Alain et moi faire du surf.
Enfin, lui surtout.
Nous remontons jusqu'à la côte sauvage.
Il me dit d'enfiler une combinaison qui fait à peu près la moitié de ma taille.
A peine arrivée à mi-cuisse, ça coince.
Morte de rire, je regarde Alain qui vient m'aider.
L'horreur! C'est comme un drainage lymphatique ce truc.
Ca monte mais ça me prend toute la peau avec.
Cela dit, une fois mise, je vous dis pas la silhouette.
J'ai l'impression d'avoir eu une liposuccion.
J'ai une taille fine, des cuisses de rêve, un cul galbé.
Waouhhhh! Je peux la garder dis?
On va jusqu'à la plage chargés comme des baudets.
Entre le sac avec les palmes et les cordes, les planches et nos affaires,
Ca fait lourd tout ça.
Une montée jusqu'en haut de la dune, une descente, nous y voilà.
Il a pris la petite planche pour moi.
Il m'explique ce que je dois faire et reste un peu près de moi.
Je lui dis d'y aller, je vais me débrouiller.
Une heure durant, je vais essayer de passer la crête des vagues.
A plat ventre sur la planche, je pédale encore et encore.
Et me prend des vagues et des vagues.
J'ai les cheveux devant les yeux,
Je me bois la tasse, un goût de sel sur les lèvres,
Et je bats des pieds, encore.
Mais malgré tout cela, je reste en deça de cette foutue crête.
Les vagues me laissent progresser de 20m pour me ramener inexorablement à mon point de départ.
Je n'arrête pas de rire.
Je pourrais dire que j'ai fait du "surf"
Nous rentrons crevés, j'ai mal partout.
 
J'ai un grand sourire, je suis heureuse.

Vendredi, c'est mon dernier jour.
Je vais à mon premier atelier pour la clôture.
Et dire au revoir au groupe qui m'aura accompagnée tout au long de la semaine.
On en aura fait du chemin ensemble.
Pour l'atelier suivant, je zappe.
Je reverrais le prof, on s'est promis de se revoir.
Je fais à manger le midi.
J'aime cuisiner et en profite un max.
L'après-midi, j'enchaîne les massages.
Un thai et trois aéro yoga.
J'ai porté Alain à nouveau, puis sa fille.
Juste à côté de la piscine.
Une des amies d'Alain nous a vu et me demande.
Je la porte en lui expliquant ce que je fais.
Puis elle essaye sur moi.
Je m'écroule en riant.
Le soir, apéro, douche puis Synergie.
La synergie, c'est un spectacle monté par les personnes ayant assisté aux ateliers.
Ils veulent partager leurs connaissances avec tout le monde.
Je suis scotchée, bluffée par le résultat.
Et ce qu'ont fait les ados est superbe.
Je suis comme une enfant, une fois de plus.
J'applaudis, je siffle, je fais des "waouh" et des "bravos"
Je termine la soirée au bar de nuit.
Je rentre demain et j'ai envie de danser avec mes nouveaux amis.
Puis leur dire au revoir aussi.
La soirée atteint son apogée avec un slow...
Ou deux, ou trois, je ne sais plus.
La tête me tourne.
Puis, doucement, lentement, je remonte jusque ma tente.
Rêver encore à tous ces moments si forts en émotion.


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Elle

 

Elle,
Je la connais depuis longtemps.
Depuis toujours en fait.
J'étais déjà là quand elle est arrivée dans ma vie.
Petite, elle avait parfois une moue boudeuse
Craquante à souhait.
De grands yeux bruns qui regardaient le monde alentour avec curiosité.
Nos rapports n'ont pas toujours été au beau fixe.
Il faut dire que quelques années nous séparent.
Si, adulte, ça n'a pas trop d'importance,
Enfant, c'est plus difficile.

Elle,
Je ne l'ai pas toujours fréquentée.
Nous avons longtemps été séparées.
Et si la vie nous a fait nous retrouver,
Ca n'a pas été pour le meilleur.
Pas au début en tout cas.
Plus grande, elle avait encore cette moue si caractéristique.
Et toujours ces grands yeux posés sur moi parfois.
Avec une lueur de défi ou d'interrogation.
Comme si elle se demandait
Ce que je pouvais bien faire là.
La différence d'âge restait une chose compliquée à gérer.
Deux mondes qui s'affrontent
Et ne se cotoient pas.

Elle,
Je l'ai perdue de vue des fois.
Quand, par mes choix, je me suis éloignée.
Quand je pensais que c'était mieux pour moi.
Comme je ne voulais pas me couler dans le moule
Que mes parents voulaient que je sois
Adolescente, je ne sais pas
Si elle a gardé cette adorable façon de bouder des lèvres
Même quand ses yeux continuaient de sourire.
Elle a cessé de me regarder
Et, pendant un long moment,
Les années ne nous ont plus séparées.
Je n'étais simplement plus là.

Elle,
J'ai fini par la retrouver.
Et, contre toute attente,
Elle que finalement, je ne connaissais pas
S'est trouvée là, devant moi
Quand j'en ai eu le plus besoin.
Ses lèvres avaient un vrai sourire
Et ses grands yeux m'ont regardé
Comme si elle me voyait pour la première fois.
Elle m'a aidée, écouté, épaulée,
Sans me juger.
L'âge, avec les années, avait perdu de son importance
Et nos mondes se sont rapprochés

Elle,
Je la trouve agaçante parfois
Mais amusante aussi
Elle me ressemble par certains côtés
Et, par d'autres, est mon opposé.
Elle a un humour très particulier,
Pince sans rire, sarcastique,
Qui me fait mourir de rire.
Nous avons de bons moments.
De ceux où la complicité qui nous lie est très forte.
Et où je me dis
Que c'est ma meilleure amie.
Puis, nous en avons de moins bons.
Où je ne sais pas quoi lui dire,
Ni comment me comporter,
Parce que c'est ça aussi la vie.

Elle,
Je ne sais pas ce que je ferai si elle n'était pas là.
Elle fait partie de moi.
Pas parce que c'est ma chair ou mon sang
Mais parce que j'ai appris à la connaitre
Et aussi à l'apprécier.
A lui reconnaitre beaucoup de qualités,
Que, souvent, elle ne voit pas.
Elle est là, bien au chaud, très souvent.
Même si on ne se parle pas,
Qu'on ne s'appelle pas.
Et je peux râler et tempêter parfois,
Elle je l'aime inconditionnellement
Parce que c'est ma soeur,
Tout simplement.

 

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Farniente, spiaggia, pasta e basta

 

Une semaine en Italie.
De retour chez Manuela, que je n'avais plus vue depuis des mois.
C'est qu'elle habite loin de chez moi ma jolie romaine.
Même si elle est tout près dans mon coeur.
Semaine de douceur, de chuchotements entre filles, de soleil, de moments sur la plage.
Pour une fois, elle était en vacances.
Nous avons donc pu passer tout notre temps ensemble.
Et c'est rare.
Et que c'était bon.
Je suis rentrée cette après-midi, le coeur un peu lourd d'avoir dû repartir.

Arrivée à Rome samedi soir passé.
Plaisir de la voir sur le parking de l'aéroport qui m'attendait.
Une petite heure de route pour rentrer chez elle.
Papotages.
On se raconte les dernières nouvelles.
Surprise à l'arrivée, elle a un chaton. Adorable.
Petit tigre efflanqué, un peu sauvage.
Bonjour à son papa, à son compagnon.
Manger, déballer mon sac, dodo.

Dimanche, on se lève. Petit déj toutes les deux.
Manu travaille aujourd'hui.
Le seul jour où elle va être occupée de la semaine.
Il fait chaud, il fait beau.
Nous savourons notre complicité retrouvée.
Et roulons les fenêtres ouvertes.
Nous arrivons au bar.
Je m'installe avec un bouquin.
De temps en temps, je lève les yeux et regarde les gens venir, boire un verre et repartir.
Il y a de tout. Tous les âges, tous les genres, tous les styles.
Le bar est près de la plage.
J'aime regarder les gens, ça m'amuse beaucoup.
Pas parce que je me moque mais parce que c'est coloré, bigarré.
Le soir, son homme nous emmène au resto.
L'après midi, Nootje m'avait envoyé un message sur le match de foot.
Avec ironie, je lui avais répondu: "Pas de match ce soir, pizza plutôt."
Arrivée au resto, que vois-je?
Un écran géant.
Et son homme de s'asseoir tout près, bien en face.
Notre rire à toutes les deux devant cette évidence.
Comme si un italien pouvait ne pas regarder un match de cette importance!
Il est absent, rivé à l'écran.
Et l'Italie perd. Le drame!

Lundi, lever, petit déj.
On va faire les courses.
Je retrouve les routes que j'ai parcourues les dernières fois où je suis venue.
Encore et toujours, après un croisement, une espèce de dépotoir sauvage.
Cimetière d'objets plus désirés, éventrés, désossés, éparpillés, entassés.
Avec une petite rivière tout à côté.
Et de grands arbres d'un beau vert moiré.
Je trouve un hamac que je m'empresse d'offrir à Manu.
Il faut dire qu'elle a une superbe maison avec une véranda non fermée qui permet de l'installer.
On rentre et on demande à son papa de nous l'accrocher.
Pendant ce temps-là, elle cuisine.
Bien. Très bien même.
Typique à l'italienne.
Plat de pâtes en entrée, viande ou poisson et légumes, fromages et fruits.
Deux fois par jour.
J'adore et mange de bon coeur.
Petite sieste dans le hamac.
Il est un peu trop tard pour aller à la plage.
Je lui propose d'essayer une séance de Fly yoga massage, sorte de massage acrobatique.
On se met dans le jardin.
Premier essai, elle tombe.
Deuxième essai, ça y est.
Elle est en équilibre sur mes pieds.
Finalement, on y arrive plutôt bien.
Premier mouvement, transition, deuxième mouvement.
Elle est comme une chauve-souris qui pend.
Mes mains glissent, elle tombe à nouveau.
Fou-rire.

Mardi, le rituel est placé.
Lever, petit déj.
On va chez sa soeur et sa nièce aujourd'hui.
Je fais leur connaissance.
Nous allons toutes ensemble à la plage en fin d'après midi.
Et l'endroit m'est inconnu.
Dès qu'on arrive, je vois une superbe maison.
Avec une véranda à l'aplomb de la plage.
Et un magnifique jardin.
De l'autre côté, c'est un terrain vague avec des planches pourries.
Elles sont jetées ça et là et forment une espèce de cabane.
Escaliers qui descendent, je vois la mer.
D'un beau bleu uniforme et d'une tranquilité presque immobile.
En arrivant sur la plage, il y a des pierres moussues.
Elles entrent dans l'eau.
Au bout se trouve comme un vestige de kiosque.
Une vague structure de bois perchée sur un rocher.
Il y a peu de monde.
Une fois installées, je regarde autour de moi.
Les gens qui bronzent, qui jouent, qui dorment, qui fument.
Deuxième séance de fly.
Plus réussie que celle de la veille.
Nous attirons les regards.
On nage, on profite.

Mercredi, c'est son autre nièce que nous allons chercher.
Un adorable bout de chou de 4 ans.
Qui babille, et babille, et babille encore.
Elle est adorable et très mignonne.
Plage à nouveau.
Nouvelle séance de fly.
Et toujours ces regards sur nous.
Curieux ou interrogatifs.
Le soir, le compagnon de Manuela joue au foot.
Tournoi régional.
Curieuse, encore et toujours, je regarde plus les gens que le match.
Le foot est vraiment un sport national en Italie.
Les jeunes, les vieux, les filles, les garçons.
Tout le monde est là.
Et l'ambiance est chaude, très chaude.
Ca crie, ça hurle, ça s'insulte à qui mieux mieux.
Tout cela dans une ambiance finalement bon enfant.

La suite demain.
Il est tard, trop tard.....
Bonne nuit.

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Jungle urbaine

 

Comme je le disais dans mon précédent post, plus de voiture sous-tend plus de marche. Et, hier, je n'ai pas du tout regretté ma décision (oui, je sais, ça viendra :-)).
Il faisait bon, il faisait doux, il ne pleuvait pas, je suis donc rentrée à pied.
Quand, au détour du chemin, je suis tombée nez à nez avec un animal pas banal sous nos contrées.
Tapi sous les arbres, il était là, calme mais près à bondir.
Voyez plutôt:

un zèbre

Plutôt originale la voiture non?

originale

Je la trouve même presque mignonne.... Et vous?

la voiture

La ville est une jungle....
Bonne journée.

 

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On aime ou pas...

 

... mais ça ne laisse personne indifférent. Un peu comme moi quoi!
De quoi je parle? De Jazz.

Hier soir, j'ai passé la soirée avec deux de mes amis. Rendez-vous pris avec Phil à une terrasse, nous quittons le boulot Nootje et moi vers 18h pour aller le rejoindre. Ensuite, nous allons manger au Noï, mon resto thaï préféré. La nourriture y est succulente, j'y retrouve - presque - toutes les saveurs de la Thaïlande que j'adore tant. Comme le temps est un peu mitigé, nous ne mangeons pas dans le jardin mais devant la porte vitrée grande ouverte. On nous propose même de prendre l'apéro dehors. Sympa. Même le personnel est chouette ici. Notre commande fait rire le serveur. Nous demandons chacun à notre tour avec le plus grand sérieux un curry rouge et lait de coco, mais avec trois accompagnements différents. Crevettes pour moi, boeuf pour Phil et poulet pour Nootje. Simple non? On se régale, c'est vraiment bon.
Petit dessert et café. J'ai l'attention attirée par un mouvement et je me retrouve littéralement fascinée par les allers et retours d'une minuscule araignée qui me semble bien stressée. Elle court, elle court, elle n'arrête pas. La pauvre. Rien qu'à la regarder, elle me fatiguerait presque.

Ensuite, nous nous dirigeons vers l'endroit où le concert a lieu. Ce n'est pas la première fois que mes deux compères m'entraînent à une live session de jazz. Ils sont vraiment fans. Moi je suis plutôt une néophyte, mes oreilles sont plus habituées au rock (avec une préférence pour le rock belge ces dernières années) qu'à ce que les puristes appellent "de la musique".
C'est la première fois que je viens dans celle salle. Au premier regard, j'en tombe amoureuse. C'est une ancienne gare revisitée sans pour autant la dénaturer ni lui enlever son charme d'antan. Bien sûr, il faut pour cela aimer les trains qui sortent du tunnel régulièrement, les arches en fer forgé, le modernisme couplé à la rusticité et à l'ancien mais moi j'adore. Il y a pas mal de petites salles de concert de jazz à Bruxelles et chacune a une âme différente mais celle-ci me touche vraiment. C'est de toute beauté. Voyez plutôt:

La Jazz Station (extérieur)

 

La Jazz Station (courette)

 

La Jazz Station (intérieur)

C'est pas beau? J'adore!

Nous entrons dans la salle, le concert a déjà commencé. Nous venons voir le Peter Hertmans Quartet. Inutile de vous dire que je ne connais pas, mais alors pas du tout. Le jazz pour moi c'est toujours une découverte, et pas toujours une bonne d'ailleurs. Mais je refuse d'être fermée donc j'écoute. On se prend des chaises, on s'assied et on regarde tout en écoutant. Comme à chaque fois pour moi, c'est un peu difficile au début. Question d'oreille. Le jazz nécessite un apprentissage pour l'apprécier et, parfois, je passe complètement à côté. Phil se penche sur moi et me glisse à l'oreille: "Heureusement que le batteur est pas trop mal sinon tu perdais ta soirée." Il a peur que ça ne me plaise pas et je m'en rends compte, ça l'empêche de savourer pleinement la musique. Je lui dis donc de ne pas s'occuper de moi et de se plonger dans les sons qui viennent de la scène.
Quand j'ai du mal à accrocher, j'aime regarder les gens. Une chose qui m'a toujours frappée dans ce genre de concert, c'est la diversité. Que ce soit en âge, en style, en classe sociale, le jazz touche tout le monde et, rien que pour ça, je l'aime. Il y a des jeunes, des gens d'âge moyen, des vieux. Il y a des classiques, des grunges, des branchés, des bobos. Il y a des couples, des gens seuls, des groupes de copains. De tout quoi. Et, quand la musique regroupe, l'énergie qui s'en dégage me scotche toujours. Je souris toute seule en laissant mon regard glisser sur la petite foule qui est présente. Et, petit à petit, la magie opère. Les sons deviennent mélodie, la mélodie me pénètre et m'emporte doucement. J'apprécie surtout le saxo baryton et la guitare, quoiqu'effectivement, le batteur n'est pas mal non plus, en tant que musicien s'entend.
Petite pause d'une quinzaine de minutes au milieu et je vois Phil plus détendu. Il a vu que ça me convenait, il va pouvoir vraiment se laisser aller à la seconde partie. Et, par la même occasion, moi aussi.

Le jazz, on aime ou pas, c'est un fait. Et, hier, j'ai aimé.

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Courte parabole

 

Un jour, un non-voyant était assis sur les marches d'un bâtiment avec un chapeau à ses pieds et un morceau de carton portant l'inscription : << Je suis aveugle, aidez-moi, s'il vous plaît. >>
Un publicitaire qui se promenait près de là s'arrêta et remarqua qu'il n'y avait que quelques centimes dans son chapeau.
Il se pencha et y versa sa monnaie, puis, sans demander son avis à l'homme, prit le carton, le tourna et y écrivit une autre phrase..
Le même après-midi, le publicitaire revint près de l'aveugle et vit que son chapeau était plein de monnaie et de billets.
Le non-voyant reconnut le pas de l'homme et il lui demanda si c'était lui qui avait réécrit sur son carton et ce qu'il avait noté.
Le publicitaire répondit : « Rien qui ne soit pas vrai, j'ai seulement réécris ta phrase d'une autre manière. », il sourit et s'en alla.
Le non-voyant ne sut jamais que sur son carton il était écrit : « Aujourd'hui, c'est le printemps, et moi je ne peux pas le voir »

 

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Belle déclaration..

 

"Notre relation est proche d'une addiction.
C'est comme le vindaloo je dirai....
C'est un plat indien, une sorte de curry très épicé.
Tu es piquant, irritant, excessivement présent et tenace, tu...
comme le vindaloo...
Et, quand on aime le curry c'est super mais, on a beau adorer ça, quand on en abuse ça vous arrache littéralement le palais et on souffre.
Et, ensuite, on est dégoûté du curry pendant très très longtemps.
Jusqu'au jour où on se réveille en se disant.... j'ai sacrément envie d'un curry... "

Je viens d'entendre ces quelques phrases dans une série télé et ça m'a frappé.
Moi qui adore utiliser tous mes sens en amour, ça me va droit au coeur et aux tripes...
Ok, je dirai que ce genre de relation n'est pas profitable, que la dépendance n'est jamais bonne mais... avouez...
ça fait rêver quand même un peu non?

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Prendre mes marques....

 

Et bien voilà...
Une nouvelle année, remplie de bonnes (?) résolutions, un nouveau blog - ou plutôt une prolongation de celui existant.
Je dois avouer que je suis un peu intimidée de me retrouver ici. J'y connais quelques personnes et, ô mon dieu, quelles plumes!
Vais-je pouvoir être à la hauteur?

Je suppose qu'il ne sert à rien de trop se tracasser. Arrivera ce qui doit arriver.
Juste pour situer un peu qui je suis, l'ancien blog se trouve
ici, avec toutes les photos anciennes et à venir.

Le sujet en cours parle de mon dernier voyage en Thailande et, alors que je tape sur mon ordi, on passe à la télé un film sur le tusnami de 2004. Depuis que je suis rentrée, tout me parle et me rappelle l'Asie, avec des émissions sur le Cambodge, le Laos ou le Vietnam ou encore la Thailande. Je me rappelle qu'à mon retour l'année dernière c'était pareil, du moins le premier mois. Peut-être est-ce simplement parce que je suis plus attentive, peut-être qu'inconsciemment je les choisis.
Cet épisode tragique me touche énormément. Depuis que je passe tous mes jours de congé là-bas, j'ai appris à connaitre et à aimer ce pays. Je suis tombée en amour deux ans auparavant et revoir ces images me bouleverse. Ce film me prend aux tripes.
La Thailande s'est bien reconstruite depuis mais une catastrophe pareille laissera toujours des traces, dans les mémoires tout au moins. J'ai entendu cette année que, depuis 2004, il y aurait une baisse du tourisme d'au moins 30%, particulièrement dans le sud et dans les îles. Je ne sais pas si c'est fondé mais j'ai trouvé qu'il y avait moins de monde cette année, même dans le nord. J'espère qu'à long terme tout rentrera dans l'ordre et que, sans sombrer dans le tourisme sauvage qui dévaste tout sur son passage, l'économie pourra se rétablir complètement.

Soit, tout ça pour dire que j'essaie de trouver mes marques sur ce nouveau blog sans pour autant oublier ce que j'ai commencé ailleurs...

 

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