La vita è bella
Jeudi c'est son anniversaire.
C'est aussi celui de Nootje qui, lui, est resté en Belgique.
Dès le réveil, je l'attrape dans mes bras.
La soulève, la fait tourner.
Un gros bisou bien claquant.
Un sourire.
Bon anniversaire Manuela.
On se regarde.
C'est simple le bonheur parfois.
Nous attrapons le téléphone.
Et nous appelons notre Nono.
Partager encore et toujours.
Il y a de la joie dans nos voix.
Ca tinte à mes oreilles.
Inutile de dire que je savoure chaque moment.
Après-midi à la plage.
C'est la première fois que nous ne sommes que deux.
On arrive, dépose nos affaires.
Direction la mer.
On barbote un peu.
Soudain, un mec et son chien.
Dans les escaliers qui descendent de la rue.
Le mec, grand, mince, nerveux, élancé.
Le chien, un berger allemand à poils longs.
Superbe, magnifique.
Manu rigole: "Tu parles de qui? Du chien?"
Ils arrivent sur la plage.
Ca ne fait pas un pli, le chien a une frousse bleue de l'eau.
Pendant une heure, je vais les regarder.
Lui, avec une patience infinie, va le porter dans la mer.
Dans ses bras, comme un bébé.
Et la pauvre bête, tremblante, va essayer d'en ressortir au plus vite.
Elle peine à nager, elle est pétrifiée.
Il la reprend et la ramène encore.
Et encore et encore.
Son dos n'est que marques de griffes.
Sans compter qu'il doit peser lourd l'animal.
Forte de la conviction qu'il ne me comprend pas, je dis:
"Me laisserai bien porter aussi dans ses beaux bras musclés."
Deux folles, deux gamines qui se pâment.
Le mec nous voit et se la pète un peu.
Deux nanas le zieutent, autant en profiter.
Il reste devant nous plutôt que de se promener sur la plage.
Et, sans se la jouer Aldo, ne se sent plus quand même.
Ca nous amuse.
On mate avec un plaisir certain.
Soudain, une voix.
D'en haut, on l'appelle.
Il sort de l'eau, rattache son chien et disparait dans l'escalier.
Autre décor, autre instant.
Le soir. Un resto japonais.
Manu aime ça et moi aussi.
On se fait une overdose de sushis, sashimis, makis.
Plus quelques autres gâteries.
Un tempura de légumes et de gambas.
Du riz farci.
Des raviolis.
Et un superbe vin blanc, fruité à souhait.
Un server m'a entendue parler français.
Il ne sait dire que "Bonjour!" et "C'est bon!"
Il va nous le répéter toute la soirée.
Ca me fait rire.
A un moment, Manu dit qu'elle voit les parents de Clo et son frère.
Je crois qu'elle rigole.
Je paie, on se prépare à partir.
Le server nous demande d'attendre.
La lumière s'éteint, j'entends les premières notes
Et je comprends.
Clo lui a fait une surprise.
Le gâteau en premier, alourdi de toutes ses bougies.
La famille est vraiment là.
Elle suit, tout sourire.
Une surprise.
Après le gâteau, une promenade, un café en terrasse.
Rideau.
Vendredi, journée calme.
Centre commercial le matin.
Elle m'anène où elle travaille.
Essayages, robes, chaussures....
Je me bats avec elle pour ne pas qu'elle m'offre quoi que ce soit.
Je perds, elle paye.
Du coup, je lui offre une tortue.
Pour remplacer celles qu'elle a perdu peu de temps auparavant.
Retour à la maison.
On est claquées toutes les deux.
En attendant d'aller à la plage, elle s'endort dans le divan et moi dans le hamac.
Trop tard finalement, on décide de continuer le shopping.
Sarouel et caches-coeur pour moi.
Rien pour elle.
Le soir, on va manger chez les parents de Clo.
Je crois que nous ne serons que nous.
Finalement, nous sommes dix.
Huit qui ne parlent que l'italien, tenant plus du dialecte qu'autre chose.
Elle qui parle les deux.
Et moi, pauvre petite belge qui baraguine trois mots d'italien et rien d'autre.
La première heure, c'est amusant.
J'essaie de comprendre.
Après trois heures, je m'ennuie ferme.
"Je peux aller voir mes mails?"
Elle décide de venir avec moi.
Et nous nous esclaffons ensemble devant les imbécilités distrayantes qu'on m'a envoyées cette semaine.
Moment d'émotion aussi quand elle rempli les blancs d'un "Me connais-tu vraiment?"
Oh ça oui, elle me connait.
Larmes aux yeux. Mon coeur déborde.
Samedi, plage le matin.
J'aurai pas dû.
Coup de soleil, insolation, urticaire violent.
A la maison, je n'en peux plus.
Ca me brûle, me démange.
Je me plonge dans un bain froid pendant une heure.
Et, dans la foulée, vais me coucher, épuisée.
Je me réveille à 19h.
Je pars demain mais je suis sans force.
Manuela ira seule avec Clo boire un verre.
Je reste à la maison, fais mon sac et me prive de ma dernière soirée en sa compagnie.
Elle rentre quand je dors déjà.
Dimanche matin, levée 6h30.
L'avion est à 10h et il y a 50 min de route.
6h50, je les réveille.
7h30, on démarre.
Dans la voiture, je regarde par la fenêtre.
Je n'ai pas dit un mot.
Une vraie huitre.
Je ne veux pas partir. Je suis triste.
A l'aéroport, je dis au revoir à son papa.
Nous passons au check-in.
Je lui achète un porte-clefs Tristy.
C'est comme cela que je me sens.
Je les ramène à la voiture.
Dis au revoir à Clo, au papa.
Merci pour tout, pour votre gentillesse, votre générosité.
Je me retourne sur elle, la serre très fort dans mes bras.
"Je t'aime ma belle"
Et je la pousse vers la voiture.
"Vas-y, reste pas là."
Elle me regarde..... et comprend.
Elle monte, la voiture démarre et ils s'en vont.
Je fais un geste de la main.....
Il me faudra attendre septembre maintenant.....
Par Alexiane, Lundi 30 Juin 2008 à 18:12 GMT+2 dans Coup de grâce (article, RSS)






