Alexiane

Des Blanche Neige dans la ville


Une bande de Blanche-Neige a pris possession de la Bourse de Bruxelles.
Nous sommes un samedi soir, tard.
Contrairement aux habitudes, le bâtiment est ouvert.
Brillamment éclairé.
Les grilles sont encore fermées quand nous arrivons.
Mais nous pouvons entr'apercevoir entre celles-ci deux ou trois mecs.
Ils attendent devant l'entrée.
Quelques minutes plus tard, ils les ouvrent.
Nous nous engouffrons à la suite d'une petite trentaine de personnes.
On nous délivre un ticket et, pour la première fois depuis que j'habite ici, j'ai l'occasion de pénétrer dans cet endroit.
La salle est immense.
De grandes colonnades, un plafond d'une hauteur vertigineuse.
Et, tout en haut, un dôme.
Dans la pièce, plus d'une dizaine de Blanche Neige.
Elles se déplacent, marchent, se croisent, se parlent.
Certaines se posent, boivent un peu d'eau, font semblant de dormir.
L'une d'entre elles tient un fusil mitrailleur.
Pourtant, aucune ne semble dangereuse.
Et elles nous ignorent superbement.
Les gens, curieux, déambulent au milieu du chaos qu'elles ont créé.
Des bouteilles en plastique et des boules de papier froissés jonchent le sol.
Une des Blanche Neige va régulièrement faire semblant de se cogner la tête contre un projecteur.
Les personnes présentes regardent ce tableau vivant, perplexes.
Interrogateurs.
Ou légèrement amusés.
Qu'a donc voulu dire l'artiste?
Quel message a-t-il voulu faire passer?
Qu'à cela ne tienne, le spectacle est sympa.
Et cela nous aura permis d'enfin entrer dans cet endroit mythique.

Blanche Neige 1

Blanche Neige 2

Blanche Neige 3

Blanche Neige 4

Blanche Neige 5

Blanche Neige 6

Blanche Neige 7

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Dans une autre vie


Programme de vacances de cette année: stage de massage
Antécédents: néant ou presque... enfin tout dépend si on peut appeler une initiation de trois jours une expérience dans le domaine
Yoga: jamais sauf si me contorsionner pour attraper la balle du chat sous le divan et les meubles peut passer pour du yoga.
Qi-Qong ou Tai-Chi: néant quoique rester longtemps dans la même position, ça je sais faire. Pour regarder la télé par exemple, ou encore m'étaler sur le sable au soleil.
Acrobatie ou autre préparation physique: euh... est-ce que marcher de chez moi à l'arrêt de bus ou grimper sur un tabouret préalablement assorti d'une pile de bd pour laver mes vitres, ça compte?

Bon ce questionnaire aurait dû me mettre la puce à l'oreille vous me direz. Eh bien non.
Forte de mon désir d'apprendre à faire du massage, je n'ai pas fait plus attention que ça. Puis je me suis dit que c'était pas grave, que j'apprendrai ça en plus sur place.
J'étais plutôt sportive étant jeune.
Oh, ça fait pas si longtemps que ça, n'exagérons rien. Une paire de dizaine d'années à peine. Rien quoi.
Soit, quelques échanges mailistiques plus tard, mon inscription était faite.
Il a l'air plutôt sympa le gars, et sa nana parle français, ce qui m'arrange. Pas que je ne parle pas anglais mais c'est toujours plus confortable dans sa langue maternelle.
La veille du départ, opération préparation du sac de voyage. Petit calcul rapide, 13 jours sur place, il me faut donc au minimum une dizaine de tenues pour pouvoir faire face. Plus assez de sous-vêtements, des chaussettes, des chaussures. Bon, en Grèce fin septembre, il devrait faire chaud. Tenues d'été de rigueur mais je rajoute un ou deux pulls, on ne sait jamais qu'il ferait frais en soirée. Je mets encore une trousse de toilette, un peu de maquillage et mon sacro-saint sèche-cheveux sans lequel je ne peux pas survivre.
Eh oui, je suis une citadine moi, une vraie de vraie.
Bilan: on n'y glisserait plus un cheveu. Je pars deux malheureuses petites semaines et j'ai un sac plein à craquer.
Je sors tout, fais un second tri, remets ce que je juge utile mais mon sac reste pas mal plein et, surtout pas mal lourd.
Tant pis, au moins je suis couverte. Quoi qu'il arrive, j'aurai de quoi faire ainsi.
J'allume mon ordi pour lire mes derniers mails et prendre note de la route.
Parce que c'est pas tout ça d'arriver à Athènes. Une fois là-bas, je suis loin de ma destination finale.
Donc, consciensieusement, je note.
Le matin suivant, très tôt, débarbouillage, empoignage du sac qui peine à s'arracher du sol, une caresse au chat et me voilà partie.
Tram jusque la gare, train jusqu'à l'aéroport et avion jusqu'à Athènes. Tout ça en courant parce que, comme d'habitude, je suis loin d'être à l'avance. C'est ma marque de fabrique diraient certainement ma soeur et mes amis. Toujours à la bourre la fille.
Le trajet se passe sans trop d'accroc, j'arrive enfin à Athènes. Et, comme disait mon père, c'est là que les romains s'empoignent. D'abord, trouver mes notes. Je cherche dans mon sac à main, nada. Mais où ai-je pu foutre cette bon dieu de feuille? Je trouve un petit coin tranquille, opération fouille du sac. Rempli comme il l'est, je vous dis pas. Enfin, après une demi-heure de recherches de plus en plus énervées et, surtout, paniquées, j'arrive à mettre la main dessus. Je l'avais consciencieusement déposé dans la poche latérale pour pas le perdre ni l'oublier.
Alors, si je comprends bien ce que j'ai écrit, faut que je trouve la gare qui est juste à côté de l'aéroport, prendre un train jusqu'à un bled puis un autre jusque Evia. Et là, on vient me chercher en voiture.
Facile me direz-vous. Ben tiens. Dans un pays où tout le monde ne parle pas forcément anglais et où l'écriture n'est pas la même que la vôtre. Puis, c'est la première fois que je pars toute seule, sans agence, sans amis.
Allons, on ne se décourage pas. J'arrive à hisser le sac sur mon épaule et me voilà partie vers la gare.
"Fais confiance à ton sens de la débrouillardise" sont les mots qui tournent dans ma tête.
Et, de fait, ça marche. Je trouve un train qui m'anène directement à ma destination finale sans devoir en changer.
Deux heures de trajet, dans un décor époustouflant. On longe la côte de temps en temps, à flanc de montagne parfois. Ca tourne sec souvent, on se croirait dans les montagnes russes... la vitesse en moins quand même.
Une fois à Evia, je descends du train, sors de la gare et j'attends.... et j'attends.... et j'attends...
Les minutes puis les heures tournent. Est-ce que je suis bien à la bonne gare? J'ai soudain comme un doute.
Un peu plus loin, une autre nana attend elle aussi. On se regarde en chiens de faience pendant de longues minutes.
Finalement, je me lance et lui demande si elle attend aussi après la même personne que moi. Yes! Je ne me suis pas trompée.
Enfin, une voiture arrive, s'arrête et deux mecs en descendent avec le look post hippie des années 70.
Un grand sourire aux lèvres, ils s'avancent vers nous deux, se présentent et nous disent de monter dans la voiture.
Un des deux prend mon sac, le soulève, me regarde, dit quelque chose à l'autre et ils se marrent.
Mouais, j'ai peur de comprendre.
Dans la bagnole, ils me disent que la session de cours prévue a été un peu modifiée. Comme les autres inscrits se sont désistés, je suis la seule à suivre la formation. Ils ont bien été tentés de me prévenir et d'annuler mais, comme ils estiment que c'est une grande chance, ils ont décidé de ne rien me dire, de me laisser venir et de me laisser le choix.
Je peux évidemment ne pas la suivre et rester en vacances mais ils me répètent encore et encore à quel point j'ai de la chance de pouvoir étudier en tant que seule élève.
Comme je suis là, je me dis qu'ils ont raison et décide de ne rien changer, de suivre les cours comme prévu.
Je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait......

On arrive à la "maison" et, de suite, je comprends ce qui les faisait marrer. Elle est complètement isolée, au milieu des champs et des bois. Il y a tout au plus une dizaine de maisons dans les environs. Je ne vais pas avoir des masses de raison de me fringuer ici.
On me présente à mon prof et, d'emblée, il m'explique comment il voit les choses.
Debout à 5h45, méditation de 6h à 7h, Qi-Qong - Tai Chai ou Yoga jusque 8h30. Déjeûner jusque 10h. Cours jusque 14h. Dîner jusque 16h. Cours jusque 19h. Souper à 20h. Et, dans la foulée, il me conseille de me coucher tôt vu l'heure du lever.
Tout ça pendant 12 jours d'affilée. Normalement, il y a un ou deux jours de libre au milieu mais vu que je ne reste que 13 jours, on verra si j'apprends vite ou pas, mais je risque de ne pas avoir la possibilité d'avoir un seul jour.
Tout ça avec un grand sourire.
Et il me répète encore une fois quelle chance j'ai de pouvoir étudier dans ces conditions.
Moi, là, je ne sais plus trop. C'est comme si il venait de me mettre un coup à l'estomac. Je ne voyais pas du tout les choses comme ça. Je secoue la tête, un peu sonnée et lui répond: ok.
Je comprends aussi que, non seulement la plupart de mes fringues sont inutiles mais mon maquillage et mon sèche-cheveux sont du plus haut ridicule dans cet endroit.
Je suis complètement larguée, hors de mon environnement familier. Je me sens comme un poisson hors de l'eau.
Je monte dans une des chambres défaire mon sac et m'installer dans un flou artistique et, après avoir mangé, je vais me coucher.

Premier jour, je me lève, comme un bon petit soldat à 5h45 pour aller méditer. Tout un programme.
Déjà, méditer pour moi, ça veut dire s'asseoir sans bouger point. Que nenni. L. me donne toute une série d'explications sur le pourquoi du comment, ce qu'on peut ressentir, ce qu'on peut ou ne pas faire, comment s'asseoir, etc etc.
Ah, et bien sûr, pour profiter des bienfaits du truc, on va faire ça dehors. Sauf que dehors à 6h du mat', assis par terre, il fait froid. Je comprends mieux pourquoi il est super habillé et avec une grosse couette. Il aurait pu me prévenir hier. Je remonte chercher une couverture, un pull, et un coussin et m'installe. Une heure comme ça, sans bouger, c'est long. Très long. Faut penser à rien a-t-il dit, laisser les pensées nous passer à travers. Facile à dire. Puis, il ne faut pas faire attention à ce qui passe autour, nous sommes comme des enregistreurs, on entend mais on interagit pas. Ca aussi, c'est facile à dire.
Et quand les moustiques nous tournent autour, on fait quoi? On se laisse dévorer gentiment en respirant profondément?
Aie, j'ai ma jambe qui dort, je ne sens plus rien jusqu'à ma fesse. Est-ce que je peux me déplacer un chouia pour avoir à  nouveau le sang qui circule? Zut, c'est pire. Maintenant, c'est comme si on m'enfonçait des millions d'aiguilles partout.
Cahin-caha, l'heure passe et, enfin, on peut bouger. L. me demande comment je me sens. Je sais pas trop quoi lui répondre.
On enchaine directement avec le Qi-Qong. En gros, c'est comme du Tai-Chi encore plus lent et avec des mouvements plus petits. Pour moi, c'est un peu de l'ordre du concept ce qu'il m'explique. J'ai beau m'appliquer, je vois pas toujours trop bien où il veut en venir. Une heure trente comme ça, mouais....
Enfin, après tout ça, j'ai le droit d'aller déjeûner. Je crève de faim et je suis déjà lessivée. J'ai l'impression d'être dans un camp d'entrainement militaire.
10h, le cours de massage commence et, avec lui, le vrai entrainement digne d'un GI. Pendant 4h, après m'avoir montré une fois, il va me faire refaire encore et encore les mêmes mouvements jsuqu'à l'overdose. A la fin, je suis moulue. Et dire qu'il reste encore 3h de cours en fin d'après midi....
A 20h, j'avale mon souper dans un état second et à 21h, je dors comme un bébé.

Je ne vais pas raconter les 12 jours un par un, ça n'aurait pas grand intérêt. Le plus drôle étant le premier jour, voire le second. Après, comme tout le monde, je me suis acclimatée.
La méditation a pris sa juste raison d'être ainsi que le Qi-Qong. Et, si les cours m'ont pas mal malmenée, je dois reconnaitre que ça m'a surtout fait beaucoup de bien finalement.
Un épisode de méditation me revient: à force de me répéter que je devais être imperméable aux événements extérieurs, une des séances avait été une vraie torture puis une vraie victoire quand le chien de la maison est venu minutieusement me lécher tout le visage pendant un long moment. Et moi, toute fière, je le laisse faire en me détachant un maximum. Je raconte ça à mon prof après la séance et lui me dit simplement "fallait le chasser". J'ai éclaté de rire.
Quand aux cours de massage, mon corps a pas mal rouspété au début. Au point que le 3eme jour, je ne savais plus bouger. Complètement bloquée la nana. C'était plus un torticolis mais quasi tout le haut du dos qui ne bougeait plus. Je suis descendue comme un robot voir mon prof après avoir zappé la méditation et lui expliquer que je ne pourrais pas faire de massage. Il m'a regardée et d'un ton docte m'a répondu que les douleurs étaient des messages que mon corps cherchait à me faire comprendre. Que ça ne servait à rien de ne pas travailler, qu'il fallait que je dépasse cette douleur et que mon corps s'acclimaterait. Je dois vous avouer que, sur le moment, j'ai eu une furieuse envie de le gifler. N'étant pas d'une nature belliqueuse hors de mon environnement familier, j'ai commencé le cours en pleurant pour me rendre compte qu'une fois à chaud, la douleur disparaissait bien.... pour mieux revenir une fois à froid. Ca a duré quelques jours puis ça s'est arrêté.
Faut croire qu'il avait raison.

Aujourd'hui, je rigole quand je repense à cette expérience et, si j'ai vécu tout ça de près, je comprends mieux le décalage que j'ai dû représenter pour eux.
Maintenant, des années plus tard, j'ai pris l'habitdue de voyager en sac à dos avec le minimum possible, dans des conditions parfois un peu imites. il est certain que si j'ai un jour la chance d'y retourner et de les revoir, les choses seront sûrement différentes.

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Comme une feuille dans le vent


Beaucoup de boulot ces derniers temps
Et l'automne qui, doucement, s'installe
L'envie d'hiberner
Comme chaque année
Un peu marmotte en hiver
Un peu lézard en été

Ce n'est ni le blues
Ni de la mélancolie
Plutôt l'envie
De se laisser porter
Au gré du vent
Et de la pluie

Métro-boulot-dodo
Certains jours
D'autres soirs
Ce sont des activités
Comme la danse
Qui rythment mes soirées

Puis mes vendredis
Et mes week-end
Rien à faire
Sinon profiter
De la vie
De ma journée

Tout ça pour dire
Ou ne rien dire
Parler de mon absence
De mon manque de présence
Dans cet endroit
Qui n'appartient qu'à moi

Mais qu'avec plaisir
Avec vous qui me lisez
Je partage
Parfois souvent
Ou plus rarement
Comme en cet instant....

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Tournez manège


Dès le matin au saut du lit,
A peine le réveil a-t-il sonné
Qu'elle apparait à mes côtés
La tête embrumée
Je me traine jusqu'à la salle de bains
Il me faut me doucher
Pour secouer les idées
Noires
De mes nuits blanches
Et me réveiller tout à fait
Elle, elle est reste là
Où que je sois
Sorte de couche invisible
Collée serrée

Mes ablutions terminées
Mon cerveau lent
(Cerf-volant?)
Se met à tourner
Lentement, doucement
Mais sûrement
Tandis que je me rends
Vers mon lieu de travail
(Torture?)
Journalier
Elle est encore là
Murmurant,
Susurrant
Je l'entends
En permanence

Après un long trajet
Tram - Métro - Tram
Ou tram - métro - bus
Suis-je chanceuse
Tout de même
D'avoir autant de choix
De moyens différents
De transports en communs
Pour un seul chemin
Que, le soir une fois tombé,
En sens inverse
Je reprendrai
Mais seule je ne suis pas
Elle est toujours là
Parfois très proche
Puis, de temps en temps
Un peu plus lointaine

Enfin arrivée
Faire tourner la clef
Ouvrir la porte
Allumer mon pc
Prendre les appels
Gérer mes priorités
Résoudre les problèmes
Mes collègues aider
A midi manger
Sur le web surfer
Ma messagerie consulter
Vivre la journée
En regardant l'heure tourner
Essayer aussi
De l'ignorer
Parce que minute après minute
Sa présence se fait sentir

Mon boulot terminé
Re-belote les transports
Ou, parfois, le train
Pour changer
Petits courses
Pour le souper
Ou le dîner
Si vous êtes français
Que je vais préparer
Une fois rentrée
Manger devant la télé
Fiction ou réalité?
Choix cornélien
Surtout la chasser
Elle, encore elle
Qui me parle à l'oreille

Enfin l'heure de se coucher
Dans mes beaux draps frais
Qui sentent bon
Le soleil d'été
Douceur et volupté
Comme un chat
Je m'étire et me glisse
Pose ma tête sur l'oreiller
Laisse mes cheveux m'entourer
Délicatement me caresser
Le visage, les yeux, le cou
Entendre mon chat ronronner
Lui aussi aime se coucher
D'une main agacée
La chasser
Elle qui est toujours là
Dans un coin de mes pensées

Les yeux fermés
Je me laisse dériver
Dans les bras de Morphée
(Quelle chance qu'il soit homme!)
Et l'exhorte à se taire
Elle, la voix dans ma tête
Filet ou hurlement
Qui me parle en permanence
Me fait peur
M'oblige a reculer
Alors que tout ce que je veux
Moi
C'est avancer
Elle qui me hante

Elle
La voix du doute

Fais-je bien de vouloir tout changer?

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J'aurai pu écrire...


Natalia est jeune, très jeune
Elle est jolie aussi Natalia
Dans le grand hall de cet hôtel
Tout autour d'elle
Le luxe l'écrase de sa splendeur
Elle est assise sur un banc
En compagnie de ses soeurs
D'infortune
Et elle attend

Elle attend Natalia
Le prochain client
Alors que le précédent
Vient à peine de partir
Assise sur ce banc
Elle attend qu'on lui présente
Ce nouvel homme blanc
Qu'elle devra satisfaire
A peu près une semaine
Rarement plus
Rarement moins

Elle est sagement assise Natalia
Avec ses soeurs d'infortune
Elle leur parle, leur sourit
Pour oublier le temps
Ce qu'elle fait ici
Gagner de l'argent
Pour nourrir sa famille
Ou se payer des études
En jouant à être
L'espace d'un instant
La petite amie
D'un de ces clients

Elle a peur Natalia
Assise sur son banc
Peur que cette fois encore
Il ne soit trop vieux
Trop gros, trop laid
Peur que ses doigts boudinés
Ne blessent sa peau
Si douce et si tendre
Peur que petit à petit
Elle n'oublie
Ce qu'elle fait ici
Qu'elle se retrouve coincée
Sans autre nulle part où aller

Elle est triste Nathalia
Celui-ci est arrivé
Et, malgré qu'elle ait prié
C'est elle qu'il a choisie
Alors elle se lève Nathalia
Les yeux tristes
Et le coeur lourd
Elle le suit
Comme une bonne petite amie
Elle entre dans sa chambre
Sans un mot
Elle s'allonge sur le lit
Ferme les yeux et supplie
De se réveiller
Loin, très loin d'ici.

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Images dérangeantes d'une société malade


J'ai vu hier une émission de télé qui m'a un peu choquée.
Pourtant, pour me choquer, faut déjà se lever tôt.

L'émission montrait un hôtel au Mexique si je me rappelle bien (ou à Cuba, mais c'est du pareil au même) où, pour une somme relativement élevée, des hommes pouvaient non seulement s'offrir le gîte et le couvert mais également une compagnie. Celle-ci étant choisie le premier jour au terme d'un "casting" qui étale les filles comme un morceau de viande dans un étal de boucherie.
On y voit par exemple un homme arriver. Une femme s'entretient avec lui puis rassemble les filles et les fais asseoir face au gars. Elle leur explique qu'il est déjà venu un an auparavant et qu'il va rester une semaine. Puis, se tournant vers lui, elle lui présente les filles: "Elle c'est N. Elle vient de X., elle est douce et gentille."
Et ainsi de suite pour chacune d'elles. Ensuite, les présentations faites, le type en choisit une et les autres d'applaudir... Peut-être de joie de n'avoir pas été choisies.

Il va de soi que ce n'est pas nouveau. Le tourisme sexuel existe depuis déjà bien longtemps.
Pour avoir été en Thaïlande quelques fois, j'ai même pu le constater de visu.
Mais aller jusque là, franchement, c'est du grand n'importe quoi.
Et accepter qu'on filme en prime, qu'on expose au grand public la location de personnes comme sur un marché aux bestiaux me laisse un goût de cendre en bouche.
Ca donne aussi une idée de l'impunité dont jouissent les propriétaires de cet endroit.
Voir et entendre ces pauvres filles parler de leurs clients qui ont pour la plupart le double voire le triple de leur âge et de leur poids.
Les entendre dire que le plus dur est de se réveiller à leurs côtés alors qu'ils sont en train de les tripoter voire pire encore... 
Les entendre raconter que, à peine le précédent est-il parti, le suivant arrive...
Voir la tenancière ou la "coach" des ces nanas leur expliquer comment elles vont devoir se plier à tous les caprices de ces messieurs, leur faire plaisir, veiller à les satisfaire à tous les niveaux.
Et, ironie suprême, entendre ces messieurs dire qu'ils cherchent l'amour...
Comment peuvent-ils se réfugier derrière ce "je cherche l'amour" alors qu'ils sont dans une relation tarifiée et que, visiblement, ça ne les chatouille pas plus que cela moralement?
Comment quelqu'un peut-il délibérément vendre quelqu'un d'autre de cette façon?
Je sais que la prostitution existe partout et que, souvent, il y a des gens qui en profitent mais cet étalage me révolte.

En Thaïlande, les filles qui accompagnent les mecs le font souvent de leur propre chef. Elles sont libres de choisir. Et elles recherchent l'homme blanc "riche" qui les entretiendra voire les épousera pour les sortir de leur misère.
Ici, elles n'ont aucune liberté. Elles sont tayables et corvéables, et doivent se plier aux règles de la maison.
Quand au mecs qui fréquentent ce genre d'endroits, j'ai du mal à les regarder comme des hommes à part entière.
Leur misère sexuelle et/ou affective n'excuse en rien leurs actes.
Tant qu'il y aura des consommateurs pour cette forme de tourisme, il existera des hôtels comme celui-là.
Et, dans un société de consommation comme la nôtre, malheureusement ce genre de chose se développe de plus en plus, dans les pays pauvres surtout, que ce soit en Amérique Latine, en Asie ou dans les pays de l'Est.
Je sais que la prostitution est un mal nécessaire ( et encore, est-ce si vrai?) et je ne suis ni bigote ni étroite d'esprit mais je préférerai que ce soit un choix et non un esclavage qui, finalement, profite plus aux autres qu'à la fille qui donne pour un salaire de misère ce qu'elle a de plus précieux: sa dignité et son respect d'elle-même...

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Faites du sport qu'ils disaient


Il y a quelques temps déjà, un ami qui fait du surf m'a gentiment proposé de me donner un cours d'initiation.
Un peu mitigée, j'ai néanmoins accepté de tenter l'expérience.
Que ceux qui croient que le surf c'est fun lisent la suite.
Je croyais aussi qu'il suffisait de se mettre debout sur une planche et se laisser porter. Que nenni!
D'abord il faut sortir le matériel de la voiture. En gros, ça veut dire: les palmes (pour moi qui suis une débutante), les attaches qui relient la planche à la personne, les combinaisons (parce que l'eau est pas chaude chaude et qu'on y reste longtemps), les essuies de bain ou paréos (pour après), les planches (trois en l'occurence, une pour moi, deux pour lui), la cire pour ces dernières et je dois sûrement oublier un ou deux petits trucs.
Comme nous ne sommes pas tout au bord de la mer, mon pote me propose d'enfiler les combis près de la voiture pour avoir plus facile et ne pas devoir porter du poids en plus. Parce que tout le matos là, mine de rien, ça pèse... et pas qu'un peu.
Sans compter que c'est encombrant des planches.
Chance pour moi, le copain a une combinaison à ma taille. Qu'il me dit. Parce que, en la prenant en main, je me rappelle subitement que ni sa fille ni son amie n'ont ma corpulence. Elles, ce serait plutôt le genre petites, menues et filiformes. Alors que moi, des rondeurs j'en ai. Bon, pas trop quand même. Mais un peu. Plus qu'elles en tout cas. Et je suis plus grande aussi. Et plus large d'épaules.
Tout en tenant la combi devant moi, je le regarde et je le lui dis. "T'es vraiment certain que je rentre là-dedans dis? Ca me semble vachement petit moi."
"Oui, oui" qu'il me répond, "t'inquiète pas, c'est élastique"
Pas contrariante, je passe un pied, puis l'autre et, centimètre par centimètre, j'enfile ce truc. Je me sens comme un éléphant qui voudrait rentrer dans un tutu ou encore comme une nana voulant à tout prix un jean taille 38 alors qu'elle fait du 42. Mais j'y mets de la bonne volonté. Bon, j'ai l'impression de subir une liposuccion, ça me tire la peau vers le haut, ça fait un pli de plus en plus gros, ça bouloche mais faut ce qu'il faut. Et, lentement, ça passe. Jusqu'à mi-cuisses du moins.
Parce que là, ça coince. Plus moyen de la bouger d'un millimètre.
Je ne sais pas si quelqu'un a déjà eu l'occasion de passer ce genre de vêtement mais moi je peux vous dire que c'est pas évident. Le tissu est certes élastique mais très épais. Puis un peu caoutchouteux, ce qui ne facilite pas les prises. Alors tirer dessus, je vous raconte pas. Sans oublier qu'il fait à peu près 30° et que, petit à petit, sous l'effet conjugué de l'agacement et de la chaleur, je transpire de plus en plus. Ce qui rend les choses encore plus difficiles.
Tout à coup, j'ai la sensation que le tissu est vivant. Il m"échappe, me glisse des doigts, je n'arrive plus à assurer les prises.
Je suis obligée de garder les jambes serrées parce que la combinaison est coincée à mi-hauteur. Je tangue un peu.
"Eh, aide-moi. J'arrive pas à la faire monter plus. Ca passera pas j'te dis", je lui crie.
Il se retourne, me regarde et sourit. D'un sourire un rien moqueur d'ailleurs.
"Mais si, attends, je vais t'aider."
En le regardant, je ne sais pas si je dois rire. Je me vois dans ses yeux et c'est vrai que c'est cocasse quelque part.
Je ne suis pas très élégante là, les genoux serrés, engoncée à moitié dans ce machin en néoprène, un peu pliée vers l'avant, en équilibre instable, toute rouge et échevelée.
Mon pote arrive près de moi, il attrape fermement la combi et d'un coup sec, tire vers le haut. Il me décolle du sol ainsi une fois, deux fois, trois fois. Je sens ma peau qui coince avec ce pli qui s'est formé et le tissu qui essaie de se forcer un passage. Ca tient du drainage lymphatique maintenant. Je me mets à rire franchement, c'est d'un ridicule.
Heureusement que je sais me moquer de moi-même.
Une dernière secousse, mes pieds quittent la terre une fois de plus et, miracle, elle est passée et me ceint la taille, les manches pendant de chaque côté.
Je lui dis merci et me dirige vers l'arrière de la voiture pour regrouper le matériel à prendre.
A un moment, mon regard accroche mon reflet dans la peinture et je m'arrête net. Waouw! L'effet lipo perdure une fois la combi enfilée. Mais je suis superbe avec ce truc! J'ai les cuisses fuselées, le ventre plat, les fesses hautes et rebondies et une taille de guêpe. Je comprends de suite mieux pourquoi certaines nanas se mettent des collants spéciaux qui donnent ce résultat. Comme dans une pub qui passe pour le moment, je n'arrête pas de tourner devant l'image que me renvoie la carosserie de la bagnole. Mon ami est mort de rire derrière mais je m'en fous.
C'est pas tous les jours que j'ai cette ligne-là. Ca vaut bien la torture que je viens de subir.
Mon copain s'essuie les yeux et me dit: "Bon ben, c'est pas tout ça mais faudrait y aller."
On se charge alors de tout le matériel, les deux grandes planches pour lui, la petite et le reste pour moi, et nous nous mettons en route pour la plage.
Pas de bol, pour y arriver, faut monter une dune. En maillot de bain, les mains vides, ça serait super mais là, je crève. Il est midi, c'est en plein soleil, la combi me donne l'impression d'être une dinde dans un four, c'est lourd, on se traine. En plus, on marche dans du sable et le sable, quand tu es chargé, ça aide pas. On se regarde et on halète comme des boeufs en avançant péniblement. Je pige mieux pourquoi les surfeurs sont tous musclés avec des corps de rêve.
Enfin, on y est. Sur la plage, près de l'océan.
Les vagues ne sont pas trop hautes mais très rapprochées. Ca a l'air de secouer mine de rien.
Mon pote m'explique les règles de base: Toujours regarder les vagues pour ne pas avoir de surprises, attention à ne pas se prendre la planche sur le nez, surveiller les autres surfeurs, et j'en passe. Il me dit aussi qu'il va me donner la petite planche: "Ne rêve pas, tu ne monteras pas cette fois-ci. Tout ce que tu vas faire, c'est pagayer jusque la crête et te laisser glisser dans la mousse à plat ventre. Ca sera déjà pas mal."
Zut alors, moi qui me voyais déjà telle une sylphide fendre les flots et surfer sur la vague, c'est loupé.
Tant pis, allons-y quand même.
On termine de s'harnacher. Il me donne les palmes, la petite planche, il attache le lien qui va me relier à celle-ci et on s'avance dans les flots.
Je mets un pied dans l'eau. Brrr, elle est froide. Heureusement que j'ai la combi.. Ce qu'il a oublié de me dire c'est que, dans un premier temps, l'eau rentre puis qu'elle reste là à se réchauffer. En attendant, faut y aller quand elle a cette température. Suis frileuse moi.
Je prends une bonne respiration et me lance. Tant qu'à avoir froid deux min, autant que ça passe vite.
Une fois dedans, j'essaie de mettre mes palmes mais les vagues m'emportent à chaque fois. Essayer de garder l'équilibre sur un pied quand elles sont fortes c'est pas simple. Je finis par revenir un peu vers la plage et m'assieds pour y arriver.
Mon ami m'attend et me réexplique ce que je dois faire, palmer jusqu'à la crête et, quand je vois la vague arriver, me retourner et, tout en palmant fort, me laisser glisser.
Je lui dis que j'ai compris, qu'il peut y aller, que je vais me débrouiller. Je ne veux pas gâcher son plaisir, il sait surfer lui. Autant qu'il s'amuse et en profite.
Je me couche sur la planche et me met à pagayer du mieux que je peux. mais je suis dans une espèce de couloir où les vagues arrivent une fois de gauche, une fois de droite.
A chaque fois que j'avance un peu, l'une d'elle me repousse des mètres en arrière. Je prends la planche sur le nez, je tombe sur le côté et je bois la tasse... non l'océan par litres. Décidément, je ne suis pas douée.
Après m'être escrimée une bonne heure ainsi, je décide que ça suffit et je sors de l'eau. Je savoure déjà le plaisir d'enlever cette combi et de pouvoir retourner à la mer simplement nager, tranquille.
J'essaie de baisser la tirette en tirant sur la corde mais rien ne se passe. Quelques essais plus tard, je me résouds à demander à quelqu'un qui se marre dès que je lui explique.
Je rigole aussi: "Je suis blonde, que voulez-vous."
J'ouvre la combi, tire sur un bras et.... me rends compte que ce n'était rien de la mettre. Une fois trempée, l'enlever c'est pire, croyez-moi. Je n'ose pas imaginer l'air que j'ai dû avoir sur la plage, au milieu de tous ces gens, à me contorsionner dans tous les sens pour me débarrasser de ce truc gluant qui me collait à la peau mais j'ai fini par y arriver.
Et, enfin, j'ai pu profiter de l'océan en toute simplicité, juste moi, mon bikini et la brasse après avoir décidé que le surf... ben... ce n'était pas pour moi.

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Visages


J'aime bien les photos.
Les regarder certes, mais aussi les prendre.
Et, sans aucune prétention, il m'arrive d'en réussir quelques unes.
Mon plus grand plaisir pourtant est de prendre mes amis de près.
De très près.
Parce que je trouve qu'un visage pris d'aussi près nous révèle parfois
Quelque chose d'insoupçonné.
Un trait de caractère
De la beauté
De la grâce.
Alors j'essaie de saisir tout ceci
En photographiant les visages de mes amis.

Et voilà ce que ça donne.....

A

C

W

H

N

Ch

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Portrait


Il est vieux, très vieux
Depuis des années
Dans la gare
Il erre.
Il transporte en permanence
Avec lui
Un petit sac à dos rouge
Un sac en plastique
Avec la marque d'une grande surface connue dessus
Et un gros blouson de flanelle
A carreaux
Doublée de faux mouton

Il est vieux, très vieux
Les rides sur son visage sont légion
Et lui dessinent comme une carte
Une carte de sa vie
Sans cesse, il tourne
Dans cette gare
En trainant les pieds
Et ses chaussures
Sur le sol
Font ce chuintement
Qui leur est propre
Chhhh.... Chhhh
Chantent-elles
A son passage

Il est vieux, très vieux
Depuis longtemps maintenant
Il marche
A petits pas
Encore et encore
Dans les couloirs de la gare
Son regard souvent se pose
Sur les personnes qu'il croise
En espérant un signe
Et, peut-être, un sourire
Mais leurs regards se détournent
Fuient son appel muet
Trop occupés ou trop gênés
Alors il baisse les yeux
Et passe au suivant

Il est vieux, très vieux
Cela fait des décennies
Qu'il traine son ennui
Dans les allées bondées
De cette gare
Au milieu de l'indifférence générale
Chhh, chhh font ses souliers
Parce qu'il est trop fatigué
Pour lever les pieds
Il est le témoin anonyme et invisible
De tous ces passants
Qui s'en vont et viennent
Quasi tout le temps
Il aimerait lui aussi
Pouvoir s'asseoir ici
Prendre un café
Ou encore une glace

Mais il a peur
Peur que, si il s'arrête un moment
Il ne se relève plus.

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Rien que pour vos yeux...


Et pour mettre en image la petite balade que je vous ai proposée (et aussi pour faire plaisir à Panthère, que je salue au passage).

eglise

L'église de Talmont et son entrée face au cimetière.

cimetiere

Et le cimetière justement, dans une jolie lumière de soleil couchant.

falaise

Vue de l'arrière de l'église sur la falaise. Tout au fond, les canisses des pêcheurs.

jardin

Le jardin de l'Ermitage.
La tour, en haut de la paroi, qui permettaient aux navigateurs en détresse de se repérer.
Tout en bas, l'autel et sa croix, perdus dans la végétation.

place

La petite place ombragée devant l'entrée de l'ermitage proprement dit.

autel

L'intérieur de la Chapelle avec son autel. C'est face à celui-ci qu'on peut sentir toute l'énergie qui s'en dégage.
Et, en lui tournant le dos, vous pouvez voir les ouvertures dans la roche permettant au soleil de l'éclairer en permanence.

entree

Et la dernière montre l'entrée telle qu'elle était il y a quelques temps.
Depuis l'entrée a été refaite mais on voit bien sur cette photo la fenêtre située au-dessus de la porte.

Voilà, en espérant que ces quelques photos vous ont plu.
Vu le temps qu'il m'a fallu pour arriver à les disposer.... d'ailleurs je croise les doigts pour que mon pc ne plante pas juste quand je clique sur "enregistrer la publication".
Suis pas douée moi je vous l'dit.


Edit: quand je disais que j'étais blonde... passer deux heures à mettre les photos en quinconce avec le texte bien centré sur le côté et se rendre compte que ça ne donne rien une fois en ligne. Grrrrr.

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