Alexiane

Elle

 

Elle,
Je la connais depuis longtemps.
Depuis toujours en fait.
J'étais déjà là quand elle est arrivée dans ma vie.
Petite, elle avait parfois une moue boudeuse
Craquante à souhait.
De grands yeux bruns qui regardaient le monde alentour avec curiosité.
Nos rapports n'ont pas toujours été au beau fixe.
Il faut dire que quelques années nous séparent.
Si, adulte, ça n'a pas trop d'importance,
Enfant, c'est plus difficile.

Elle,
Je ne l'ai pas toujours fréquentée.
Nous avons longtemps été séparées.
Et si la vie nous a fait nous retrouver,
Ca n'a pas été pour le meilleur.
Pas au début en tout cas.
Plus grande, elle avait encore cette moue si caractéristique.
Et toujours ces grands yeux posés sur moi parfois.
Avec une lueur de défi ou d'interrogation.
Comme si elle se demandait
Ce que je pouvais bien faire là.
La différence d'âge restait une chose compliquée à gérer.
Deux mondes qui s'affrontent
Et ne se cotoient pas.

Elle,
Je l'ai perdue de vue des fois.
Quand, par mes choix, je me suis éloignée.
Quand je pensais que c'était mieux pour moi.
Comme je ne voulais pas me couler dans le moule
Que mes parents voulaient que je sois
Adolescente, je ne sais pas
Si elle a gardé cette adorable façon de bouder des lèvres
Même quand ses yeux continuaient de sourire.
Elle a cessé de me regarder
Et, pendant un long moment,
Les années ne nous ont plus séparées.
Je n'étais simplement plus là.

Elle,
J'ai fini par la retrouver.
Et, contre toute attente,
Elle que finalement, je ne connaissais pas
S'est trouvée là, devant moi
Quand j'en ai eu le plus besoin.
Ses lèvres avaient un vrai sourire
Et ses grands yeux m'ont regardé
Comme si elle me voyait pour la première fois.
Elle m'a aidée, écouté, épaulée,
Sans me juger.
L'âge, avec les années, avait perdu de son importance
Et nos mondes se sont rapprochés

Elle,
Je la trouve agaçante parfois
Mais amusante aussi
Elle me ressemble par certains côtés
Et, par d'autres, est mon opposé.
Elle a un humour très particulier,
Pince sans rire, sarcastique,
Qui me fait mourir de rire.
Nous avons de bons moments.
De ceux où la complicité qui nous lie est très forte.
Et où je me dis
Que c'est ma meilleure amie.
Puis, nous en avons de moins bons.
Où je ne sais pas quoi lui dire,
Ni comment me comporter,
Parce que c'est ça aussi la vie.

Elle,
Je ne sais pas ce que je ferai si elle n'était pas là.
Elle fait partie de moi.
Pas parce que c'est ma chair ou mon sang
Mais parce que j'ai appris à la connaitre
Et aussi à l'apprécier.
A lui reconnaitre beaucoup de qualités,
Que, souvent, elle ne voit pas.
Elle est là, bien au chaud, très souvent.
Même si on ne se parle pas,
Qu'on ne s'appelle pas.
Et je peux râler et tempêter parfois,
Elle je l'aime inconditionnellement
Parce que c'est ma soeur,
Tout simplement.

 

2 commentaires - aucun rétrolien

Bluffant

 

Il y a certainement déjà pas mal de monde qui ont vu cette vidéo mais je ne peux m'empêcher de la mettre ici.
Le discours de cette adolescente est frappant par sa lucidité, le constat qu'elle fait de notre humanité et de notre monde.
Même si elle se bat contre des moulins à vent, je trouve que ça vaut la peine de l'écouter....

Discours à l'ONU sur l'environnement.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Sur des rythmes endiablés

 

Dimanche 19h.
Rendez-vous à un arrêt de métro.
Il est déjà là, le nez dans un bouquin.
Avant même de m'avoir vue, il sourit.
Peut-être m'a-t-il sentie arriver, peut-être un passage de son livre.
Il lève les yeux et je sais.
C'est pour moi ce sourire.
Il ferme son livre et me prend dans ses bras.
Je suis contente de le voir. Lui aussi.
Nous allons à l'atomium.
J'ai vu quelque part qu'il y a une soirée électro en plein air.
J'adore ça, donc je l'ai entrainé.
Nous arrivons et je vois quelques personnes ça et là.
Elles sont asises dans l'herbe et écoutent la musique.
Nous nous installons et discutons.
C'est encore un peu tôt.
Nous parlons de sa passion, la danse.
Il me montre des trucs, me faire faire quelques pas.
Je suis pas très douée mais je m'amuse.

22h, ça commence.
Un DJ, plus de monde, des lumières.
Nous nous mêlons à la foule.
Nous sommes pareils face à la musique.
Impossible de rester sans bouger.
Cela fait quelques heures que nous sommes ensemble et il me fait rire.
Tout le temps, à propos de tout.
Il est de ces gens qui ont une bonne humeur communicative.
Il est super gentil.
Il sourit aux gens autour de lui.
Il leur parle.
Il est ouvert et sociable.
La musique monte d'un cran et il se lance.
Comme à chaque fois, dès qu'il danse, on le regarde.
Il faut le voir, c'est fou.
C'est comme si son corps était en caoutchouc.
Il peut en désolidariser chaque partie.
Il se contorsionne dans tous les sens.
Je le regarde.
Je danse pas mal mais lui c'est autre chose.
Et toujours avec son sourire.
Il n'essaie pas de se montrer meilleur que les autres ou de leur donner un sentiment d'infériorité.
Que du contraire.
Il entraine les gens avec lui, les encourage.
Il est adorable.
Il dégage une énergie folle.
Une bonne énergie.
De temps en temps, il vient près de moi et danse avec moi.
Mais le démon le reprend et il est déjà reparti.
Dans ces moments-là, il est transfiguré.

Je regarde l'heure.
Il faut repartir, prendre le dernier métro pour rentrer.
Je l'appelle.
A contrecoeur, nous repartons.
Il y aura d'autres soirées.
D'autres danses.
Heureusement.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Promenons-nous dans les bois

 

Il est de ces week-end où la grâce est présente du début jusque la fin.
Ca a été le cas.
Difficile alors de décrire ces deux jours, ces moments particuliers où tout semble être à sa place.
La saveur parfaite d'une entente instantanée, d'une complicité profonde alors que nous ne nous connaissions pas - ou peu - quelques heures auparavant.
Ce week-end était de ceux-là.

Je suis descendue dans les Ardennes samedi.
Avec Alain. Chez Will et Nat.
Alain, c'est mon prof de massage qui, petit à petit, devient un ami.
Et un ami très cher. De ceux que l'on sait qu'on va garder.
Will est un de ses étudiants. Qui, de par le fait que j'aide Alain, est aussi un des premiers à avoir assisté à mes débuts en tant que prof. Mon tout premier assistanat pour dire vrai.
Alain ne m'avait pas vraiment prévenue ce jour-là. Et m'avait filé les rênes en me prenant plus qu'un peu au dépourvu.
Puis, nous avions suivi le second module ensemble, Will et moi.
Il y avait d'autres élèves bien sûr. Mais, je ne sais pas pourquoi, je l'ai trouvé de suite très chouette.
Lui en particulier.
Ca ne s'explique pas, c'est comme ça.
En plus, à chaque fois que nous avons parlé de massage, il a toujours eu un regard positif sur mon travail.
Et je dois reconnaitre que je trouve son travail très intéressant aussi.
Il est doué. Très doué.
Je lui ai très vite proposé qu'on s'organise pour descendre le voir.
Parce que venir du fond de la Belgique pour suivre des cours, ça fait une trotte.
Et parce que je trouve que, si il peut venir jusqu'ici, nous pouvons aussi bien aller jusque là.
Donc, nous en avons parlé et nous avons décidé de nous regrouper pour migrer le temps d'un week-end dans sa belle région. Et, finalement, samedi, nous sommes allés nous perdre dans les vallons verdoyants du sud de notre pays.

Will nous avait parlé de sa compagne. Plusieurs fois. Beaucoup de fois en fait.
Mais je ne l'avais pas encore vue.
Et, de son côté, elle avait aussi beaucoup entendu parler d'Alain et de moi, mais ne pouvait mettre un visage sur nos noms.
Samedi matin, 10h45, Alain passe me prendre et nous voilà en route pour deux heures.
Arrivés à Arlon, Will vient nous chercher et nous conduit jusqu'à chez lui.
Nous sommes à peine descendus de voiture que la porte s'ouvre sur Nat qui vient nous saluer.
Un grand sourire, des yeux clairs qui vous regardent bien droit, une chaleur et une simplicité qui me sont allés droit au coeur. J'ai compris de suite pourquoi c'est elle qu'il a pour compagne.
Les discussions, les échanges se sont faits tout seuls. Instantanément. Comme si on se connaissait déjà.
Des rencontres comme celles-là sont rares, très rares.

Au programme, marche en forêt le samedi après-midi, démo de massage le dimanche matin (ma première en solo sur le fly), promenade en rollers en début d'après-midi (moi qui avait dit plus jamais...), le tout entrecoupé de bonne bouffe, de discussions super intéressantes, de bons repas, d'autres conversations...  et j'allais oublier, d'un tour à la kermesse du coin où nous sommes tous retombés en enfance dans la chenille. Et le rock endiablé avec Alain devant la roulotte du trampoline. La tête des gens autour! A mourir de rire!
Parfois, nous discutions tous les quatre. Parfois, les deux hommes sont partis de leur côté et nous sommes restées entre nanas. A d'autres moments, je me suis retrouvée avec Will et Alain avec Nat. Et tout cela, avec un grand naturel. Sans jamais devoir en discuter, ni se concerter.
Un bel ensemble, comme un ballet.
Des discussions sur les massages bien sûr, sur nos projets à tous les quatre. Des moments forts en émotion parce que les sujets abordés étaient sensibles. D'autres où la conversation s'est faite légère, comme dans la cuisine, devant ce plateau de fromage à donner le péché de gourmandise à n'importe qui (et surtout à nous!)
Des fous-rires aussi, comme quand j'ai essayé de me rappeler mes cours de karaté - qui, il faut bien l'avouer, remontent à Mathusalem - pour tenter de renverser Alain dans le jardin. Oui, bon, plus trop au point la fille. C'est moi qui me suis mangé l'herbe.
Et de terminer le week-end dehors, dans le jardin, devant une tajine de poulet mémorable. Parce qu'elle cuisine vachement bien en plus Nat.
Nous avons eu l'impression d'être en vacances tous les quatre. Comme si nous étions là depuis des jours et des jours et pas seulement un tout petit week-end.
Je l'ai déjà dit mais leur générosité, leur simplicité, leur chaleur m'a touchée.
Même le temps s'est mis de la partie le dimanche. Pas une goutte de pluie. Un soleil un peu timide mais une température des plus clémente.

Ils ont aussi deux adorables gamins. Mignons comme tout.
C'était impressionnant de voir ces deux bouts de chou nous accompagner partout en vélo, que ce soit pendant les 7 km du samedi ou les quelques 10 ou 12 km le dimanche. Ils nous ont suivi partout.
Le plus grand a adoré être au centre de l'attention pendant ma démo de Fly du dimanche. C'était mon cobaye. Et un super s'il vous plait. Il a réussi à canaliser son énergie débordante pour être au top. Centré, sérieux, calme, il m'a écoutée et a suivi toutes mes instructions comme un pro. Nous avons pu offrir un bel échange aux gens qui étaient là.
Et, comme j'ai rigolé à les voir s'attaquer à Alain avec moi (ou sans moi) pour essayer de le faire tomber.

Inutile de dire qu'il nous a été difficile de partir. D'ailleurs, nous avons prévu de nous retrouver dans deux petites semaines dans le sud ouest de la France. Parce que, le hasard fait bien les choses, ils vont dans le même coin qu'Alain.
Du coup, à leur demande, j'ai pris congé et je vais me joindre à eux une semaine. C'est pas cool ça?

Je suis rentrée vivifiée, en pleine forme et un sourire ne cesse de flotter sur mes lèvres aujourd'hui.
Merci à vous trois pour ce superbe week-end. Et aux deux mômes aussi bien sûr.

aucun commentaire - aucun rétrolien

A l'affût

 

Mon chat

Il est pas beau mon tigre de poche?

Avoir écrit sur mon chat hier m'a rappelé ce merveilleux poème de Charles Baudelaire que j'avais choisi de présenter dans un concours de diction il y a bien des années de cela. Je voulais le partager avec vous.

Charles Baudelaire: Le chat

I

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde,
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre,
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle nà pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux!

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire;
Peut-être est-il fée, est-il dieu?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

3 commentaires - aucun rétrolien

Le sac des filles

 

Mon chat aime les sacs des filles.
Je ne sais pas pourquoi.
Quand il en voit un,
Il a les moustaches qui frétillent.
Les oreilles qui pointent en avant.
Le cou qui s'étand.
Et le cul qui balance.
Il doit confondre avec une proie.
Mon petit tigre d'appartement.

Mon chat aime les sacs des filles.
Je ne sais pas pourquoi.
Peut-être est-il curieux.
Qui sait.
Peut-être a-t-il été un homme.
Dans une autre vie.
Puisqu'il parait que nous, les filles,
Cachons bien des secrets
Dans nos sacs rebondis.

Mon chat aime les sacs de filles.
Je ne sais pas pourquoi.
Pas qu'il n'aime pas tous les sacs.
Ceux des hommes aussi.
Les sacs de sports.
Ou de voyage.
Sacs de courses ou sac à dos.
Mais ceux qu'il préfère
Restent ceux des nanas.

Mon chat aime les sacs des filles.
Je ne sais pas pourquoi.
C'est comme ça.
D'ailleurs mon amie qui est là
Vient à peine de déposer le sien
Que je le vois qui accourt
Bien décidé
A s'y fourrer.
Pris le nez dans le sac, le chat.

Mon chat aime les sacs des filles.
Je ne sais pas pourquoi.
Il commence doucement.
En tournant autour.
La truffe au ras du sol,
Il s'avance lentement.
Toute sa curiosité éveillée.
Pas à pas il se rapproche
Jusqu'à le toucher du bout du nez.

Mon chat aime les sacs des filles.
Je ne comprends pas pourquoi.
Arrivé tout près
Précautionneusement
Il y met une patte
Puis deux, puis trois
Et quand il est assez grand
C'est le corps entier
Qu'il rentre dedans.

Mon chat aime les sacs des filles.
J'ai beau chercher.
Je ne comprends pas pourquoi.
Celui de toutes les filles.
Même le mien.
Tenez ce matin.
A peine je le dépose
Sur son arbre à chat
Qu'il est déjà là.

Mon chat aime les sacs des filles.
C'est pas grave.
C'est comme ça.
Même si je ne comprends pas.
Il aime ça.
Et moi j'aime mon chat.
Alors, parfois,
Pour le rendre heureux,
Je laisse le mien trainer là.

2 commentaires - aucun rétrolien

Opposition tranchée

 

F: - Scarabée Joyeux à vous
A: - criquet déjanté
A: - :-)))
F: - pfff
F: - c'est pas gentil..
A: - ahahahahahaha
A: - non ça ne l'est pas
A: - c'est vrai
A: - allez je biffe
A: - puisque tu te rebiffes
F: - façons je vois le bon coté des choses c'est bien d'être un homme 
      vibrant dans certains cas
A: - mouais
A: - faudrait encore que quelqu'un en profite
A: - sans méchanceté hein
F: - aucune =) ça viendra
A: - je viens juste de dire que je me croquerai bien un p'tit lu
A: - côté rien, je suis pas en reste
F: - enfin moi c'est " a moitié rien " on va dire, on se tourne autour
      disons
A: - moi rien de rien
A: - nada
A: - niente
A: - nothing
A: - dis moi mon criqueninouchet
A: - si tu recevais un mail d'une nana inconnue avec juste écrit
      "Miam" dedans, tu ferais quoi?
A: - tu lui répondrais?
F: - je lui réponds bon ap
A: - pffffff
F: - ou alors que c'est pas bon de manger entre les repas
F: - y'a plein de trucs a répondre en fait ^^
F: - des liens vers des sites de cuisine tout ça
A: - non c'est parce que le mec il est vraiment trop craquant
A: - comme un p'tit Lu
A: - mais je le connais pas
F: - ben croque ^^
A: - tu crois que je peux mettre juste miam à coté de sa photo
A: - et lui envoyer?
F: - mmh c'est direct quand même
A: - non sans blague
A: - ahahahahhaha
F: - suis plutot classique moi style dis moi ça te plairait qu'on se
      fasse un petit repas
A: - pour rester dans le miam?
F: - pas viens ici que je te croque
A: - tu ferais le dessert?
A: - mdr
F: - mon ex m'appelait son chou à la crème
F: - suis donc bien dans le contexte
A: - oui oui
A: - je cherche une façon de l'aborder
A: - sans en faire trop
F: - t'es comme moi tu en feras trop
A: - mais suffisamment accrocheur quand mm
F: - on est pas des gens a faire de la demi mesure
A: - non c'est un fait
F: - bon bon on va voir si il mord à l'hameçon ^^
A: - du 'miam'?
F: - voui
A: - jamais je ne me permettrais d'envoyer ce genre de mail
A: - mais mon côté facétieux en a bien envie
F: - ha ça je te comprends chez moi aussi il aime à se faire entendre
A: - je vais tricher un peu
A: - vais envoyer ça par geunemail
A: - pas moyen de remonter jusqu'à moi
F: - hu hu
F: - enfin en règle générale un homme aime se faire désirer mais 
      en même temps la meilleure façon de l'accrocher c'est de
      le faire courir un peu
F: - regarde je passe ma vie a courir et y'a pas plus passioné que moi
      en amour
A: - je sais
A: - je connais
F: - allez allez je croise les antennes pour que ça marche
A: - eh je prends pas ça au sérieux
A: - il est à Outsiplou le gars
A: - et il voyage tout le temps
A: - ça m'amuse c'est tout
F: - bah voilà bon plan
A: - ....
A: - j'ai envoyé le mail
A: - suis tarée
A: - Voilà le texte:

       Je suis désolée. Tu ne me connais pas
       J'ai vu une photo de toi chez une amie et j'ai juste un mot à dire:
       "Miam"
       Bise.


F: - lol pas mal ^^
A: - je suis morte de rire
A: - qui ne tente rien n'a rien non?

2 commentaires - aucun rétrolien

Coeur perdu dans la tourmente

 

- Dis, tu as vu?
- Vu quoi?
- Non, pas quoi. Qui.
- Quoi qui?
- Le beau mec là, celui qui t'a souri.
- Non.
- Non?
- Non. Je ne vois pas ce genre de choses.
- Comment ça, tu ne vois pas ce genre de choses?
- Ben non. Ca ne m'intéresse pas.
- Ca ne t'intéresse pas?
- Non.
- Dis moi, ça va durer encore longtemps?
- Quoi?
- Ca! Ton attitude.
- Qu'est-ce qu'elle a mon attitude?
- On dirait que tu as renoncé.
- Renoncé? A quoi?
- A l'amour.
- Ben tiens, voilà autre chose.
- Oh, tu peux bien être sarcastique, c'est un fait.
- Et qu'est-ce qui te fait dire ça?
- Tu ne regardes plus autour de toi. Tu ne souris plus aux gens. Tu ne dragues plus. Tu ne te
retournes plus sur un beau mec.
- Mais qu'est-ce que tu racontes? Bien sûr que je regarde autour de moi. Et je souris à plein de
gens.
- Ouais, tu parles! Aux gamins, aux femmes, aux personnes âgées.
- Ben oui. Et je souris aussi aux mecs, à plein de mecs en fait.
- C'est ça. Cause toujours. A ceux qui sont mariés, à tes potes, à ceux qui sont trop jeunes. A tous
les gars qui sont hors de portée, qui sont indisponibles. Bel effort!
- Non mais ça va là? T'as fini?
- Non. Et l'amour dans tout ça?
- Quoi l'amour? J'aime. J'aime mes amis, ma famille. J'aime lire, voyager, faire plein de trucs.
J'aime apprendre et donner. J'aime plein de choses quoi.
- Je te parle de L'Amour! Tu sais, quand tu rencontres quelqu'un qui te met des étoiles dans les yeux et plein la tête. Aimer. Choyer quelqu'un, avoir envie de le voir, de lui parler, de se faire prendre dans les bras et de se faire consoler.
- Non mais t'as fini oui? On devait pas faire les magasins? T'as décidé de me gâcher l'après-midi ou quoi? Depuis quand tu fais dans la psy à deux balles?
- Non j'ai pas fini. Je suis ton amie et je m'inquiète. Excuse-moi mais tu t'es regardée dernièrement? T'es toute tristounette. C'est comme si tu t'étais éteinte de l'intérieur.
- Pffff...
- Sérieusement, ça me fait chier de te voir comme ça. Alors?
- Alors quoi? L'amour? Celui-là? Je n'y crois plus.
- Comment ça, tu n'y crois plus?
- Oh, tu m'énerves à la fin. Je suis bien, je vis ma vie. Ca va, vraiment. Je suis tranquille, j'ai trouvé un équilibre, je suis zen. J'aime les gens qui m'entourent, je fais plein d'activités. J'aime même les gens que je ne connais pas. J'ai trouvé une occupation qui me permet de donner plein d'amour sans rien attendre en retour. J'aime les oiseaux, le ciel, les fleurs... que sais-je encore. Toutes ces petites choses qui font qu'une vie est belle.
- Mais tu n'aimes pas.
- C'est quoi ce délire? Et puis, c'est quoi l'amour? Ca veut dire quoi? L'amour... l'amour c'est... Tout le monde ne fait que parler de ça. Comme si il y avait une obligation d'être deux pour être heureux. Et ça donne une occasion de plus de s'entre-déchirer à qui mieux mieux. Est-ce que toi tu regardes autour de toi parfois? Tu veux que je te parle des couples autour de moi? Ou du monde en général? Et toi? Avec ton mec? Tout va bien? T'es heureuse? Tu l'aimes?
- N'essaie pas de détourner la conversation. C'est de toi qu'on parle, pas de moi.
- Tu sais que tu m'emmerdes? Je n'y crois plus à l'amour. J'y ai cru oui. Et pas une ou deux fois, non, mais plusieurs fois. Et pourquoi? Pour quel résultat? Rien! Strictement rien. Il n'y a pas très longtemps, je me suis encore plongée dans une de ces relations. Je me suis donnée corps et âme. Je me suis noyée dans un regard profond. J'ai bu les paroles d'une bouche fondante à souhait. Je me suis coulée dans des bras tendres et forts. Je me suis donnée comme jamais. Et je me suis éclatée sur la crête de la réalité. Et mon coeur s'est arraché de ma poitrine et s'est brisé en mille morceaux. Je n'ai pas eu la force d'en ramasser les minuscules bouts éparpillés partout. Alors, je les ai laissés là et j'ai repris mon chemin.
Voilà, t'es contente?
- Et alors?
- Alors? J'aime, je suis heureuse. Je vais bien. Je suis en paix, et avec moi-même et avec les autres. J'aime de toute mon âme. Je donne tout ce que j'ai à donner. Et c'est déjà pas si mal. Qu'est-ce qui te dérange finalement?
- Rien. C'est juste que je trouve ça triste... et dommage.
- Triste... Peut-être que ça l'est, peut-être pas. L'important n'est-il pas d'aimer tout simplement? Peu importe qui ou comment? Est-ce que ça ne suffit pas?
- .....

2 commentaires - aucun rétrolien

Training days

 

Je prépare un atelier pour samedi prochain....   
Si il y a assez de personnes du  moins.
Atelier de Fly, ou d'aéro yoga.
Du massage acrobatique quoi.
Pour être au top, je cherche des cobayes et je pratique, je pratique.
Encore et encore.
Et, comme dirait l'autre, je cours toute la journée.
Jamais je ne me serais dit que ça pourrait m'épuiser.
Du massage, ça fait trois ans que je rêve d'en faire.
Et là, d'un coup, j'en ai une tripotée.
Entre mon boulot la journée et les séances en soirée...
Je me rendais pas du tout compte de ce que ça demandait.
Comme énergie.
Comme capacité.
Comme pugnacité.
Je ne fais plus de thai pour le coup.
J'ai plus le temps.

Cela dit, j'ai appris quelque chose.
Plusieurs choses en fait.
Que je peux porter plus lourd que ce que je pensais.
Que je ne suis pas trop nulle dans celui-là non plus.
Que ça peut être vachement amusant.
Que les gens aiment regarder.
Et que je commence tout doucement à maitriser.

Bonjour M, prête pour t'envoler?
Mets-toi debout, là. Relaxe toi.
Je vais masser un peu tes épaules et ton dos.
Je me suis assise derrière toi.
Rapproche tes pieds de mes fesses.
Attrape mes mains, puis mes chevilles.
Assieds-toi sur mes pieds et laisse toi basculer en arrière.
Ferme les yeux, respire lentement, tranquillement.
Laisse-toi aller. Lâche tes pieds, tes jambes, tes bras, ton ventre.
Tu te sens comment, là-haut en équilibre sur mes pieds? Bien?
Tu vois, je joue avec ton poids, je le bouge un peu à gauche, un peu à droite.
Je te balance, te secoue, laisse courir des vibrations.
Une petite torsion à droite, et une à gauche.
Tu es toujours bien?
Attrape mes poignets alors.
Tends tes jambes et écarte les le plus possible.
Monte les vers le plafond. Encore, encore, un peu plus vite.... Voilà.
Je mets mes mains derrière ton dos et te monte vers tes pieds.
Attrape tes chevilles s'il te plait.
Mets tes pieds l'un contre l'autre, en pliant les genoux.
Tu pends comme une chauve-souris.
En parfait équilibre sur mes pieds.
Tu peux te détendre, le plus dur est fait.

J'adore ça, le Fly.
Même si je suis consciente que ça ne peut pas toucher tout le monde.
Et que je ne pourrais jamais le donner à tout le monde non plus.
Mais cette sensation d'être en appesanteur totale.
De flotter.
De perdre la notion du haut ou du bas; de la gauche ou de la droite.
D'être totalement entre les mains de quelqu'un... ou sur ses pieds plus exactement.
Et j'aime autant le donner que le recevoir.
Pour le défi, le challenge d'aller toujours plus loin.
De prendre toujours plus, et plus longtemps.
Pour la perfection des mouvements.
La fluidité, la lenteur, la beauté des gestes.
Pourl 'équilibre.
Ce point charnière.
Ce tout petit moment où on ne fait plus qu'un.

Allez, je suis fatiguée mais je m'y remets.
J'en ai encore 4 cette semaine.

 

2 commentaires - aucun rétrolien

La vita è bella

 

Jeudi c'est son anniversaire.
C'est aussi celui de Nootje qui, lui, est resté en Belgique.
Dès le réveil, je l'attrape dans mes bras.
La soulève, la fait tourner.
Un gros bisou bien claquant.
Un sourire.
Bon anniversaire Manuela.
On se regarde.
C'est simple le bonheur parfois.

Nous attrapons le téléphone.
Et nous appelons notre Nono.
Partager encore et toujours.
Il y a de la joie dans nos voix.
Ca tinte à mes oreilles.
Inutile de dire que je savoure chaque moment.

Après-midi à la plage.
C'est la première fois que nous ne sommes que deux.
On arrive, dépose nos affaires.
Direction la mer.
On barbote un peu.
Soudain, un mec et son chien.
Dans les escaliers qui descendent de la rue.
Le mec, grand, mince, nerveux, élancé.
Le chien, un berger allemand à poils longs.
Superbe, magnifique.
Manu rigole: "Tu parles de qui? Du chien?"
Ils arrivent sur la plage.
Ca ne fait pas un pli, le chien a une frousse bleue de l'eau.
Pendant une heure, je vais les regarder.
Lui, avec une patience infinie, va le porter dans la mer.
Dans ses bras, comme un bébé.
Et la pauvre bête, tremblante, va essayer d'en ressortir au plus vite.
Elle peine à nager, elle est pétrifiée.
Il la reprend et la ramène encore.
Et encore et encore.
Son dos n'est que marques de griffes.
Sans compter qu'il doit peser lourd l'animal.
Forte de la conviction qu'il ne me comprend pas, je dis:
"Me laisserai bien porter aussi dans ses beaux bras musclés."
Deux folles, deux gamines qui se pâment.
Le mec nous voit et se la pète un peu.
Deux nanas le zieutent, autant en profiter.
Il reste devant nous plutôt que de se promener sur la plage.
Et, sans se la jouer Aldo, ne se sent plus quand même.
Ca nous amuse.
On mate avec un plaisir certain.
Soudain, une voix.
D'en haut, on l'appelle.
Il sort de l'eau, rattache son chien et disparait dans l'escalier.

Autre décor, autre instant.
Le soir. Un resto japonais.
Manu aime ça et moi aussi.
On se fait une overdose de sushis, sashimis, makis.
Plus quelques autres gâteries.
Un tempura de légumes et de gambas.
Du riz farci.
Des raviolis.
Et un superbe vin blanc, fruité à souhait.
Un server m'a entendue parler français.
Il ne sait dire que "Bonjour!" et "C'est bon!"
Il va nous le répéter toute la soirée.
Ca me fait rire.
A un moment, Manu dit qu'elle voit les parents de Clo et son frère.
Je crois qu'elle rigole.
Je paie, on se prépare à partir.
Le server nous demande d'attendre.
La lumière s'éteint, j'entends les premières notes
Et je comprends.
Clo lui a fait une surprise.
Le gâteau en premier, alourdi de toutes ses bougies.
La famille est vraiment là.
Elle suit, tout sourire.
Une surprise.
Après le gâteau, une promenade, un café en terrasse.
Rideau.

Vendredi, journée calme.
Centre commercial le matin.
Elle m'anène où elle travaille.
Essayages, robes, chaussures....
Je me bats avec elle pour ne pas qu'elle m'offre quoi que ce soit.
Je perds, elle paye.
Du coup, je lui offre une tortue.
Pour remplacer celles qu'elle a perdu peu de temps auparavant.
Retour à la maison.
On est claquées toutes les deux.
En attendant d'aller à la plage, elle s'endort dans le divan et moi dans le hamac.
Trop tard finalement, on décide de continuer le shopping.
Sarouel et caches-coeur pour moi.
Rien pour elle.                                 

Le soir, on va manger chez les parents de Clo.
Je crois que nous ne serons que nous.
Finalement, nous sommes dix.
Huit qui ne parlent que l'italien, tenant plus du dialecte qu'autre chose.
Elle qui parle les deux.
Et moi, pauvre petite belge qui baraguine trois mots d'italien et rien d'autre.
La première heure, c'est amusant.
J'essaie de comprendre.
Après trois heures, je m'ennuie ferme.
"Je peux aller voir mes mails?"
Elle décide de venir avec moi.
Et nous nous esclaffons ensemble devant les imbécilités distrayantes qu'on m'a envoyées cette semaine.
Moment d'émotion aussi quand elle rempli les blancs d'un "Me connais-tu vraiment?"
Oh ça oui, elle me connait.
Larmes aux yeux. Mon coeur déborde.

Samedi, plage le matin.
J'aurai pas dû.
Coup de soleil, insolation, urticaire violent.
A la maison, je n'en peux plus.
Ca me brûle, me démange.
Je me plonge dans un bain froid pendant une heure.
Et, dans la foulée, vais me coucher, épuisée.
Je me réveille à 19h.
Je pars demain mais je suis sans force.
Manuela ira seule avec Clo boire un verre.
Je reste à la maison, fais mon sac et me prive de ma dernière soirée en sa compagnie.
Elle rentre quand je dors déjà.

Dimanche matin, levée 6h30.
L'avion est à 10h et il y a 50 min de route.
6h50, je les réveille.
7h30, on démarre.
Dans la voiture, je regarde par la fenêtre.
Je n'ai pas dit un mot.
Une vraie huitre.
Je ne veux pas partir. Je suis triste.
A l'aéroport, je dis au revoir à son papa.  
Nous passons au check-in.
Je lui achète un porte-clefs Tristy.
C'est comme cela que je me sens.
Je les ramène à la voiture.
Dis au revoir à Clo, au papa.
Merci pour tout, pour votre gentillesse, votre générosité.
Je me retourne sur elle, la serre très fort dans mes bras.
"Je t'aime ma belle"
Et je la pousse vers la voiture.
"Vas-y, reste pas là."
Elle me regarde..... et comprend.
Elle monte, la voiture démarre et ils s'en vont.
Je fais un geste de la main.....

Il me faudra attendre septembre maintenant.....

aucun commentaire - aucun rétrolien

1 2 3 4 5 6 | Page suivante